{"id":2182935,"date":"2025-04-11T10:36:07","date_gmt":"2025-04-11T14:36:07","guid":{"rendered":"https:\/\/gijn.org\/?p=2182935"},"modified":"2025-04-11T10:42:26","modified_gmt":"2025-04-11T14:42:26","slug":"enquete-assad-regime-syrie-investigation-journalistes-prison-disparition-saidnaya","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gijn.org\/fr\/histoires\/enquete-assad-regime-syrie-investigation-journalistes-prison-disparition-saidnaya\/","title":{"rendered":"Enqu\u00eater sur la Syrie apr\u00e8s Assad : une bo\u00eete noire, ouverte en grand"},"content":{"rendered":"<p><em>AVERTISSEMENT : L&rsquo;article suivant fait \u00e9tat de violences physiques, y compris la torture, et \u00e9voque la guerre et les disparitions forc\u00e9es, ce qui peut perturber certains lecteurs.<\/em><\/p>\n<p>Au cours de trois nuits douces mais fra\u00eeches du d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre 2024, alors que j&rsquo;assistais avec des centaines de journalistes du monde entier au forum annuel de l&rsquo;ARIJ (Arab Reporters for Investigative Journalism) en Jordanie, deux \u00e9v\u00e9nements importants de ma vie se d\u00e9roulaient \u00e9galement : l&rsquo;un public, l&rsquo;autre personnel.<\/p>\n<aside>Auparavant, nous devions reconstituer des enqu\u00eates \u00e0 partir de simples gouttes d&rsquo;information. D\u00e9sormais, nous avons acc\u00e8s \u00e0 des millions de documents et \u00e0 des centaines de sites qui \u00e9taient auparavant trop dangereux pour \u00eatre mentionn\u00e9s publiquement.<\/aside>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais sur le point de commencer \u00e0 couvrir la Syrie en tant que journaliste d&rsquo;investigation \u00e0 Reuters &#8211; juste au moment o\u00f9 le r\u00e9gime brutal d&rsquo;Assad qui avait gouvern\u00e9 la Syrie pendant plus de cinq d\u00e9cennies s&rsquo;est effondr\u00e9 de mani\u00e8re spectaculaire dans une bataille qui a dur\u00e9 \u00e0 peine 11 jours, apr\u00e8s plus de cinquante ans de r\u00e8gne d&rsquo;une main de fer, celle d&rsquo;Hafez al-Assad d&rsquo;abord, puis celle de son fils et successeur, Bachar al-Assad, et pr\u00e8s de 14 ans de guerre civile.<\/p>\n<p>Alors que ces \u00e9tapes publiques et priv\u00e9es convergeaient, des dizaines de journalistes syriens participant \u00e0 l&rsquo;ARIJ et moi-m\u00eame nous sommes dispers\u00e9s dans des chambres d&rsquo;h\u00f4tel et des coins de hall &#8211; ordinateurs portables ouverts, t\u00e9l\u00e9phones \u00e0 la main &#8211; pour suivre les \u00e9v\u00e9nements qui, pendant tant d&rsquo;ann\u00e9es, avaient sembl\u00e9 impensables.<\/p>\n<p>Le 8 d\u00e9cembre au matin, les forces de l&rsquo;opposition &#8211; r\u00e9unies sous la direction du groupe islamiste radical Hay&rsquo;at Tahrir al-Sham (HTS) &#8211; sont entr\u00e9es dans Damas \u00e0 la suite d&rsquo;<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/middle-east\/assads-fall-followed-years-bloodshed-division-2024-12-08\/\">une offensive majeure contre les forces du r\u00e9gime<\/a>. Alors que des vid\u00e9os montrant des milliers de combattants syriens et de civils<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/apnews.com\/video\/damascus-syria-syria-government-bashar-assad-omar-sanadiki-340b026828ce4aa3851fb82f6dfb1b02\"> prenant d&rsquo;assaut le palais pr\u00e9sidentiel<\/a>, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.abc.net.au\/news\/2024-12-09\/inside-fallen-syria-leader-bashar-alassads-looted-palace\/104704512\">pillant son contenu<\/a> et <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.france24.com\/en\/middle-east\/20241209-syrians-assad-brutal-reign\">confirmant la fuite de Bachar el-Assad vers la Russie commen\u00e7aient \u00e0 circuler<\/a>, je c\u00e9l\u00e9brais ce moment avec mes coll\u00e8gues, alors que je me trouvais \u00e9galement \u00e0 un moment charni\u00e8re de ma carri\u00e8re.