{"id":612449,"date":"2023-01-27T11:35:46","date_gmt":"2023-01-27T16:35:46","guid":{"rendered":"https:\/\/gijn.org\/?p=612449"},"modified":"2024-11-22T05:45:54","modified_gmt":"2024-11-22T10:45:54","slug":"lecons-apprises-par-la-journaliste-dinvestigation-hayatte-abdou-des-iles-comores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gijn.org\/fr\/histoires\/lecons-apprises-par-la-journaliste-dinvestigation-hayatte-abdou-des-iles-comores\/","title":{"rendered":"Le\u00e7ons apprises par la journaliste d&rsquo;investigation Hayatte Abdou, des \u00celes Comores"},"content":{"rendered":"<p><b><i>Dans le cadre de sa <a href=\"https:\/\/gijn.org\/series\/10-questions\/\">s\u00e9rie d&rsquo;entretiens<\/a>, GIJN s&rsquo;entretient avec Hayatte Abdou, journaliste au <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nationalmagazineweb.com\/\">National Magazine<\/a> aux \u00celes Comores. Hayatte Abdou est l&rsquo;une des rares journalistes d&rsquo;investigation de ce petit pays insulaire, domin\u00e9 par les m\u00e9dias d&rsquo;\u00c9tat, et o\u00f9 la libert\u00e9 de la presse est mise \u00e0 rude \u00e9preuve. Elle a \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9e pour son reportage courageux sur le meurtre d&rsquo;un autre journaliste comorien, Ali Abdou (aucun lien de parent\u00e9 entre les deux), dont la mort suspecte a \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9e par les autorit\u00e9s.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b>De toutes les enqu\u00eates sur lesquelles vous avez travaill\u00e9, laquelle a \u00e9t\u00e9 votre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e et pourquoi\u00a0 ?<\/b><\/p>\n<p><b>Hayatte Abdou<\/b> : Mon enqu\u00eate pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e est une enqu\u00eate sur la corruption dans les rangs de l&rsquo;AGID, l&rsquo;administration fiscale comorienne. J&rsquo;ai pris du plaisir \u00e0 l&rsquo;\u00e9crire, et mes mains ne tremblaient pas comme lorsque j&rsquo;\u00e9crivais sur un viol commis en toute impunit\u00e9 ou sur la mort de mon coll\u00e8gue Ali Abdou. La plupart du temps, mes enqu\u00eates impliquent la douleur, la tristesse et la col\u00e8re. Pour celle sur l\u2019administration fiscale, j&rsquo;\u00e9tais sereine. C&rsquo;\u00e9tait une histoire que tout le monde connaissait mais avait d\u00e9cid\u00e9 de passer sous silence. Je n\u2019ai fait que dire ce que tous les Comoriens pensaient tout bas. Et pour moi, il \u00e9tait temps qu\u2019on en parle. Donc oui, j\u2019ai vraiment pris plaisir \u00e0 l&rsquo;\u00e9crire.<\/p>\n<p><b> Quels sont les plus grands d\u00e9fis en termes de journalisme d&rsquo;investigation dans votre pays ?<\/b> \u00ab\u00a0J\u2019aime me dire que le jour o\u00f9 j\u2019irai en prison, \u00e7a sera une injustice, pas parce que je suis journaliste d\u2019investigation, mais parce que j\u2019aurai fait mon travail aussi correctement.\u00a0\u00bb &#8211; Hayatte Abdou, journaliste d&rsquo;investigation comorienne.<\/p>\n<p><b>HA<\/b> :\u00a0Je ne souhaite pas parler pour les autres. Le journalisme d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale aux Comores est vraiment pr\u00e9caire. Beaucoup de journalistes ne vivent pas de leur m\u00e9tier. Donc chacun se d\u00e9brouille comme il peut.<\/p>\n<p>Mener une enqu\u00eate co\u00fbte cher, beaucoup ne disposent pas des moyens financiers pour se lancer dans des projets d\u2019investigation. Et ceux qui osent d\u00e9couvrent le jour de la publication que ce ne sont pas leurs mots qui apparaissent dans le journal, tout a \u00e9t\u00e9 censur\u00e9 ou modifi\u00e9..<\/p>\n<p>Moi j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 que ces diktats ne sont pas faits pour moi.<\/p>\n<p>Mais ma plus grande difficult\u00e9 est la peur que j&rsquo;ai au fond de moi, cette habitude que nous avons de douter de nous-m\u00eames. Nous nous demandons : Ai-je \u00e9t\u00e9 juste ? Ai-je correctement relay\u00e9 les faits ? L&rsquo;information \u00e9tait-elle suffisamment \u00e9quilibr\u00e9e ? Suis-je assez bon pour nos lecteurs ?