{"id":2343050,"date":"2025-06-26T20:24:11","date_gmt":"2025-06-27T00:24:11","guid":{"rendered":"https:\/\/gijn.org\/?p=2343050"},"modified":"2025-06-26T20:24:11","modified_gmt":"2025-06-27T00:24:11","slug":"guide-enqueter-crimes-guerre-utilisation-photos-et-videos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-enqueter-crimes-guerre-utilisation-photos-et-videos\/","title":{"rendered":"Guide pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre\u00a0: l\u2019utilisation des photos et des vid\u00e9os"},"content":{"rendered":"<p><i>Note de la r\u00e9daction : Les conseils donn\u00e9s ci-dessous par un photographe de guerre chevronn\u00e9, Ron Haviv, co-fondateur de l\u2019agence photo VII et de la <\/i><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/theviifoundation.org\/\"><i>Fondation VII<\/i><\/a><i>, qui a couvert plus de 25 conflits, sont extraits de l\u2019interview qu\u2019il a accord\u00e9e \u00e0 un journaliste de la r\u00e9daction de GIJN, Rowan Philp.<\/i><\/p>\n<p><i>Le r\u00f4le des photographes et des vid\u00e9astes de presse diff\u00e8re de celui que jouent d\u2019autres journalistes\u00a0: nous devons toujours voir de nos propres yeux ce qui se passe. Nous devons \u00eatre sur place, sur le front, et t\u00e9moigner honn\u00eatement. Mais, comme tous les autres journalistes, nous devons aussi comprendre le contexte d\u2019une situation et avoir une bonne connaissance des parties en conflit. Nous devons nouer rapidement des contacts avec des sources locales pour savoir ce qui se passe, et \u00eatre capables d\u2019anticiper l\u2019actualit\u00e9.\u00a0<\/i><\/p>\n<aside>Je pense qu\u2019il est de notre responsabilit\u00e9 de nous informer sur le contexte et sur les \u00e9v\u00e9nements ant\u00e9rieurs, et de trouver des l\u00e9gendes aussi informatives que possible pour nos photos.<\/aside>\n<p>La technologie \u00e9volue en permanence, et il en va de m\u00eame des conditions qui pr\u00e9valent dans les zones de conflit. Tous les acteurs d\u2019un conflit, y compris les soldats, savent comment fonctionnent les appareils photos, alors ils ne sont pas dupes si vous vous contentez de supprimer une photo sur l\u2019\u00e9cran de votre appareil. Dans certaines r\u00e9gions, dans les ann\u00e9es 1990, le simple fait d\u2019\u00eatre sur place, avec un appareil photo, et de repr\u00e9senter le monde occidental, pouvait stopper net ce qui se passait. Mais aujourd\u2019hui, personne ne s\u2019en soucie vraiment.<\/p>\n<p>Nos responsabilit\u00e9s ont aussi chang\u00e9. Etant donn\u00e9 que les photographes sont souvent les premiers \u00e0 arriver en zone de conflit, on attend de nous, de plus en plus, non seulement que nous fournissions des photos et \/ ou des vid\u00e9os, mais aussi que nous les mettions dans leur contexte. Ainsi, \u00e0 Boutcha, en Ukraine, si vous tombez sur la cour d\u2019une maison o\u00f9 gisent les corps sans vie de deux hommes, vous auriez par le pass\u00e9 pu r\u00e9diger la l\u00e9gende suivante : \u00ab Les corps de deux hommes gisant dans la cour d\u2019une maison \u00e0 Boutcha \u00bb. Mais aujourd\u2019hui, je pense qu\u2019il est de notre responsabilit\u00e9 de nous informer sur le contexte et sur les \u00e9v\u00e9nements ant\u00e9rieurs en nous entretenant avec beaucoup de gens, en rassemblant autant de documents que possible, en recueillant des \u00e9l\u00e9ments pertinents et des num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone de contacts, pour r\u00e9diger des l\u00e9gendes plus informatives pour nos photos.<\/p>\n<p>Vous devez pouvoir vous adapter tr\u00e8s rapidement pour tirer parti de ce que les gens, m\u00eame les soldats, attendent de vous, tout en vous assurant de toujours faire preuve de d\u00e9ontologie et de faire votre travail de journaliste avec int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<h3><b>Une pr\u00e9paration indispensable\u00a0<\/b><\/h3>\n<p><b>Les informations et l\u2019\u00e9quipements\u00a0 dont vous aurez besoin pour documenter un conflit.<\/b><\/p>\n<p>Essayez d\u2019anticiper et de vous informer au maximum en lisant les m\u00e9dias traditionnels, le New York Times et le Guardian, par exemple. Consultez vos coll\u00e8gues, des attach\u00e9s de presse militaires fiables et <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/donate.amnestyusa.org\/page\/119602\/donate\/1?ea.tracking.id=MRPaidSearchFR2023&amp;supporter.appealCode=W23XXADEVR0P&amp;en_og_source=W23XXADEVR0P&amp;gad=1&amp;gclid=Cj0KCQjwiIOmBhDjARIsAP6YhSUWnzbm_6xDgEbWdfwQf8BbLgt6vmRz_KU0mFvB0u-HIPqRQ6FVf1saAoJ9EALw_wcB&amp;gclsrc=aw.ds\">les ONG<\/a>. Informez-vous aupr\u00e8s de journalistes et de <a href=\"https:\/\/gijn.org\/stories\/fixer-or-collaborator-tips-for-hiring-local-reporters\/\">fixeurs<\/a> locaux, qui vous aideront.<\/p>\n<p>Bien entendu, vous devez avoir, au pr\u00e9alable, suivi <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/dartcenter.org\/resources\/journalists-and-safety-training-experiences-and-opinions\">une formation au reportage en milieu hostile et au secourisme<\/a>. [Des d\u00e9tails sur ces formation plus loin dans ce texte]. Il est aussi judicieux de rejoindre sur WhatsApp ou Facebook les groupes de journalistes qui se trouvent d\u00e9j\u00e0 o\u00f9 vous projetez de vous rendre.<\/p>\n<p>En ce qui me concerne, j\u2019ai du mat\u00e9riel standard que j\u2019emporte pour mes reportages \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u2014 des appareils photos, un ordinateur, un t\u00e9l\u00e9phone satellite, etc. \u2014 et du mat\u00e9riel plus sp\u00e9cialis\u00e9, adapt\u00e9 au pays et \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 que je dois couvrir. Si je vais sur la ligne de front, il me faudra un \u00e9quipement particulier ; si je vais en France pour couvrir des manifestations, j\u2019aurai besoin d\u2019un autre type de mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Demandez \u00e0 vos coll\u00e8gues qui sont d\u00e9j\u00e0 all\u00e9s sur place de quel mat\u00e9riel ils ont eu besoin. Pensez aussi aux sp\u00e9cificit\u00e9s de l\u2019endroit o\u00f9 vous vous rendez\u00a0: des pannes de courant sont-elle \u00e0 envisager\u00a0? Y a-t-il des risques sanitaires ?