<\/p>\n<h4>L&rsquo;information par des moyens conventionnels<\/h4>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, je me suis concentr\u00e9 sur le journalisme d&rsquo;investigation \u00e0 cause du r\u00e9gime Assad. \u00c9tant donn\u00e9 la difficult\u00e9 d&rsquo;obtenir des informations par des moyens conventionnels en Syrie &#8211; l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 contr\u00f4lant tous les contenus imprim\u00e9s et radiodiffus\u00e9s, la fermeture de tous les bureaux de m\u00e9dias \u00e9trangers depuis 2011 et le classement constant de la Syrie <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/rsf.org\/en\/syrian-journalists-threatened-neighbouring-states-syria-remains-second-most-dangerous-country-world\">parmi les cinq derniers pays dans les indices de libert\u00e9 de la presse<\/a> tels que ceux de Reporters sans fronti\u00e8res (RSF) et de Freedom House &#8211; cela m&rsquo;a sembl\u00e9 \u00eatre la seule voie \u00e0 suivre.<\/p>\n<p>Cependant, apr\u00e8s le 8 d\u00e9cembre, le travail d&rsquo;investigation n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec ce qu&rsquo;il \u00e9tait auparavant. Dans le pass\u00e9, nous construisions nos enqu\u00eates \u00e0 partir d&rsquo;un seul document divulgu\u00e9 aux journalistes par un initi\u00e9 au sein des institutions publiques ou des agences de s\u00e9curit\u00e9. Parfois, nous devions d\u00e9penser de l&rsquo;argent suppl\u00e9mentaire par le biais d&rsquo;une cha\u00eene d&rsquo;interm\u00e9diaires &#8211; pour des mesures de pr\u00e9caution telles que des transports s\u00e9curis\u00e9s ou des abonnements \u00e0 des logiciels &#8211; afin de prot\u00e9ger les sources et les informations. Les auteurs de fuites risquaient d&rsquo;\u00eatre accus\u00e9s de \u00ab collaboration avec des entit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res \u00bb, un crime passible de la peine de mort en vertu de la loi syrienne de 2012.<\/p>\n<p>Parler \u00e0 des sources n&rsquo;\u00e9tait pas moins risqu\u00e9. Une seule conversation n\u00e9cessitait une formation approfondie \u00e0 la culture num\u00e9rique et \u00e9tait men\u00e9e secr\u00e8tement, en essayant d&rsquo;\u00e9chapper aux syst\u00e8mes de surveillance int\u00e9gr\u00e9s au r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9communications. Plus tard, en examinant des documents de la fameuse branche des renseignements de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air, nous avons d\u00e9couvert que ces syst\u00e8mes pouvaient enregistrer et surveiller m\u00eame les appels personnels les plus anodins entre les citoyens.<\/p>\n<div id=\"attachment_2178438\" style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2178438\" class=\"wp-image-2178438 size-large\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-771x514.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-771x514.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-336x224.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-768x512.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2555045045-2048x1365.jpg 2048w\" alt=\"\" width=\"771\" height=\"514\" aria-describedby=\"caption-attachment-2178438\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2178438\" class=\"wp-caption-text\">Les forces d&rsquo;opposition syriennes et les civils prennent le contr\u00f4le de la citadelle d&rsquo;Alep, le 2 d\u00e9cembre 2024. Image : Shutterstock, Mohammad Bash<\/p><\/div>\n<h4>Couvrir la Syrie, apr\u00e8s Assad<\/h4>\n<p>Je suis rentr\u00e9 en Syrie par la fronti\u00e8re jordanienne, trois jours seulement apr\u00e8s l&rsquo;effondrement spectaculaire du r\u00e9gime. Il n&rsquo;y avait pas de tampons frontaliers ni de bureaux de douane &#8211; juste quelques employ\u00e9s qui ont pris une photo de mon passeport et m&rsquo;ont fait signe de passer. C&rsquo;est ce m\u00eame poste-fronti\u00e8re qui, quelques semaines auparavant, \u00e9tait encombr\u00e9 de longues files de v\u00e9hicules, gr\u00e2ce \u00e0 des mesures de s\u00e9curit\u00e9 rigoureuses visant \u00e0 endiguer<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.bbc.co.uk\/news\/articles\/c2dxnn1406do\"> la contrebande de Captagon, une drogue proche de l&rsquo;amph\u00e9tamine<\/a>.