<\/p>\n<p>J&rsquo;essaie d&rsquo;utiliser ces peurs pour me pousser \u00e0 mieux travailler, \u00e0 toujours me remettre en question et \u00e0 me pousser \u00e0 aller un peu plus loin.\u00a0J\u2019aime me dire que le jour o\u00f9 j\u2019irai en prison, \u00e7a sera une injustice, pas parce que je suis journaliste d\u2019investigation, mais parce que j\u2019aurai fait mon travail aussi correctement. Et c&rsquo;est cette peur-l\u00e0 que je canalise et que j&rsquo;utilise.<\/p>\n<p><b> Quel a \u00e9t\u00e9 le plus grand obstacle\/d\u00e9fi auquel vous avez \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e en tant que journaliste d&rsquo;investigation ?<\/b> Hayatte Abdou, reporter pour National Magazine, fait partie des rares journalistes d&rsquo;investigation travaillant dans la petite nation insulaire des Comores. Image : Avec l&rsquo;aimable autorisation d&rsquo;Abdou.<\/p>\n<p><b>HA <\/b>: Je ne travaille pas dans les r\u00e9dactions locales. Et ma cheffe, Christ\u00e8le Bourdeau, est du genre, \u201c feu vert madame. C\u2019est un tr\u00e8s bon sujet\u201d. Elle ne me laisse jamais seule longtemps. Elle se tient toujours au courant de l&rsquo;\u00e9volution du sujet. Elle me fait confiance. Et c\u2019est extr\u00eamement important. Elle dit tr\u00e8s souvent que nous sommes l\u2019exception mais pas la r\u00e8gle. Depuis que nous avons commenc\u00e9 \u00e0 travailler sur notre m\u00e9dia en ligne National Magazine Comores, jamais une fois, elle n\u2019a censur\u00e9 mes propos ou a fait obstacle \u00e0 l\u2019un des sujets. Elle cherche toujours \u00e0 comprendre la d\u00e9marche et ne cherche surtout pas \u00e0 s\u2019imposer. La censure je ne connais pas ; l&rsquo;autocensure non plus.<\/p>\n<p>Une fois, je me suis senti vraiment en danger, lorsque nous avons publi\u00e9 sur la mort de notre confr\u00e8re Ali Abdou. L\u2019ancien procureur de la r\u00e9publique Mohamed Abdou faisait vraiment peur \u00e0 tout le monde. Les journalistes encore plus. Mais j\u2019ai eu de gros parapluies. Je ne parle pas uniquement de mes coll\u00e8gues journalistes comoriens. Ils ont fait corps avec moi, ils se sont saisis de l\u2019affaire. Je parle aussi du R\u00e9seau International des Journalistes d\u2019Investigation (GIJN) qui m\u2019a sorti de l\u2019ombre. Qui a largement jou\u00e9 son r\u00f4le de soutien et de promouvoir le travail des journalistes d\u2019investigation peu importe d\u2019o\u00f9 ils o\u00f9 elles viennent.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, je dirais que les grands obstacles sont la pression, le d\u00e9couragement, les phrases, du genre : \u201c Pourquoi tu veux remuer tout cela\u201d, \u201c tout le monde le sait et a d\u00e9cid\u00e9 de se taire, c\u2019est du d\u00e9j\u00e0 vu\u201d, \u201c tu te mets en danger pour rien\u201d&#8230; Mais ce n\u2019est pas parce qu\u2019une chose est ancr\u00e9e dans la normalit\u00e9 que nous devons l\u2019accepter. Parfois, mine de rien, on te balance des phrases : \u201c Tu n\u2019as pas peur, tu es une femme ?\u201d\u00a0 Ou encore : \u201c pourquoi tu ne laisses pas ce genre de sujet \u00e0 tes coll\u00e8gues hommes, parce que les femmes de nature sont fragiles.\u201d Ou encore : \u201cArr\u00eate tes b\u00eatises\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b> Quel est votre meilleur conseil ou votre meilleure astuce pour passer un entretien ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA <\/b>: En g\u00e9n\u00e9ral, je m&rsquo;entends bien avec les gens. Pour moi, le plus important avec les interview\u00e9s est d&rsquo;\u00e9couter, de s&rsquo;adapter \u00e0 la personne, de comprendre et de ne pas chercher \u00e0 avoir toujours raison. M\u00eame si la personne en face de vous ment, ce sont ses mensonges \u00e0 elle. Vous devez \u00e9couter et rester poli. La politesse et le respect sont tr\u00e8s importants, peu importe qui se trouve en face de vous. Vous pouvez souvent obtenir ce que vous voulez avec un sourire et un <i>\u00ab\u00a0s&rsquo;il vous pla\u00eet\u00a0\u00bb<\/i>. Je dis souvent aux personnes qui me racontent leur histoire : \u00ab\u00a0<i>M\u00eame si je me fais l&rsquo;avocat du diable en posant autant de questions, ce n&rsquo;est pas que je suis contre vous, c&rsquo;est juste pour mieux comprendre.