<\/p>\n<p>Si je vais dans un pays pauvre, je devrai faire face \u00e0 davantage de probl\u00e8mes d\u2019ordre m\u00e9dical, parce que je serai plus isol\u00e9 que si j\u2019allais dans une grande ville europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Par exemple, avant de me rendre en <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.ronhaviv.com\/glimpses-of-the-fall-of-tripoli\">Libye pour couvrir le Printemps arabe<\/a>, j\u2019ai mis dans mon sac un gilet pare-balles, une armure de protection et un t\u00e9l\u00e9phone satellite. J\u2019avais une trousse de premiers secours et aussi de quoi purifier l\u2019eau, comme un <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.amazon.com\/gp\/product\/B00FA2RLX2?SubscriptionId=AKIAIBX4MGJBG42TO3NQ&amp;tag=bestprodtag153851-20&amp;asc_source=google&amp;asc_campaign=99569&amp;asc_refurl=https%3A%2F%2Fbestreviews.com%2Foutdoors%2Fhydration%2Fbest-water-filter-straws&amp;th=1\">petit filtre \u00e0 eau<\/a>. Emportez une r\u00e9serve de piles, des cordons qui vous permettent de brancher vos appareils sur un v\u00e9hicule ou \u00e0 partir d\u2019une installation solaire. Bref, essayez d\u2019\u00eatre aussi autonome que possible.<\/p>\n<p>Faites en sorte d\u2019avoir diff\u00e9rentes solutions de rechange pour pouvoir communiquer. Heureusement, l\u2019\u00e9poque des appels \u00e0 40 dollars la minute avec les t\u00e9l\u00e9phones satellite est r\u00e9volue. Aujourd\u2019hui, on peut les utiliser pour passer des appels qui co\u00fbtent 2 dollars la minute, ou pour envoyer des photos mais, et c\u2019est extraordinaire, on peut utiliser les t\u00e9l\u00e9phones portables pratiquement n\u2019importe o\u00f9 dans le monde.<\/p>\n<div style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Chapter_16_Haviv_VII-Photo-771x514.jpeg\" alt=\"Kyiv Mayor Vitali Klitschko speaks to the media near the frontline in Kyiv, Ukraine, 2022. Image: Courtesy of Ron Haviv, VII\" width=\"771\" height=\"514\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, s\u2019adresse aux m\u00e9dias pr\u00e8s de la ligne de front \u00e0 Kiev, en Ukraine, en 2022. Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Ron Haviv, VII<\/p><\/div>\n<h3><b>Acc\u00e8s<\/b><\/h3>\n<p><b>Pour les journalistes de guerre, se joindre \u00e0 des soldats pour avoir acc\u00e8s \u00e0 certaines zones est peut-\u00eatre controvers\u00e9, mais cela reste un des moyens cl\u00e9s pour que les photographes puissent documenter les crimes de guerre.\u00a0<\/b><\/p>\n<aside>Vous pouvez essayer de vous fondre dans le d\u00e9cor. Mais, m\u00eame si vous utilisez un simple iPhone, vous pointez tout de m\u00eame un objet en direction d\u2019une personne, alors il est difficile de passer inaper\u00e7u.<\/aside>\n<p>Les fixeurs, sur le terrain, jouent un r\u00f4le crucial, par exemple en vous servant d\u2019interpr\u00e8tes, mais aussi en vous aidant \u00e0 contacter des commandants militaires ou\u00a0 paramilitaires, des responsables politiques, etc., pour obtenir l\u2019autorisation de vous rendre sur les lignes de front. Il est primordial de nouer des contacts avec des sources locales. Il peut \u00eatre utile de vous identifier en tant que journaliste occidental en portant l\u2019insigne PRESSE, traduit dans la langue locale, afin que les gens se rendent compte que vous \u00eates un rouage indispensable pour t\u00e9moigner de ce qui leur arrive. Mais cela pr\u00e9sente aussi un inconv\u00e9nient, parce que vous repr\u00e9sentez alors le monde ext\u00e9rieur, et certains n\u2019ont peut-\u00eatre pas envie qu\u2019il y ait des t\u00e9moins. Dans ce cas, il est peut-\u00eatre pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas vous identifier avec l\u2019insigne PRESSE. Chaque situation est particuli\u00e8re et n\u00e9cessite que vous l\u2019analysiez et preniez les d\u00e9cisions ad\u00e9quates.<\/p>\n<p>Il vous faut identifier le moyen de vous rendre sur les lieux de l\u2019actualit\u00e9 \u00e0 couvrir. Cela peut \u00eatre tr\u00e8s simple, par exemple en vous joignant \u00e0 une unit\u00e9 militaire occidentale, ce qui peut impliquer de rencontrer des commandants et de demander \u00e0 vos responsables \u00e9ditoriaux de r\u00e9diger des courriers en votre nom. Tout d\u00e9pend aussi des contacts que vous pourrez nouer, par exemple avec un attach\u00e9 de presse ou une unit\u00e9 en Ukraine, pour pouvoir travailler de fa\u00e7on plus autonome.<\/p>\n<p>Il y a des r\u00e8gles que vous pouvez contourner, et d\u2019autres que vous devez respecter. Dans la mesure du possible, vous devez rester le plus discret possible. Mais m\u00eame si vous utilisez un simple iPhone, vous pointez tout de m\u00eame un objet en direction d\u2019une personne, alors il est difficile de passer inaper\u00e7u. \u00a0En fonction de votre appartenance ethnique, de votre genre, etc., soit vous vous fondrez dans la masse, soit vous vous d\u00e9marquerez, et vous devrez en tenir compte. Chaque photographe doit r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont il sera per\u00e7u, en fonction de ses origines, et \u00e0 l\u2019impact que cela aura sur les rapports qu\u2019il entretiendra avec les gens sur le terrain et sur sa capacit\u00e9 \u00e0 travailler de mani\u00e8re efficace dans des contextes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Pour beaucoup de journalistes, et aussi pour le grand public, les journalistes int\u00e9gr\u00e9s aux convois militaires, au sein des forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines par exemple, ont souffert d\u2019une mauvaise r\u00e9putation pendant la seconde guerre du Golfe. Mais