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 mes coll\u00e8gues de Reuters \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel cinq \u00e9toiles Cham Palace, dans le centre de Damas &#8211; une sc\u00e8ne qui m&rsquo;a rappel\u00e9 l&rsquo;h\u00f4tel Palestine International, \u00e0 Bagdad, apr\u00e8s l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak par les \u00c9tats-Unis, qui est devenu la plaque tournante et le lieu de r\u00e9sidence des journalistes internationaux en reportage dans le pays. Les rues de Damas \u00e9taient sombres, les camionnettes recouvertes de boue des factions militaires circulaient encore dans la ville, le choc se lisait sur les visages &#8211; mais les bruits que nous avons entendus \u00e9taient ceux de stylos grattant du papier alors que des centaines de journalistes \u00e9trangers pr\u00e9sents \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel planifiaient leur couverture du conflit.<\/p>\n<aside>\u00ab Chaque fois que je me souviens de ce moment, je me pose la question : Sommes-nous vraiment entr\u00e9s en Syrie et avons-nous travaill\u00e9 au sein des services de s\u00e9curit\u00e9 ? &#8211; <strong>Hala Nouhad Nasreddine, responsable des enqu\u00eates chez Daraj Media<\/strong><\/aside>\n<p>Dans ces moments-l\u00e0, la Syrie ressemblait \u00e0 une bo\u00eete noire dont on for\u00e7ait l&rsquo;ouverture apr\u00e8s qu&rsquo;elle ait \u00e9t\u00e9 scell\u00e9e pendant 54 ans &#8211; une exp\u00e9rience aussi bouleversante qu&rsquo;exaltante. Auparavant, nous devions reconstituer des enqu\u00eates \u00e0 partir de simples gouttes d&rsquo;informations. D\u00e9sormais, nous avons acc\u00e8s \u00e0 des millions de documents et \u00e0 des centaines de sites qu&rsquo;il \u00e9tait auparavant trop dangereux d&rsquo;\u00e9voquer publiquement.<\/p>\n<p>Pour Hala Nouhad Nasreddine, responsable des enqu\u00eates pour Daraj Media, qui a travaill\u00e9 pendant des ann\u00e9es sur des enqu\u00eates collaboratives sur la corruption financi\u00e8re en Syrie avec des organisations telles qu&rsquo;ICIJ et OCCRP, il s&rsquo;agit d&rsquo;une exp\u00e9rience surr\u00e9aliste : \u00ab Chaque fois que je me souviens de ce moment, je me demande : Sommes-nous vraiment entr\u00e9s en Syrie et avons-nous travaill\u00e9 au sein des services de s\u00e9curit\u00e9 ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 ce moment-l\u00e0, la Syrie \u00e9tait un \u00e9norme r\u00e9servoir d&rsquo;informations entre nos mains \u00bb, ajoute-t-elle. \u00ab Nous avions l&rsquo;habitude de mener des enqu\u00eates sur la base de documents ayant fait l&rsquo;objet d&rsquo;une fuite ou d&rsquo;informations fournies par des parties d&rsquo;autres pays, comme dans <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.occrp.org\/en\/project\/dubai-unlocked\">le projet Dubai Unlocked<\/a>, mais il s&rsquo;agissait de la partie \u00e9merg\u00e9e de l&rsquo;iceberg. Aujourd&rsquo;hui, nous disposons de toutes les informations, ce qui n&rsquo;arrive qu&rsquo;une fois dans une vie \u00bb.<\/p>\n<p>Notre plan, \u00e0 Reuters, \u00e9tait de rassembler autant d&rsquo;informations que possible, car nous savions que cette fen\u00eatre d&rsquo;acc\u00e8s ne resterait pas ouverte longtemps, et qu&rsquo;elle se refermerait peut-\u00eatre avant que le chaos ne s&rsquo;apaise. (Lire le reportage de Feras Dalatey pour Reuters sur <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/middle-east\/more-than-1000-syrians-died-airport-prison-under-assad-report-says-2025-02-27\/\">la chute d&rsquo;Assad<\/a> et <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/middle-east\/syrias-sectarian-violence-reached-capital-terrorizing-alawites-residents-say-2025-03-27\/\">la violence sectaire en Syrie<\/a>).