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Le meilleur conseil qu&rsquo;on m&rsquo;ait donn\u00e9, c&rsquo;est \u00ab\u00a0taisez-vous et faites votre travail\u00a0\u00bb&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;autant plus important que nous ne travaillons pas pour nous-m\u00eames, nous travaillons pour le peuple, pour les citoyens.\u00a0\u00bb <\/i>&#8211; Hayatte Abdou<\/p>\n<p><b> Quel est l&rsquo;outil d&rsquo;investigation, la base de donn\u00e9es ou l&rsquo;application que vous pr\u00e9f\u00e9rez utiliser dans vos enqu\u00eates ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA<\/b> : Avant, je ne faisais que les bases, comme faire des recherches sur Google. Le fait de travailler avec des organisations comme le GIJN, le Consortium international des journalistes d&rsquo;investigation (ICIJ) et la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d&rsquo;investigation en Afrique de l&rsquo;Ouest (CENOZO), ainsi que d&rsquo;\u00eatre form\u00e9e par le projet Media &amp; D\u00e9mocratie m&rsquo;a beaucoup appris. Aujourd&rsquo;hui, cela d\u00e9pend du sujet. Et quand je ne sais pas o\u00f9 chercher, c&rsquo;est simple : je demande.<\/p>\n<p><b> Quel est le meilleur conseil que vous ayez re\u00e7u jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent dans votre carri\u00e8re et quels conseils donneriez-vous \u00e0 un journaliste d&rsquo;investigation en herbe ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA<\/b> :\u00a0Le meilleur conseil qu\u2019on m\u2019a donn\u00e9 : \u201c Fais ton travail et tais-toi\u201d. Et c\u2019est le m\u00eame conseil que je donnerais. Nos lecteurs ne nous demandent pas nos avis, ni nos points de vue, on nous demande d\u2019informer, des faits. D\u2019autant plus que nous ne travaillons pas pour nous, mais pour des populations, pour les citoyens. Faire son travail et laisser les personnes pour qui vous travaillez juger. Le journalisme d\u2019investigation est un genre parfois douloureux, soit pour le journaliste, soit pour les personnes impliqu\u00e9es dans les histoires que nous racontons. Pour moi, mieux vaut le faire en silence.<\/p>\n<p><b> Quel est le journaliste que vous admirez, et pourquoi ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA<\/b> : Cette question est un peu compliqu\u00e9e pour moi car je n&rsquo;en ai pas un, mais trois ! Il y a trois journalistes qui ont marqu\u00e9 l&rsquo;histoire de la presse comorienne, qui se sont battus pour la libert\u00e9 d&rsquo;expression et pour leur profession. Si nous sommes capables de travailler aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils nous ont montr\u00e9 le chemin.<\/p>\n<p>Il y a d&rsquo;abord Aboubacar Mchangama, ancien correspondant de l&rsquo;AFP et fondateur d&rsquo;Archipel, un ancien journal local. Ensuite, Kamaleddine Saindou, ancien journaliste de RFI, qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 conseiller au Conseil national de la presse et de l&rsquo;audiovisuel. Ensemble, ils ont cr\u00e9\u00e9 le mensuel ind\u00e9pendant Kashkazi. Et puis il y a Ahmed Ali Amir, l&rsquo;ancien directeur de la publication Al-Watwan. Ils sont, sans conteste, les mod\u00e8les du meilleur journalisme aux Comores. Et ils sont aussi mes mod\u00e8les.<\/p>\n<p><b> Quelle est la plus grande erreur que vous ayez commise et quelles le\u00e7ons en avez-vous tir\u00e9es ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA<\/b> :<\/p>\n<p>Ma plus grande erreur a \u00e9t\u00e9 d\u2019aller sur le terrain avec des id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues, des pr\u00e9jug\u00e9s, d\u2019avoir oubli\u00e9 que c\u2019est le terrain qui d\u00e9termine une enqu\u00eate mais pas l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;on \u00e9met au d\u00e9part.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort d\u2019Ali Abdou, je suis partie \u00e0 Tunis en formation. C\u2019est l\u00e0 ou un jour via une discussion sur Messenger j\u2019ai \u00e9chang\u00e9 avec sa petite s\u0153ur qui \u00e9tait convaincue que son grand fr\u00e8re n\u2019est pas mort naturellement.