cette solution est pr\u00e9cieuse pour les photographes, s\u2019ils veuillent rencontrer des familles de r\u00e9fugi\u00e9s ou des responsables politiques qui sont partie prenante au conflit. Il vous faut \u00eatre pr\u00e9sent jusqu\u2019\u00e0 ce que les gens vous oublient et qu\u2019ils se comportent naturellement. Souvent, c\u2019est la seule fa\u00e7on, pour nous, d\u2019\u00eatre t\u00e9moins de crimes de guerre. Quand j\u2019ai rencontr\u00e9 les <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/investigation.rollingstone.com\/dj-photo-war-crimes-bosnia\/archive\/the-photograph\/\">Tigres d\u2019Arkan en Bosnie<\/a>, avec l\u2019autorisation du commandant, je n\u2019ai fait qu\u2019\u00eatre pr\u00e9sent. Certes, ils refusaient parfois que je prenne certaines photos, mais parce que j\u2019\u00e9tais l\u00e0, que je \u00ab\u00a0faisais partie de leur groupe\u00a0\u00bb, et que je documentais ce qu\u2019ils faisaient, ils me consid\u00e9raient diff\u00e9remment.<\/p>\n<p>Ne partez jamais en reportage en vous disant : \u201cJe vais m\u2019int\u00e9grer \u00e0 leur convoi jusqu\u2019\u00e0 ce que je les prenne sur le fait, en train de commettre un crime de guerre \u00bb. Vous devriez plut\u00f4t avoir l\u2019approche suivante : \u00ab Je vais voir ce qu\u2019ils font, et je documenterai ce qui se passe sous mes yeux \u00bb.<\/p>\n<h3><b>Outils\u00a0<\/b><\/h3>\n<p><b>Les photographes de guerre coop\u00e8rent activement entre eux et les applications qui les relient sont des outils essentiels.\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des journalistes ont cr\u00e9\u00e9 diff\u00e9rents groupes sur Facebook et leurs membres partagent leurs connaissances et les enseignements qu\u2019ils ont tir\u00e9s de leur exp\u00e9rience. Pendant la guerre de la Russie avec la G\u00e9orgie, un de ces groupes Facebook a permis \u00e0 de nombreux journalistes de partager des informations extr\u00eamement utiles.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, en Ukraine, le partage des informations entre photographes de presse est particuli\u00e8rement sophistiqu\u00e9. Mais les informations proviennent aussi du gouvernement ukrainien ou de militants pro-Ukraine, qui \u00e9crivent par exemple\u00a0: \u00ab\u00a0telle bataille commence ici\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0des obus viennent de tomber dans tel quartier\u00a0\u00bb. Toutes ces informations sont disponibles gr\u00e2ce \u00e0 diff\u00e9rents groupes WhatsApp, \u00e0 Telegram et aux groupes <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/signal.org\/\">Signal<\/a>. Ces informations ont \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement utiles pour couvrir le conflit en Ukraine, surtout pendant le premier mois de guerre, quand diff\u00e9rents quartiers de Kiev \u00e9taient attaqu\u00e9s et qu\u2019on devait s\u2019y rendre le plus vite possible pour documenter l\u2019impact des attaques. Encore une fois, vous devez commencer par vous renseigner aupr\u00e8s de vos coll\u00e8gues et de vos pairs sur ces groupes. Dans le monde de la photographie de presse, les gens s\u2019entraident \u00e9norm\u00e9ment. Ils sont tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux et tout \u00e0 fait dispos\u00e9s \u00e0 aider la g\u00e9n\u00e9ration montante.<\/p>\n<aside>Jamais, dans une situation dangereuse, je ne travaillerais avec ou ne me trouverais \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une personne qui n\u2019a pas suivi de formation en bonne et due forme au reportage en milieu hostile.<\/aside>\n<p>Le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/cpj.org\/journalist-safety-and-emergencies\/\">Comit\u00e9 pour la protection des journalistes<\/a> (CPJ) et <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/rsf.org\/en\">Reporters sans fronti\u00e8res<\/a> (RSF) disposent de diff\u00e9rents services qui peuvent vous aider. Par ailleurs, un nouveau service de messagerie WhatsApp de la CPJ, appel\u00e9 Chat CPJ, propose des informations aux photographes en mati\u00e8re d\u2019\u00e9valuation des risques, de formation en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, du soutien auquel ils peuvent pr\u00e9tendre lors de leurs pr\u00e9paratifs, etc. Ces conseils sont particuli\u00e8rement utiles pour les photographes de guerre d\u00e9butants.<\/p>\n<p>Les techniques et les outils \u00e0 l\u2019attention des photographes de guerre sont \u00e9galement abord\u00e9s et d\u00e9taill\u00e9s <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/theviifoundation.org\/vii-academy\/courses\/\">dans les cours que nous proposons, \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie VII<\/a>, qui sont mis \u00e0 disposition gracieusement.<\/p>\n<p><b>S\u00e9curit\u00e9<\/b><\/p>\n<p><b>Le crowdsourcing et une formation \u00e0 la survie, en particulier une <\/b><b><i>re<\/i><\/b><b>configuration mentale, sont indispensables en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9.<\/b><\/p>\n<p>Jamais, dans une situation dangereuse, je ne travaillerais avec ou ne me trouverais \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une personne qui n\u2019a pas suivi une formation en bonne et due forme au reportage en milieu hostile. Ces formations (le CPJ en propose une <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/cpj.org\/emergency-response\/pre-assignment-preparations\/\">longue liste<\/a>), sont absolument essentielles, et pas seulement parce qu\u2019il est vital de comprendre les premiers soins qui peuvent \u00eatre dispens\u00e9s, notamment en traumatologie (la plupart des gens n\u2019y connaissent rien). Cette formation est tr\u00e8s diff\u00e9rente de l\u2019id\u00e9e que l\u2019on peut se faire de la guerre et des conflits, quand on regarde la t\u00e9l\u00e9vision ou un film, o\u00f9 on voit quelqu\u2019un qui dit \u00ab Oh, \u00e7a tire, je vais me cacher derri\u00e8re cette