<\/p>\n<p>Nous avons commenc\u00e9 notre travail de terrain par la Direction g\u00e9n\u00e9rale des renseignements \u00e0 Damas. Nous avons contourn\u00e9 les barri\u00e8res en b\u00e9ton arm\u00e9 qui entouraient autrefois la direction de la s\u00e9curit\u00e9, mais ce qui nous a le plus glac\u00e9s, c&rsquo;est la vue du grand portrait d\u00e9chir\u00e9 de Bachar el-Assad accroch\u00e9 au-dessus de l&rsquo;entr\u00e9e &#8211; un portrait qui, quelques jours auparavant, inspirait la peur \u00e0 tous ceux qui le regardaient. En dessous se trouve l&rsquo;image bris\u00e9e de son p\u00e8re, Hafez al-Assad, qui a dirig\u00e9 le pays d&rsquo;une main de fer pendant trois d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Mohammad Bassiki, cofondateur de Syrian Investigative Reporters for Accountability Journalism (SIRAJ), explique qu&rsquo;il n&rsquo;est pas arriv\u00e9 en Syrie avec une id\u00e9e d&rsquo;enqu\u00eate pr\u00e9cise. En fait, plusieurs enqu\u00eates sur lesquelles son \u00e9quipe travaillait ont \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es en raison de l&rsquo;\u00e9volution de la situation en Syrie, mais la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 a ouvert la voie \u00e0 d&rsquo;autres types d&rsquo;enqu\u00eates. \u00ab Le fait d&rsquo;\u00eatre sur le terrain m&rsquo;a donn\u00e9 un \u00e9norme avantage par rapport \u00e0 un journaliste travaillant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger &#8211; parfois sous des pseudonymes &#8211; qui doit suivre un long processus pour prot\u00e9ger ses sources. J&rsquo;ai pu d\u00e9terrer moi-m\u00eame des informations dans les piles au lieu de chercher des sources ouvertes \u00bb, explique Mohammad Bassiki.<\/p>\n<div id=\"attachment_2178537\" style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2178537\" class=\"wp-image-2178537 size-large\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-771x433.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-771x433.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-336x189.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-768x432.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-1536x863.jpg 1536w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2557604127-2048x1151.jpg 2048w\" alt=\"\" width=\"771\" height=\"433\" aria-describedby=\"caption-attachment-2178438\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2178537\" class=\"wp-caption-text\">Des Syriens explorent le palais pr\u00e9sidentiel abandonn\u00e9 \u00e0 Damas, le 9 d\u00e9cembre 2024. Image : Shutterstock, Mohammad Bash<\/p><\/div>\n<h4><strong>Le d\u00e9fi de la pr\u00e9servation des documents et des sites <\/strong><\/h4>\n<p>Malheureusement, en raison de l&rsquo;absence de contr\u00f4les de s\u00e9curit\u00e9, certaines personnes ont manipul\u00e9 les documents de mani\u00e8re imprudente. Des journalistes d&rsquo;une grande cha\u00eene d&rsquo;information arabe ont pris les documents, les ont film\u00e9s, puis les ont abandonn\u00e9s dans la cour de l&rsquo;une des antennes de s\u00e9curit\u00e9, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 tremp\u00e9s par la pluie la nuit suivante. Un groupe de volontaires a aussi repeint les murs des cellules souterraines d&rsquo;une autre branche, murs qui contenaient les souvenirs de d\u00e9tenus disparus.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;incident le plus d\u00e9cevant concerne un journaliste accompagnant une \u00e9quipe de presse internationale qui a vol\u00e9 plusieurs disques durs dans une autre installation de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<aside>J&rsquo;ai trouv\u00e9 des milliers de cartes d&rsquo;identit\u00e9, de rapports m\u00e9dicaux et de photographies de d\u00e9tenus au Centre de preuves m\u00e9dico-l\u00e9gales. La plupart des certificats de d\u00e9c\u00e8s mentionnaient une \u00ab crise cardiaque \u00bb ou un \u00ab accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral \u00bb comme cause de la mort, malgr\u00e9 les horribles traces de torture sur les corps.