<\/p>\n<p>Le reportage de Hayatte Abdou a mis en lumi\u00e8re les incoh\u00e9rences et les d\u00e9clarations trompeuses des autorit\u00e9s concernant la mort de son coll\u00e8gue journaliste Ali Abdou. Image : capture d&rsquo;\u00e9cran, National Magazine Comores<\/p>\n<p>Dans ma na\u00efvet\u00e9 la plus totale, aid\u00e9e par la conf\u00e9rence de presse de l\u2019ancien procureur Mohamed Abdou, je me suis dit que cette jeune femme avait juste besoin qu\u2019une personne l\u2019\u00e9coute.<\/p>\n<p>Une fois rentr\u00e9e aux Comores, je suis all\u00e9e la voir avec sa famille. Les propos du procureur dans ma t\u00eate. Je me disais qu\u2019un procureur de la r\u00e9publique ne pouvait pas mentir sur une histoire pareille. Pour moi, ce n&rsquo;\u00e9tait pas possible. M\u00eame en \u00e9coutant la famille, ma t\u00eate \u00e9tait toujours remplie de questions.<\/p>\n<p>Plus tard, j&rsquo;\u00e9tais en col\u00e8re contre moi-m\u00eame car la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait si diff\u00e9rente de ce que j&rsquo;avais pens\u00e9. Lorsque j&rsquo;ai vu les photos du corps d&rsquo;Ali Abdou, j&rsquo;ai d\u00fb accepter que j&rsquo;avais tort et changer totalement de cap. (Dans son enqu\u00eate, <a href=\"https:\/\/gijn.org\/2021\/12\/14\/editors-pick-2021s-best-investigative-stories-in-french\/\">elle a dit avoir appris que le corps d&rsquo;Abdou avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 gisant dans le sang et qu&rsquo;un \u0153il pr\u00e9sentait des signes d&rsquo;une possible agression<\/a>. Elle a \u00e9galement affirm\u00e9 que le procureur qui a men\u00e9 l&rsquo;enqu\u00eate \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 des personnes impliqu\u00e9es dans un conflit foncier avec la victime).<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est la chose la plus difficile \u00e0 faire, accepter ses propres erreurs. J&rsquo;ai donc appris : je commence toujours par une hypoth\u00e8se, mais je commence mon enqu\u00eate en oubliant tout ce que je sais. Je laisse tout de c\u00f4t\u00e9, j&rsquo;\u00e9coute, j&rsquo;apprends, et je laisse l&rsquo;enqu\u00eate me guider.<\/p>\n<p><b> Comment \u00e9vitez-vous l&rsquo;\u00e9puisement professionnel ou le burn-out dans votre travail ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA <\/b>: Lorsque j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me lancer dans l\u2019investigation, je savais que \u00e7a allait \u00eatre dur, mais j\u2019ignorais \u00e0 quel point ! Je suis d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9e malade une fois. A ce moment-l\u00e0, je ne savais pas ce qui m\u2019arrivait, mais, une fois \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, le m\u00e9decin a vu dans quel \u00e9tat j&rsquo;\u00e9tais et m\u2019a dit que c\u2019\u00e9tait de l&rsquo;\u00e9puisement.<\/p>\n<p>Parfois, j\u2019en perds le sommeil. Cela peut durer une semaine. Pour r\u00e9ussir \u00e0 dormir, je dois me d\u00e9charger enti\u00e8rement en faisant de l\u2019activit\u00e9 physique. Je cours jusqu\u2019\u00e0 ne plus sentir mes jambes. La plupart de mes journ\u00e9es commencent tr\u00e8s souvent avec du sport. Cela me permet de me d\u00e9tendre, de me sentir bien et de mieux dormir.<\/p>\n<p>Il faut aussi savoir s\u2019entourer de personnes de confiance, qui peuvent vous tenir la main et trouver les mots justes pour vous convaincre de prendre soin de vous, vous dire de prendre la journ\u00e9e quand c\u2019est n\u00e9cessaire : \u201cNe fais rien et repose-toi\u201d, m\u00eame si cela implique de confisquer votre ordinateur.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Ce que nous faisons est, avant tout, un acte de conscience, de m\u00e9moire et d&rsquo;enregistrement.<\/i>\u00a0\u00bb &#8211; Hayatte Abdou<\/p>\n<p><b> Qu&rsquo;est-ce qui vous frustre dans le journalisme d&rsquo;investigation, ou esp\u00e9rez-vous que cela change \u00e0 l&rsquo;avenir ?