porti\u00e8re de voiture \u00bb, alors que les balles p\u00e9n\u00e8trent dans les portes de voiture comme dans du beurre. Ces formations changent votre mani\u00e8re de penser et vous aideront \u00e0 survivre. Ainsi, lorsque les balles sifflent autour de vous, vous ne vous relevez pas pour voir d\u2019o\u00f9 elles viennent, ce qui est une r\u00e9action normale chez beaucoup de gens, et vous ne traversez pas les champs de vision des snipers, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, comme au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Cela vaut aussi pour les camps de r\u00e9fugi\u00e9s et tous ces lieux o\u00f9 les enl\u00e8vements sont fr\u00e9quents et \/ ou les miliciens sont omnipr\u00e9sents. Il vous faut vraiment suivre ces formations. Des organisations comme le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/rorypecktrust.org\/\">Rory Peck Trust<\/a> et l\u2019<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.acosalliance.org\/\">ACOS Alliance<\/a> aident les photographes ind\u00e9pendants \u00e0 financer ces formations. Un grand nombre de ces cours r\u00e9servent aux photographes ind\u00e9pendants des places qui sont soit \u00e0 prix tr\u00e8s r\u00e9duit, soit gratuites, alors il n\u2019y a aucune excuse\u00a0: suivez une formation avant de partir en zone de conflit.<\/p>\n<p>Le CPJ propose aussi de nombreuses ressources utiles comme ce <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/cpj.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Movement-of-PPE_Ukraine.pdf\">guide pour faire passer un \u00e9quipement de protection individuelle de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une fronti\u00e8re<\/a>. Mais les informations en temps r\u00e9el jouent un r\u00f4le crucial en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, alors fiez-vous aux informations des fixeurs et de vos coll\u00e8gues journalistes d\u00e9j\u00e0 sur la zone de conflit.<\/p>\n<p>Il y a aussi un aspect psychologique et affectif important quand on parle de s\u00e9curit\u00e9. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/reutersinstitute.politics.ox.ac.uk\/news\/ive-studied-journalists-under-pressure-20-years-heres-what-ive-learned-so-far\">Des \u00e9tudes universitaires dirig\u00e9es par le Dr. Anthony Feinstein<\/a> ont d\u00e9montr\u00e9 que les journalistes de guerre, les soldats et les policiers peuvent avoir des degr\u00e9s comparables de syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ces travaux ont contribu\u00e9 \u00e0 lutter contre le tabou li\u00e9 au SSPT, dans les r\u00e9dactions. Ils ont aussi encourag\u00e9 les responsables \u00e0 pr\u00eater davantage attention aux journalistes qui reviennent de zones de guerre, \u00e0 prendre davantage conscience des signes r\u00e9v\u00e9lateurs de SSPT, et \u00e0 proposer un traitement, le cas \u00e9ch\u00e9ant. J\u2019ai moi-m\u00eame souffert de SSPT, et je peux dire que le traitement est tr\u00e8s efficace et qu\u2019il n\u2019y a pas \u00e0 avoir honte. Des organisations comme le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/dartcenter.org\/\">DART Center<\/a> proposent un soutien important pour aider les reporters \u00e0 g\u00e9rer ces traumas. Le SSPT peut \u00eatre cumulatif \u2014 il arrive qu\u2019il ne se manifeste qu\u2019apr\u00e8s cinq reportages en zone de conflit \u2014 et il peut survenir m\u00eame si on n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de conflit ou de crimes de guerre.<\/p>\n<h3><b>L\u00e9gendes<\/b><\/h3>\n<p><b>Il est de la responsabilit\u00e9 du photographe de presse d\u2019accompagner ses photos d&rsquo;informations contextuelles.\u00a0\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Les photographes sont responsables des l\u00e9gendes, mais ils peuvent collaborer avec les reporters si ceux-ci sont disponibles. Il est tr\u00e8s important de r\u00e9diger des l\u00e9gendes qui soient \u00e0 la fois exactes et qui replacent la photo dans son contexte. Aux d\u00e9butants, il faut rappeler que si les l\u00e9gendes pr\u00eatent \u00e0 confusion, les photos seront mal comprises. Nous sommes des photojournalistes apr\u00e8s tout, alors si possible, la l\u00e9gende doit donner des informations sur les 5 W (qui, quoi, o\u00f9, quand, pourquoi \u2014 en anglais : who, what, where, when, why). Il ne doit pas avoir de la place pour le doute. Si l\u2019information fait suite \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement ant\u00e9rieur, \u00e9voquez-le, pour remettre cette information dans son contexte. Le travail que nous faisons, surtout quand il s\u2019agit de crimes de guerre, sera probablement remis en cause par des gens qui affirmeront que ce que nous disons n\u2019est pas vrai ou qu\u2019ils ne sont pas responsables des crimes en question.<\/p>\n<p>Ne n\u00e9gligez pas de mettre vos l\u00e9gendes \u00e0 jour. A Boutcha, par exemple, je faisais partie du premier groupe de photographes qui ont d\u00e9couvert des hommes ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019un b\u00e2timent. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 Boutcha venait juste d\u2019\u00eatre r\u00e9tabli, et personne ne savait vraiment ce qui s\u2019y \u00e9tait pass\u00e9, alors on a \u00e9crit ce que l\u2019on savait. Plus tard, le New York Times <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/12\/22\/video\/russia-ukraine-bucha-massacre-takeaways.html\">a r\u00e9alis\u00e9 une enqu\u00eate approfondie<\/a>. Les journalistes ont r\u00e9ussi \u00e0 identifier ces hommes, \u00e0 d\u00e9terminer ce qui leur \u00e9tait arriv\u00e9, et aux mains de qui. En cons\u00e9quence, nos l\u00e9gendes initiales ont d\u00fb \u00eatre mises \u00e0 jour avec ces nouvelles informations v\u00e9rifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Si vous faites une erreur dans votre l\u00e9gende \u2014 et que vous travaillez pour une agence de presse fiable, dont les informations vont \u00eatre reprises, comme AP, Reuters ou l\u2019AFP \u2014 il peut \u00eatre tr\u00e8s difficile de corriger une information une fois qu\u2019elle est sortie et qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 republi\u00e9e. Si vous \u00eates la premi\u00e8re personne de l\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 arriver sur les lieux d\u2019un \u00e9ventuel crime de guerre, il est crucial de recueillir autant de m\u00e9tadonn\u00e9es que possible, en fonction du mat\u00e9riel dont vous disposez. Si votre appareil photo ne vous permet pas de le faire, utilisez votre t\u00e9l\u00e9phone pour avoir une position GPS exacte, ou prenez tout simplement une photo suppl\u00e9mentaire avec votre portable.