<\/aside>\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s illimit\u00e9 \u00e0 ces sites hautement confidentiels a cr\u00e9\u00e9 ce que l&rsquo;on pourrait qualifier de \u00ab\u00a0tourisme de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb, permettant \u00e0 des personnes non form\u00e9es de p\u00e9n\u00e9trer dans ces lieux et de r\u00e9p\u00e9ter de tels incidents. Cependant, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ces sites n\u00e9cessite bien plus de pr\u00e9cautions que la simple prise de photos. Selon le R\u00e9seau syrien pour les droits de l&rsquo;homme (SNHR), bas\u00e9 \u00e0 Londres, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/snhr.org\/blog\/2024\/12\/28\/opening-detention-centers-has-revealed-the-still-going-humanitarian-catastrophe-over-112414-individuals-are-still-forcibly-disappeared-at-the-hands-of-the-assad-regime\/\">plus de 100 000 personnes ont disparu dans les prisons d&rsquo;Assad<\/a>. Leur d\u00e9c\u00e8s n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 officiellement enregistr\u00e9 et elles n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9es lorsque les prisons ont \u00e9t\u00e9 ouvertes lors de la chute d&rsquo;Assad.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une occasion historique de faire la lumi\u00e8re sur le sort de milliers de personnes disparues dans les prisons d&rsquo;Assad. Le monde savait depuis longtemps que le quartier g\u00e9n\u00e9ral de la police militaire de Damas \u00e9tait la plaque tournante \u00e0 partir de laquelle les corps des victimes tortur\u00e9es \u00e9taient secr\u00e8tement enlev\u00e9s, apr\u00e8s que le colonel Farid al-Madhhan, transfuge militaire connu pendant des ann\u00e9es sous le nom de \u00ab C\u00e9sar \u00bb, a fui la Syrie en 2013 tout <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2015\/12\/16\/syria-stories-behind-photos-killed-detainees\">en divulguant des milliers de photos de victimes de tortures<\/a>.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas manqu\u00e9 l&rsquo;occasion de me rendre au si\u00e8ge de la police. Les soldats en fuite avaient laiss\u00e9 derri\u00e8re eux certains de leurs uniformes militaires et m\u00eame des armes personnelles. Le portrait d&rsquo;Assad \u00e9tant rest\u00e9 intact, j&rsquo;ai demand\u00e9 en plaisantant aux gardes \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e pourquoi il avait surv\u00e9cu (ils ont ri). (\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur, j&rsquo;ai trouv\u00e9 des milliers de cartes d&rsquo;identit\u00e9, de rapports m\u00e9dicaux et de photographies de d\u00e9tenus au Centre de preuves m\u00e9dico-l\u00e9gales. La plupart des certificats de d\u00e9c\u00e8s mentionnaient une \u00ab crise cardiaque \u00bb ou un \u00ab accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral \u00bb comme cause de la mort, malgr\u00e9 les horribles traces de torture sur les corps. Le d\u00e9tail le plus douloureux est que ces victimes n&rsquo;ont pas de nom dans ces rapports &#8211; seulement des num\u00e9ros \u00e0 cinq chiffres, r\u00e9duisant des vies et des histoires enti\u00e8res \u00e0 de simples chiffres.<\/p>\n<div id=\"attachment_2178461\" style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2178461\" class=\"wp-image-2178461 size-large\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-771x514.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-771x514.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-336x224.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-768x512.