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Guide d’enquête citoyenne: Chapitre 3 – éthique et sécurité

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Ce chapitre fournit des conseils sur le comportement éthique des enquêteurs citoyens, et sur la manière de travailler en toute sécurité et sureté. Sur ces deux sujets, nous nous inspirons de l’expérience du monde du journalisme tout en essayant de la rendre pertinente pour les non-journalistes.

Éthique

Les codes d’éthique journalistique sont des normes de comportement également valables pour les enquêteurs citoyens.

Ces codes d’éthique sont souvent rédigés en termes très généraux, sur la base de principes moraux largement acceptés. C’est leur application à des situations spécifiques qui suscite le débat. Par exemple, un observateur doit-il rester neutre si une vie est en danger ? Ou encore, la déformation des faits est-elle jamais justifiée ?

Le réseau Ethical Journalism Network, un groupe international, a cinq principes fondamentaux :

  1. Vérité et exactitude
  2. Indépendance
  3. Équité et impartialité
  4. Humanité
  5. Responsabilité

Différents codes d’éthique existent, en grande partie sur ce modèle, mais souvent plus détaillés. Une charte mondiale d’éthique pour les journalistes a été publiée en 2019 par la Fédération Européenne des Journalistes. (Voir une longue liste de codes éthiques des médias américains ici.) Un guide de 2019 du journalisme citoyen publié par Sonke Gender Justice et Health-E News inclut un code du Conseil de la presse d’Afrique du Sud.

Les enquêteurs citoyens et les chercheurs d’organisations non gouvernementales effectuent souvent des tâches similaires à celles des reporters professionnels, mais ils peuvent apporter un agenda plus militant à leur travail et se sentir moins liés par l’éthique du journalisme professionnel.

Les normes telles que l’exactitude et l’équité n’ont pas seulement un poids moral, elles ont aussi une valeur pratique. La transparence lors processus de l’enquête aide les lecteurs à évaluer la qualité du travail. Le fait d’avoir des normes élevées confère de la crédibilité au récit, une vertu pour tout conteur.

Les ONG, qui effectuent de plus en plus de recherches approfondies et rédigent des rapports d’enquête détaillés (parfois en engageant des journalistes), n’ont généralement pas de codes éthiques écrits pour leurs recherches.

Human Rights Watch (简体中, Anglais, Français, 한국어) mentionne des normes dans une description de ses procédures de recherche. Les techniques d’interview peuvent varier, écrit HRW qui indique les principes directeurs, tels que la nécessité d’établir la vérité, de corroborer la véracité des déclarations, de protéger la sécurité et la dignité des témoins, et de rester impartial, doivent être transversaux dans toute l’organisation.

L’Association mondiale des organisations non gouvernementales dispose d’un code qui stipule que les informations que l’organisation choisit de diffuser aux médias, aux décideurs politiques ou au public doivent être exactes et mises en contexte de manière appropriée.

Les enquêteurs citoyens sont-ils différents des journalistes et des chercheurs des ONG ?

À bien des égards, non. Les citoyens enquêteurs ont une réputation à protéger et doivent adhérer à des normes éthiques, tout comme les journalistes et les chercheurs professionnels.

Il y a plusieurs points à prendre en compte. Tout d’abord, les citoyens enquêteurs peuvent travailler de manière indépendante et ne pas être affiliés à une organisation. Cette ambiguïté ne manquera pas de susciter des soupçons chez les sources potentielles quant à l’utilisation qui sera faite des informations demandées et obtenues. Les enquêteurs citoyens doivent apporter une réponse claire et honnête.

Les journalistes cherchent généralement à obtenir des informations « officielles » afin que la source puisse être citée, mais ils peuvent accepter divers degrés d’anonymat. Les citoyens enquêteurs peuvent être confrontés à un obstacle plus difficile pour gagner la confiance d’une source, mais ils doivent être honnêtes quant à l’utilisation prévue des informations et à leurs promesses à la source.

Pour les enquêteurs citoyens, comme pour les journalistes, des tentations peuvent survenir dans la recherche d’informations.

Payer pour obtenir des informations est généralement désapprouvé par les journalistes pour de nombreuses raisons. Ce « journalisme de chéquier » peut encourager les sources à vous dire ce que vous voulez entendre. Ce type de relation de travail peut réduire votre nécessaire disposition à remettre en cause une source ou à chercher des faits contraires. Les lecteurs peuvent devenir méfiants, tout comme les acteurs de la chaîne judiciaire.

Faites également attention quant à l’usage de la tromperie pour obtenir des informations. Poser une question sans s’identifier, ou observer en silence, peut être acceptable dans certaines circonstances, mais pas dans d’autres. Agir sous de faux prétextes, comme user de l’infiltration ou prendre des vidéos secrètes, présente des risques.

Sécurité

Faire des enquêtes comporte des risques et certaines précautions peuvent être nécessaires pour vous et vos sources.

À l’extrémité du spectre, un laitier en Inde aurait été assassiné par des assaillants armés en 2018. Il avait déposé une demande en vertu de la loi sur le droit à l’information pour obtenir des informations sur un projet de construction local, selon des médias.

Utiliser des communications sécurisées et protéger son propre ordinateur et son téléphone font partie des principales mesures à prendre.

Le centre de ressources sur la sûreté et la sécurité du GIJN fournit des conseils sur les mesures prudentes à prendre.

Voici quelques sources utiles :

Kit de sécurité du Comité pour la protection des journalistes : Publié en 2018, ce kit fournit aux journalistes et aux  rédactions des informations de base sur les ressources et outils de sécurité physique, numérique et psychologique. Il est disponible en Anglais, Espagnol, Français, Arabe, Russe, Somali, Persan, Portugais, Chinois, Turc et Birman.

Le Guide pratique pour la sécurité des journalistes a été mis à jour en 2017 par Reporters Sans Frontières et l’UNESCO. Il est disponible en Anglais, Français, Espagnol et Portugais.

Principes de sécurité pour les journalistes indépendants : Ces lignes directrices ont été publiées en février 2015 par une coalition de grandes entreprises de presse et d’organisations de journalisme. Des traductions sont disponibles en Arabe, Français, Hébreu, Persan, Russe, Espagnol et Turc.                                                                                                    

Ce travail est sous licence (Creative Commons) Licence Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International

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