<\/p>\n<h3><b>Comment documenter d\u2019\u00e9ventuels crimes de guerre<\/b><\/h3>\n<p><b>Pourquoi l\u2019objectif final est de prendre une photo o\u00f9 figurent \u00e0 la fois la victime et le coupable.<\/b><\/p>\n<aside>Ces photos sont des \u00e9l\u00e9ments de preuve et elles permettent de sensibiliser le grand public, mais elles peuvent aussi offrir une certaine protection aux victimes.<\/aside>\n<p>Je n\u2019ai jamais dit \u00e0 un soldat : \u00ab\u00a0Est-ce que vous vous rendez compte que vous venez de commettre un crime de guerre\u00a0?\u00a0\u00bb. Mais je peux dire que les soldats et les forces paramilitaires donnent souvent l\u2019impression qu\u2019ils se battent pour une cause juste, par exemple, une cause nationaliste, familiale ou religieuse, et qu\u2019ils estiment que leurs actions sont justifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Utiliser les photos pour documenter des activit\u00e9s criminelles est secondaire : les photographes sont avant tout les yeux du grand public, nous documentons ce que nous voyons, nous le portons \u00e0 la connaissance du monde.<\/p>\n<p>Dans le cas de la photo d&rsquo;un soldat sur le nettoyage ethnique en Bosnie \u2014 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/balkaninsight.com\/2017\/01\/23\/capturing-the-image-of-ethnic-cleansing-in-bosnia-01-19-2017\/\">on voit un milicien en train de donner un coup de pied \u00e0 une femme qui se meurt<\/a> \u2014 je me suis rendu compte que, pour pouvoir d\u00e9fendre cette photo d\u2019un point de vue visuel, il me fallait prendre \u00e0 la fois l\u2019un des soldats, avec son insigne bien visible, et les victimes. J\u2019esp\u00e9rais simplement que les soldats passeraient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des victimes, pas forc\u00e9ment que l\u2019un d\u2019eux aurait le pied lev\u00e9, pr\u00eat \u00e0 frapper. Mais c\u2019\u00e9tait une photo que je voulais absolument, pour que personne ne puisse nier les faits. Si j\u2019avais photographi\u00e9 uniquement les victimes gisant au sol, cela aurait \u00e9t\u00e9 ma parole contre la leur\u00a0; mais, avec cette photo, il est beaucoup plus difficile de contester la l\u00e9gende accompagnant la photographie.<\/p>\n<div style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Arkans-Serbian-paramilitary-group-the-Tigers-execute-unarmed-Muslim-civilians-during-the-first-battle-of-the-Bosnian-war.--771x511.jpg\" alt=\"war crimes military command structures Serbian Volunteer Guard Tigers Bosnia\" width=\"771\" height=\"511\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Des membres d\u2019un groupe paramilitaire serbe, les Tigres d\u2019Arkan, ex\u00e9cutent des civils musulmans non arm\u00e9s lors de la premi\u00e8re bataille de la guerre de Bosnie. Cette photo a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme preuve dans le cadre de nombreuses proc\u00e9dures juridiques pour entamer des poursuites et prononcer des condamnations pour crimes de guerre. Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Ron Haviv, VII<\/p><\/div>\n<p>Ces photos sont des \u00e9l\u00e9ments de preuve et elles permettent de sensibiliser le grand public, mais elles peuvent aussi offrir une certaine protection aux victimes. Une des photos que j\u2019ai prises \u2014 du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2010\/jul\/14\/ron-haviv-best-shot\">vice-pr\u00e9sident \u00e9lu du Panama en train d\u2019\u00eatre pass\u00e9 \u00e0 tabac par des hommes de main de Manuel Noriega<\/a> \u2014 a eu une telle notori\u00e9t\u00e9 qu\u2019elle a prot\u00e9g\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 un certain point, la victime, Guillermo Ford, d\u2019une autre attaque.<\/p>\n<h3><b>S\u00e9curit\u00e9 du mat\u00e9riel et des preuves\u00a0<\/b><\/h3>\n<p><b>Il est important de transf\u00e9rer rapidement les photos sur le cloud et de savoir lesquelles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es pour prot\u00e9ger \u00e0 la fois les photographes, et ce qu\u2019ils ont mis au jour.\u00a0\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Il ne fait aucun doute que la technologie num\u00e9rique a fait \u00e9voluer la photographie. A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je prenais des photos sur pellicule, il est arriv\u00e9, lors de certains conflits, que des soldats m\u2019arr\u00eatent, furieux, parce qu\u2019ils avaient l\u2019impression que je prenais des photos. Parfois, ils enlevaient la pellicule de l\u2019appareil photo, la d\u00e9roulaient, la regardaient \u00e0 la lumi\u00e8re du jour et concluaient\u00a0: \u00ab\u00a0OK, il n\u2019y a rien l\u00e0-dessus\u00a0\u00bb et ils me rendaient l\u2019appareil. Ils croyaient que je n\u2019avais pris aucune photo, mais, souvent, ils ne connaissaient rien \u00e0 la photographie.