<\/b><\/p>\n<p><b>HA <\/b>: Ma frustration est d\u2019avoir pass\u00e9 des mois sur un sujet, sur le terrain, et d\u2019attendre toujours des retomb\u00e9es. Je ne parle pas du nombre de partages ou de like, ou encore du nombre de followers qu\u2019on peut avoir. Je parle de r\u00e9actions, de cons\u00e9quences, de r\u00e9percussions, qu\u2019on est en\u00a0droit d\u2019esp\u00e9rer, comme une action en justice ou l\u2019espoir que les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes demandent des comptes.<\/p>\n<p>H\u00e9las, la plupart du temps, on tombe de tr\u00e8s haut. Il ne se passe rien. \u00c0 la limite, c\u2019est vous qu\u2019on juge, qu\u2019on harc\u00e8le et qu\u2019on menace. On finit toujours par se consoler. Histoire de se rassurer. Apr\u00e8s tout, ce que nous faisons, c\u2019est d\u2019abord un travail de conscience, de m\u00e9moire. Le plus important est de maintenir sa conscience tranquille en se disant : \u201cJ\u2019ai fait mon devoir, le reste ce n\u2019est pas de mon ressort\u00a0\u00bb, et on passe au suivant, m\u00eame si cela laisse un go\u00fbt un peu amer.<\/p>\n<h4>Ressources Additionnelles<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/gijn.org\/2022\/11\/16\/what-ive-learned-lessons-and-advice-from-the-caravans-vinod-k-jose\/\">Ce que j&rsquo;ai appris : Le\u00e7ons et conseils de Vinod K. Jose de The Caravan<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gijn.org\/2022\/12\/15\/francais-selection-meilleures-enquetes-francophones-2022\/\">Notre s\u00e9lection des meilleures enqu\u00eates de 2022 en fran\u00e7ais<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gijn.org\/2023\/01\/09\/guide-denquete-sur-le-crime-organise-en-afrique-introduction\/\">Guide pour enqu\u00eater sur le crime organis\u00e9 en Afrique<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/twitter.com\/MaxGni\">Maxime Koami Domegni<\/a>\u00a0est le responsable de GIJN pour l\u2019Afrique francophone et un journaliste d\u2019investigation prim\u00e9. Il a travaill\u00e9 comme r\u00e9dacteur en chef du journal togolais L\u2019Alternative et, bas\u00e9 \u00e0 Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, pour la BBC Africa en tant que journaliste producteur et planificateur de reportages magazines pour l\u2019Afrique francophone.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hayatte Abdou, une des rares journalistes d&rsquo;investigation de son pays, les Comores, s&rsquo;est confi\u00e9e \u00e0 GIJN dans le cadre de notre s\u00e9rie \u00ab\u00a010 questions \u00e0 X\u00a0\u00bb.  Elle partage les le\u00e7ons tir\u00e9es de ses exp\u00e9riences d&rsquo;investigation dans un pays o\u00f9 la libert\u00e9 de la presse est loin d&rsquo;\u00eatre garantie.<\/p>\n","protected":false},"author":3031161,"featured_media":610976,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"republication-tracker-tool-hide-widget":false,"footnotes":"","_tec_slr_enabled":"","_tec_slr_layout":""},"categories":[23098],"tags":[25473,21268,25474,22123],"gijn_topic":[18641],"series":[],"gijn_language":[17784],"gijn_region":[],"class_list":["post-612449","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoires","tag-10-questions-fr","tag-afrique-fr","tag-comores-fr","tag-journalisme-dinvestigation-fr","gijn_topic-nouvelles-et-analyses","gijn_language-fr-fr"],"acf":[],"ticketed":false,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/612449","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3031161"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=612449"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/612449\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1224209,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/612449\/revisions\/1224209"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/610976"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=612449"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=612449"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=612449"},{"taxonomy":"gijn_topic","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_topic?post=612449"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=612449"},{"taxonomy":"gijn_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_language?post=612449"},{"taxonomy":"gijn_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_region?post=612449"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}