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/shutterstock_2565182047-2048x1365.jpg 2048w\" alt=\"\" width=\"771\" height=\"514\" aria-describedby=\"caption-attachment-2178438\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2178461\" class=\"wp-caption-text\">La prison de Saidnaya, au nord de Damas, o\u00f9 des milliers de Syriens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus et tortur\u00e9s, photographi\u00e9e le 12 d\u00e9cembre 2024. Image : Shutterstock, Mohammad Bash<\/p><\/div>\n<p>La raison pour laquelle il existe une documentation aussi d\u00e9taill\u00e9e sur ces crimes n&rsquo;est pas claire, mais d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, cela complique le travail des journalistes d&rsquo;investigation et des chercheurs. Une approche pour d\u00e9couvrir l&rsquo;identit\u00e9 des victimes consiste \u00e0 croiser les reportages sur le terrain avec des enqu\u00eates en sources ouvertes. Nous avions les documents, mais nous devions aussi parler avec les familles et les communaut\u00e9s locales dans les zones fr\u00e9quemment mentionn\u00e9es dans les dossiers &#8211; des lieux connus pour des massacres document\u00e9s, comme le quartier de Tadamun dans le sud de Damas,<\/p>\n<p>. En outre, l&rsquo;imagerie satellitaire pourrait aider \u00e0 identifier des anomalies dans le paysage qui pourraient indiquer des fosses communes.<\/p>\n<p>Toutefois, ce travail ne peut \u00eatre men\u00e9 \u00e0 bien sans une certaine coop\u00e9ration de la part du gouvernement. Les journalistes ne sont pas des juges ou des procureurs ; une fois qu&rsquo;ils ont trouv\u00e9 des histoires ou d\u00e9couvert des preuves, le gouvernement, le syst\u00e8me judiciaire, les scientifiques et d&rsquo;autres acteurs doivent faire leur part pour faire avancer le processus. L&rsquo;administration actuelle n&rsquo;a pas encore manifest\u00e9 la volont\u00e9 d&rsquo;apporter ce type de soutien. Tadamun, par exemple, est une mer de d\u00e9combres o\u00f9 des milliers d&rsquo;ossements humains sont \u00e9parpill\u00e9s. Des taches de sang et de la mati\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale marquent encore les murs restants \u00e0 la suite d&rsquo;ex\u00e9cutions sur le terrain. Notre enqu\u00eate pourrait permettre d&rsquo;identifier le nombre de victimes, les auteurs et certaines identit\u00e9s, mais elle resterait incompl\u00e8te sans une analyse m\u00e9dico-l\u00e9gale syst\u00e9matique de l&rsquo;ADN, qui risque actuellement d&rsquo;\u00eatre alt\u00e9r\u00e9e par les passants, bien que la zone soit situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;est de la ville de Tadamun, dans le nord de l&rsquo;Inde.<\/p>\n<p>Les hommes d&rsquo;Assad ont travaill\u00e9 sans rel\u00e2che pour cacher ou d\u00e9truire les preuves &#8211; comme les milliers de papiers d\u00e9chiquet\u00e9s que j&rsquo;ai trouv\u00e9s devant le bureau du chef des renseignements g\u00e9n\u00e9raux ou les archives r\u00e9duites en cendres, tombant en poussi\u00e8re \u00e0 la moindre brise. Mais ils ne pouvaient pas effacer le pays lui-m\u00eame, qui t\u00e9moignait de leurs atrocit\u00e9s \u00e0 chaque coin de rue.<\/p>\n<p>Nasreddine explique qu&rsquo;apr\u00e8s son retour de Syrie au Liban, elle a d\u00fb prendre un temps de repos avant de travailler sur les documents qu&rsquo;ils ont scann\u00e9s : \u00ab Nous savions tous \u00e0 quel point le r\u00e9gime \u00e9tait notoire, mais il est beaucoup plus lourd de voir par soi-m\u00eame ce qui se passait et d&rsquo;entendre directement les survivants&#8230; Cela d\u00e9passe l&rsquo;imagination. \u00bb<\/p>\n<h4>La chute du \u00ab\u00a0mur g\u00e9ant\u00a0\u00bb<\/h4>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;abondance d&rsquo;informations provenant des quartiers g\u00e9n\u00e9raux administratifs et militaires dans les premi\u00e8res semaines qui ont suivi l&rsquo;effondrement du r\u00e9gime, parler \u00e0 des sources reste source de tension et de malaise, et ce pour deux raisons.