<\/p>\n<p>Quand les premiers appareils num\u00e9riques sont apparus, nous supprimions simplement la photo sur l\u2019\u00e9cran, mais aujourd\u2019hui, les combattants ont davantage de connaissances. Ils savent notamment qu\u2019il est possible de r\u00e9cup\u00e9rer une photo qui a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e, alors ils confisquent tout, tous les appareils photos et toutes les cartes num\u00e9riques. Ils savent aussi faire des recherches en ligne. Ainsi, si vous envoyez quotidiennement des photos \u00e0 une\u00a0 r\u00e9daction n\u2019importe o\u00f9 sur la plan\u00e8te et qu\u2019elles sont publi\u00e9es, les combattants peuvent facilement les voir. Aujourd\u2019hui, il vaut mieux transf\u00e9rer les photos sur le cloud\u00a0car elles ne pourront jamais \u00eatre effac\u00e9es. Malgr\u00e9 tout, vous risquez de tomber sur une personne qui n\u2019aime pas votre travail, et il peut \u00eatre difficile d\u2019argumenter en votre faveur.<\/p>\n<p>Dans une zone de conflit, les photographes doivent g\u00e9n\u00e9ralement s\u2019approcher plus pr\u00e8s d\u2019un \u00e9v\u00e9nement que les vid\u00e9astes, mais il nous est arriv\u00e9 d\u2019avoir des vid\u00e9astes \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s dans les situations les plus difficiles. Ils ont aussi la possibilit\u00e9 d\u2019enregistrer les sons, ce qui peut rendre beaucoup plus impressionnant ce qui n\u2019est pas a priori tr\u00e8s visuel. Et, avec les cam\u00e9ras des t\u00e9l\u00e9phones portables, il est bien s\u00fbr beaucoup plus facile de nos jours de faire des vid\u00e9os dans des situations d\u00e9licates.<\/p>\n<p>Pour documenter les manifestations et la guerre, nous utilisons toujours du mat\u00e9riel traditionnel, c\u2019est-\u00e0-dire des appareils reflex num\u00e9riques (APRN). Mais \u00e9tant donn\u00e9 que les cam\u00e9ras et les appareils photos des smartphones sont de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9, on peut se faire plus discret et ne pas avoir \u00e0 brandir des appareils sous le nez de personnes stress\u00e9es. Cela peut aussi faciliter les choses quand on demande \u00e0 se joindre \u00e0 des forces arm\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour les besoins d\u2019un film que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/vimeo.com\/183700982?share=copy\">Printemps arabe en Libye<\/a>, j\u2019ai utilis\u00e9 un DSLR pour les vid\u00e9os et les photos, ainsi qu\u2019un iPhone pour les photos. J\u2019ai jongl\u00e9 entre les deux, selon la situation.<\/p>\n<h3><b>Images effroyables<\/b><\/h3>\n<p><b>Il est important de continuer \u00e0 documenter les atrocit\u00e9s commises en temps de guerre, mais efforcez-vous de faire des photos qui marqueront les esprits.\u00a0<\/b><\/p>\n<aside>Je fais tr\u00e8s attention \u00e0 la mani\u00e8re dont je cadre mes photos, en fonction de l\u2019esth\u00e9tique. Je suis parfaitement conscient du fait que la plupart des gens ne peuvent pas regarder certaines photos explicites d\u2019un corps d\u00e9chiquet\u00e9.<\/aside>\n<p>Il vous faut parfois trouver le juste \u00e9quilibre pour publier des preuves de crimes de guerre \u00e9ventuels, surtout quand vous documentez une actualit\u00e9 particuli\u00e8rement macabre ou choquante. R\u00e9cemment, le New York Times a publi\u00e9 en premi\u00e8re page la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/03\/06\/world\/europe\/ukraine-irpin-civilian-death.html\">photo explicite d\u2019une famille ukrainienne tu\u00e9e \u00e0 Irpin<\/a>. La consoeur qui avait pris la photo, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.lynseyaddario.com\/bio\">Lynsey Addario<\/a>, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.cbsnews.com\/news\/ukraine-war-photos-lynsey-addario-documents-atrocities\/\">a salu\u00e9 le journal<\/a> pour l\u2019avoir mise en avant. Je suis d\u2019accord pour dire que <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/03\/15\/podcasts\/the-daily\/ukraine-russia-war-family-killed.html\">c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s courageux de la part du quotidien<\/a> et assez inhabituel pour un organe de presse am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Pour prendre de telles d\u00e9cisions, il faut faire la part des choses, entre d\u2019un c\u00f4t\u00e9 faire preuve de respect envers les victimes et, de l\u2019autre, avoir un impact et tenir compte de l\u2019environnement m\u00e9diatique. Il arrive que les photographes doivent faire pression pour qu\u2019une photo soit publi\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019elle soit vue par un large public. Mais vous devez accepter que des photos de crimes de guerre ou de leurs victimes ne peuvent pas \u00eatre publi\u00e9es quotidiennement. Ceci \u00e9tant dit, les responsables \u00e9ditoriaux doivent aussi faire tr\u00e8s attention \u00e0 ne pas devenir insensibles aux atrocit\u00e9s commises, \u00e0 ne pas dire\u00a0: \u00ab\u00a0Nos lecteurs ou t\u00e9l\u00e9spectateurs ont d\u00e9j\u00e0 vu quelque chose de semblable la semaine derni\u00e8re, alors ce n\u2019est pas la peine\u00a0\u00bb. Ce serait faire preuve d\u2019un manque de respect terrible. Ce serait aussi une injustice faite \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 en question. On devrait plut\u00f4t se poser la question suivante : \u00ab\u00a0Pourquoi ces massacres de civils continuent-ils\u00a0?\u00a0\u00bb. Il est de notre responsabilit\u00e9, en tant que m\u00e9dias d\u2019information, de rappeler aux gens, au quotidien, les crimes qui continuent d\u2019\u00eatre commis.<\/p>\n<p>Je ne dirais pas que je cadre mes photos en anticipant des d\u00e9cisions \u00e9ditoriales, mais je fais tr\u00e8s attention \u00e0 la mani\u00e8re dont je les cadre, en fonction de l\u2019esth\u00e9tique. Je suis parfaitement conscient du fait que la plupart des gens ne peuvent pas regarder la photo explicite d\u2019un corps d\u00e9chiquet\u00e9. M\u00eame si elle est publi\u00e9e, il est fort possible qu\u2019ils passent rapidement \u00e0 la page suivante, parce qu\u2019elle est insoutenable. Si c\u2019est le cas, cela signifie que la photo est rat\u00e9e. Une photo r\u00e9ussie, pour documenter un \u00e9ventuel crime de guerre, attirera l\u2019attention du lecteur, et elle aura beaucoup plus d\u2019impact. Je veux qu\u2019une connexion s\u2019\u00e9tablisse entre la personne qui regarde et l\u2019image. Le revers de la m\u00e9daille, pour moi, c\u2019est que l\u2019on m\u2019a accus\u00e9 de faire des photos de guerre racoleuses. Je comprends ces critiques, mais je les rejette. Je veux faire en sorte que les gens regardent les photos, parce que s\u2019ils ne le font pas, \u00e0 quoi bon ?