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En mer : Le tout dernier outil du GIJN dresse une liste exhaustive des moyens de pistage de navires. Photo Kinsey sur Unsplash

Plus de 90 000 navires de commerce composent la marine marchande mondiale. Leur localisation est rigoureusement enregistrée, et les données ainsi amassées sont accessibles gratuitement.

Le Réseau international de journalisme d’investigation (GIJN) a compilé une liste exhaustive des ressources permettant de traquer les navires (y compris les grands yachts et autres bateaux de pêche).

Il est possible de connaître l’origine et la destination de chaque navire, et ce presque en temps réel. On peut également rechercher leurs propriétaires, obtenir des informations sur les navires et avoir accès à des photos de ces derniers. Des outils existent aussi pour suivre les déplacements des conteneurs qu’ils transportent.

Pour en mesurer l’ampleur, cliquez sur cette impressionnante carte du monde des flux maritimes.

Cette explication vous permettra de comprendre le système de traçage des navires grâce au Système d’identification automatique (SIA). Des signaux SIA provenant de quelques 180 000 navires sont regardés quotidiennement depuis des stations terrestres et des satellites.

De nombreuses informations sont accessibles gratuitement, mais l’accès à des données plus sophistiquées, telles que des informations très actuelles ou au contraire historiques, nécessitent le plus souvent un abonnement. Les options varient, mais de manière générale un abonnement peut coûter plusieurs centaines de dollars. Certains sites sont prêts à travailler avec des journalistes, pour leur fournir des images, entre autres choses.

Tracer les données utilisées de diverses manières

Cartographier la circulation maritime : la carte mondiale de la circulation maritime révèle le grand nombre de déplacements en haute mer. Capture d’écran

Les données de traçage de navires sont d’une grande utilité pour le traitement médiatique des collisions en mer, que ce soit dans le cadre de l’actualité en continu ou du journalisme d’investigation. On peut par exemple citer ce papier du New York Times sur une collision ayant eu lieu près de Singapour en 2017, entre un navire de guerre américain et un navire de la marine marchande. Les données utilisées provenaient de MarineTraffic.

Les journalistes d’investigation ont trouvé d’autres usages à ces données maritimes. Voici ci-dessous une série d’enquête les utilisant :

–     Pour mettre en lumière les mouvements de navires nord-coréens : Le mystérieux navire nord-coréen : l’étrange histoire du Hao Fan 6, de Joshua Berlinger pour CNN. Également, Des navires pétroliers nord-coréens contournent les sanctions à leur retour de Russie, de Polina Nikolskaya pour Reuters.

–     Examiner ce qui arrive lorsque les navires éteignent leurs transpondeurs : Inquiétudes après la disparition de navires de charge à proximité de zones terroristes, de Fiona Hamilton pour le quotidien britannique The Times. L’ONG Oceana a enquêté sur le même sujet pour son rapport, Passer inaperçu : Passage en revue de possibles évasions au SIA.

–     Enquêter sur l’esclavagisme dans l’industrie thaïlandaise des fruits de mer. Dans un entretien accordé à la chaîne américaine PBS, la journaliste d’Associated Press (AP) Martha Mendoza a raconté comment ses collègues et elle ont « filmé et documenté le chargement de fruits de mer sur un cargo réfrigéré. » Et d’ajouter : « Ce navire avait un traceur satellite à bord, et ce traceur était relié à un localisateur, ce qui nous a permis de suivre ses déplacements sur internet. Pendant deux semaines nous l’avons suivi. Quand il est arrivé au port, AP était là pour observer le déchargement des fruits de mer sur des camionnettes, et pour suivre ceux-ci jusqu’aux usines. »

Ce travail est sous licence (Creative Commons) Licence Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International

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