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est la peur que les fameux services de s\u00e9curit\u00e9 ont depuis longtemps instill\u00e9e chez les Syriens \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de parler ou de divulguer des informations, quelle qu&rsquo;en soit la nature. Cela me rappelle l&rsquo;expression courante \u00ab les murs ont des oreilles \u00bb, qui fait r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9coutes omnipr\u00e9sentes des services de renseignement dans tous les aspects du pays. Cela a conduit l&rsquo;une de mes sources, bien qu&rsquo;elle connaisse de nombreux d\u00e9tails utiles, \u00e0 parler en termes g\u00e9n\u00e9raux sans mentionner de noms sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<aside>\u00ab Il n&rsquo;y a pas encore de restrictions directes de la libert\u00e9 de la presse par les nouvelles autorit\u00e9s, mais nous [les journalistes] ne leur permettrons pas de reprendre ce chemin apr\u00e8s le prix que nous avons pay\u00e9 pour gagner cet \u00e9lan \u00bb. &#8211; <strong>Mohammed Bassiki, cofondateur de SIRAJ<\/strong><\/aside>\n<p>La deuxi\u00e8me raison est <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.syria.tv\/%D9%88%D8%B2%D8%A7%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D8%B9%D9%84%D8%A7%D9%85-%D8%AA%D8%AD%D8%B8%D8%B1-%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D8%B6%D8%A7%D9%81%D8%A9-%D8%B1%D9%85%D9%88%D8%B2-%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%B8%D8%A7%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%A7%D8%A8%D9%82-%D9%88%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AE%D8%A7%D9%84%D9%81%D9%88%D9%86-%D8%AA%D8%AD%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D8%A7%D8%A1%D9%84%D8%A9\">une loi adopt\u00e9e par la nouvelle administration<\/a> qui rend ill\u00e9gal le fait de parler \u00e0 des \u00ab figures de l&rsquo;ancien r\u00e9gime \u00bb, sans pr\u00e9ciser qui pourrait faire partie de ce groupe. Cela a conduit de nombreux journalistes \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 deux fois avant d&rsquo;entrer en contact. J&rsquo;ai lutt\u00e9 pour convaincre un ancien ministre de s&rsquo;asseoir dans un lieu public et de parler d&rsquo;un sujet li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;espionnage, mais il s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 moi avec une casquette et des lunettes de soleil, puis a mis fin \u00e0 la conversation et est parti moins d&rsquo;une demi-heure plus tard sans fournir la moindre information.<\/p>\n<p>La chute du \u00ab mur g\u00e9ant \u00bb que le r\u00e9gime avait \u00e9rig\u00e9 autour du journalisme de surveillance donne \u00e0 Mohammed Bassiki, cofondateur du SIRAJ, l&rsquo;espoir que la Syrie puisse passer d&rsquo;un \u00c9tat totalitaire hostile \u00e0 la presse \u00e0 un pays libre et d\u00e9mocratique &#8211; et que le journalisme joue un r\u00f4le crucial dans cette nouvelle phase de l&rsquo;histoire de la nation en contribuant \u00e0 une plus grande transparence, en aidant \u00e0 la mise en place d&rsquo;une justice transitionnelle et en promouvant la libert\u00e9 de l&rsquo;information.<\/p>\n<p>\u00ab Tout cela n&rsquo;\u00e9tait pas possible avant la chute de ce r\u00e9gime totalitaire, et c&rsquo;est une ambition que je partage avec des centaines d&rsquo;autres journalistes \u00bb, d\u00e9clare Mohammed Bassiki.<\/p>\n<p>Bien que la nouvelle administration montre encore une certaine appr\u00e9hension \u00e0 coop\u00e9rer avec les journalistes, notre devoir, en tant que journalistes d&rsquo;investigation et observateurs, est de saisir ce moment pour chercher des r\u00e9ponses apr\u00e8s des ann\u00e9es de questions.