<\/p>\n<h3><b>L\u2019impact des photographes de guerre femmes<\/b><\/h3>\n<p>Certaines femmes font le m\u00eame travail que les hommes dans le cadre de conflits, mieux m\u00eame parfois, alors que pendant longtemps, les photographes de guerre \u00e9taient principalement des hommes, surtout au Vietnam et pendant la Seconde guerre mondiale, avec quelques exceptions notoires. Aujourd\u2019hui, les femmes impriment leur marque, par exemple <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.lynseyaddario.com\/bio\">Lynsey Addario<\/a>, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/heidilevine.photoshelter.com\/about\">Heidi Levine<\/a> et <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.carolguzy.com\/bio\">Carol Guzy<\/a>, qui a remport\u00e9 quatre prix Pulitzer, un record chez les photographes de presse. Ce sont des photographes exceptionnelles, qui doivent surmonter des obstacles particuliers et qui ont des points de vue uniques. Dans le monde musulman, par exemple, elles ont acc\u00e8s \u00e0 un monde ferm\u00e9 aux hommes mais, en m\u00eame temps, il arrive qu\u2019elles soient extr\u00eamement mal trait\u00e9es dans certaines soci\u00e9t\u00e9s patriarcales. Par ailleurs, la violence et les abus sexuels constituent un danger bien plus important pour les photographes de presse femmes, et l\u2019\u00e9valuation des risques qu\u2019elles courent peut \u00eatre compl\u00e8tement diff\u00e9rente de celle de leurs homologues masculins.<\/p>\n<p>A <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/theviifoundation.org\/vii-academy\/\">l\u2019Acad\u00e9mie VII<\/a>, la branche p\u00e9dagogique de la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/theviifoundation.org\/\">Fondation VII<\/a>, nous nous effor\u00e7ons de traiter tous nos \u00e9tudiants sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019hommes, de femmes ou de journalistes non binaires. Nous voulons aider la g\u00e9n\u00e9ration montante pour qu\u2019il y ait un plus grand \u00e9quilibre dans le monde de la photographie de presse.<\/p>\n<p><b>Intervenir<\/b><\/p>\n<p><b>Intervenez si vous le pouvez, plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre uniquement t\u00e9moin, mais r\u00e9fl\u00e9chissez bien aux risques que vous prenez si vous venez en aide aux victimes.<\/b><\/p>\n<aside>Ils se sont empress\u00e9s de sortir tous les journaux et tous les magazines qui avaient publi\u00e9 mes photos de leur fils et\u00a0 m\u2019ont dit\u00a0: \u00ab\u00a0Merci d\u2019avoir donn\u00e9 un sens \u00e0 sa mort\u00a0\u00bb.\u00a0<\/aside>\n<p>Il n\u2019y a pas de r\u00e8gle immuable concernant les \u00e9ventuelles interventions des photographes de guerre. C\u2019est vrai, vous documentez des situations de vie ou de mort sur lesquelles vous pourriez potentiellement avoir une influence, mais vous pourriez vous aussi vous retrouver dans la m\u00eame situation. C\u2019est \u00e0 vous de d\u00e9cider de ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire et, si vous d\u00e9cidez d\u2019intervenir, d\u2019\u00e9valuer les risques que vous courez. Il m\u2019est arriv\u00e9 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/opinions\/the-photographers-choice-bystander-or-upstander\/2015\/04\/10\/4a582e8a-dfa7-11e4-a500-1c5bb1d8ff6a_story.html\">d\u2019\u00eatre en mesure d\u2019aider des gens<\/a> \u2014 en Ha\u00efti et en Afghanistan, par exemple. Dans d\u2019autres circonstances, je n\u2019ai rien pu faire, mais, au moins, j\u2019ai pu documenter ce qui se passait.<\/p>\n<p>Par exemple, quand je&rsquo;ai embarqu\u00e9 avec les Tigres d\u2019Arkan, en Serbie, dans la ville frontali\u00e8re de Bijeljina en Bosnie en 1992, j\u2019ai photographi\u00e9 un <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.aljazeera.com\/features\/2015\/5\/14\/it-has-begun-a-picture-of-ethnic-cleansing-in-bosnia\">musulman albano-mac\u00e9donien appel\u00e9 Hajrush Ziberi<\/a>, qui est devenu l\u2019un des premiers prisonniers de guerre en Bosnie. Ils l\u2019ont jet\u00e9 \u00e0 terre, il a lev\u00e9 les mains en l\u2019air et m\u2019a implor\u00e9 du regard de l\u2019aider. Mais je ne pouvais rien faire. Ils ont fini par l\u2019emmener dans un b\u00e2timent. Soit il est tomb\u00e9 de l\u00e0, soit il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fenestr\u00e9, mais il a atterri \u00e0 mes pieds. Il a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 dans une maison, et je ne l\u2019ai plus jamais revu. Je l\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital le lendemain. Douze ans plus tard, ses restes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un test ADN. Quand je suis all\u00e9 voir ses parents pour leur expliquer ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, je m\u2019attendais \u00e0 ce qu\u2019ils m\u2019en veuillent de ne pas l\u2019avoir aid\u00e9, mais ils se sont empress\u00e9s de sortir tous les journaux et tous les magazines qui avaient publi\u00e9 mes photos de leur fils et ils m\u2019ont dit : \u00ab Merci d\u2019avoir donn\u00e9 un sens \u00e0 sa mort \u00bb. J\u2019ai trouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait tout simplement incroyable. Ils avaient le sentiment que mes photos avaient eu un impact et, en fait, ces photos ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es, avec d\u2019autres, \u00e0 La Haye comme preuve qu\u2019un crime de guerre avait \u00e9t\u00e9 commis.<\/p>\n<h3><b>Etudes de cas<\/b><\/h3>\n<p><b>Risque \u00e9lev\u00e9 d\u2019agressions sexuelles contre les photographes femmes<\/b><\/p>\n<p>Les <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/abs\/10.1080\/14680777.2021.1984274\">photographes de presse femmes sont toujours plus expos\u00e9es que leurs coll\u00e8gues masculins <\/a>\u00e0 la discrimination sexuelle et aux agressions sexuelles. Lors des <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.cbsnews.com\/news\/journalists-attacked-by-mobs-detained-in-cairo\/\">attaques g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es contre la presse pendant les manifestations du Printemps arabe en Egypte<\/a>, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de violences sexuelles. Avec mon coll\u00e8gue <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.pulitzer.org\/finalists\/chris-hondros\">Chris Hondros<\/a>, nous avons d\u00fb prot\u00e9ger une consoeur pour qu\u2019elle puisse traverser la foule en toute s\u00e9curit\u00e9, alors qu\u2019elle \u00e9tait prise \u00e0 partie par les hommes.<\/p>\n<p><b>Embarqu\u00e9s avec des soldats dans le cadre de la guerre en Ukraine<\/b><\/p>\n<p>Si vous examinez la fa\u00e7on dont le New York Times couvre la guerre en Ukraine, vous constaterez que plusieurs de ses photographes \u2014 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/by\/tyler-hicks\">Tyler Hicks<\/a>, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/by\/david-guttenfelder\">David Guttenfelder<\/a>, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/pulitzercenter.org\/people\/mauricio-lima\">Mauricio Lima<\/a> \u2014\u00a0 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2023\/03\/05\/world\/europe\/trench-warfare-ukraine-frontline.html\">embarquent avec certaines unit\u00e9s de combat de mani\u00e8re quotidienne, <\/a>ou qu\u2019ils travaillent \u00e0 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.ekathimerini.com\/nytimes\/1188330\/get-the-stretcher-life-and-death-on-ukraines-front-line\/\">un reportage sur les postes de premiers secours<\/a>, parce qu\u2019ils estiment que c\u2019est important, m\u00eame si cela implique de rater l\u2019occasion de prendre d\u2019autres photos ailleurs. Il y a aussi <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/cpj.org\/2023\/02\/no-other-option-to-survive-after-one-year-of-war-ukrainian-journalists-are-equipped-for-the-long-haul\/\">un certain nombre de photographes ind\u00e9pendants<\/a> qui passent des mois entiers de leur temps libre \u00e0 vivre comme les soldats, par exemple, et \u00e0 documenter leurs conditions de vie. Ils ne sont pas pay\u00e9s pour ces jours, mais, \u00e0 terme, ils livreront un reportage qu\u2019ils estiment important.<\/p>\n<hr \/>\n<p><b><i><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-1238888\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-140x140.jpg\" alt=\"\" width=\"140\" height=\"140\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-140x140.jpg 140w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-336x336.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-771x771.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-768x768.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv.jpg 892w\" sizes=\"auto, (max-width: 140px) 100vw, 140px\" \/>Ron Haviv<\/i><\/b><i>\u00a0est directeur et cofondateur de la\u00a0<\/i><a href=\"https:\/\/theviifoundation.org\/vii-photo\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i>VII Foundation<\/i><\/a><i>\u00a0et cofondateur de l\u2019agence de photos VII. Au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, il a couvert plus de 25 conflits et travaill\u00e9 dans plus de 100 pays. Son travail, qui a remport\u00e9 de nombreux prix, est expos\u00e9 dans des mus\u00e9es et des galeries du monde entier.\u00a0<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ron Haviv, photographe de guerre de renomm\u00e9e mondiale, partage les meilleures pratiques pour utiliser la photo et la vid\u00e9o dans la couverture les atrocit\u00e9s et les \u00e9ventuels crimes de guerre.<\/p>\n","protected":false},"author":3031161,"featured_media":2343054,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"republication-tracker-tool-hide-widget":false,"footnotes":"","_tec_slr_enabled":"","_tec_slr_layout":""},"categories":[23095,23094,23092],"tags":[25115,19901,25948,25951,25950,25949],"gijn_topic":[19019,18642,18643,19206],"series":[],"gijn_language":[],"gijn_region":[],"class_list":["post-2343050","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chapitre","category-guide-fr","category-ressource","tag-crime-de-guerre","tag-investigative-journalism-fr","tag-journalisme-de-guerre","tag-journaliste-reporter-dimages","tag-jri","tag-repoter-de-guerre","gijn_topic-methodologie","gijn_topic-outils-conseils-pour-enqueter","gijn_topic-surete-et-securite","gijn_topic-methodes-enquete"],"acf":[],"ticketed":false,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2343050","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3031161"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2343050"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2343050\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2344945,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2343050\/revisions\/2344945"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2343054"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2343050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2343050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2343050"},{"taxonomy":"gijn_topic","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_topic?post=2343050"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=2343050"},{"taxonomy":"gijn_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_language?post=2343050"},{"taxonomy":"gijn_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_region?post=2343050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}