<\/p>\n<p>\u00ab Il n&rsquo;y a pas encore de restrictions directes de la libert\u00e9 de la presse par les nouvelles autorit\u00e9s, mais nous [les journalistes] ne les laisserons pas reprendre ce chemin apr\u00e8s le prix que nous avons pay\u00e9 pour gagner cet \u00e9lan \u00bb, estime Mohammed Bassiki.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;en souviens souvent lorsque j&rsquo;ai interrog\u00e9 un nouveau responsable des m\u00e9dias d&rsquo;\u00c9tat sur les hommes d&rsquo;affaires li\u00e9s \u00e0 Assad qui envisageaient d\u00e9sormais de coop\u00e9rer avec les nouveaux dirigeants. Il m&rsquo;a r\u00e9pondu : \u00ab Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un m\u00e9dia a \u00e0 voir avec ces noms ?<\/p>\n<p>Nous n&rsquo;avons rien \u00e0 voir avec eux.<\/p>\n<p><em>Traduit par Alcyone Wemaere, avec l&rsquo;aide de Deepl.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><b><\/b><strong><em><b><a href=\"https:\/\/gijn.org\/staff-member\/feras-dalatey\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2178574 size-thumbnail image--small\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Screenshot-2025-04-08-at-17.23.32-140x140.png\" sizes=\"auto, (max-width: 140px) 100vw, 140px\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Screenshot-2025-04-08-at-17.23.32-140x140.png 140w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Screenshot-2025-04-08-at-17.23.32.png 298w\" alt=\"\" width=\"140\" height=\"140\" \/><\/a><\/b><\/em><\/strong><em><a href=\"https:\/\/gijn.org\/staff-member\/feras-dalatey\/\"><strong>Feras Dalatey <\/strong><\/a>is GIJN\u2019s associate Arabic editor. He is a Syrian investigative journalist based in Dubai, focusing on OSINT reporting and digital investigations. He is also a long-form analyst and columnist writing about regional politics, media monitoring, internet culture, and intersections of technology with policy-making, especially in the Arab region. His work has appeared in Daraj Media, Al-Jumhuriya, Alpheratz Magazine (New Lines Arabic Edition), Ultra Sawt, Misbar, and others.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Feras Dalatey d\u00e9crit l\u2019exp\u00e9rience surr\u00e9aliste de son travail de journaliste dans son pays d\u2019origine, la Syrie, quelques jours apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime d\u2019Assad, et les d\u00e9fis qui attendent les journalistes d\u2019investigation syriens.<\/p>\n","protected":false},"author":3031173,"featured_media":2185208,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"republication-tracker-tool-hide-widget":false,"footnotes":"","_tec_slr_enabled":"","_tec_slr_layout":""},"categories":[23098],"tags":[25832,25830,25831],"gijn_topic":[18641],"series":[],"gijn_language":[],"gijn_region":[],"class_list":["post-2182935","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoires","tag-al-assad-fr","tag-mena-fr","tag-syrie-fr","gijn_topic-nouvelles-et-analyses"],"acf":[],"ticketed":false,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2182935","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3031173"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2182935"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2182935\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2185232,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2182935\/revisions\/2185232"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2185208"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2182935"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2182935"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2182935"},{"taxonomy":"gijn_topic","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_topic?post=2182935"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=2182935"},{"taxonomy":"gijn_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_language?post=2182935"},{"taxonomy":"gijn_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_region?post=2182935"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}