{"id":1656290,"date":"2024-07-26T06:11:01","date_gmt":"2024-07-26T10:11:01","guid":{"rendered":"https:\/\/gijn.org\/?p=1656290"},"modified":"2025-07-07T08:32:34","modified_gmt":"2025-07-07T12:32:34","slug":"guide-enqueter-crimes-guerre-genocide-crimes-humanite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-enqueter-crimes-guerre-genocide-crimes-humanite\/","title":{"rendered":"Guide pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre : g\u00e9nocide et crimes contre l\u2019humanit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Comment enqu\u00eater sur un g\u00e9nocide et des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 ? Deux journalistes prim\u00e9s ayant couvert des guerres donnent, dans ce nouveau chapitre du <a href=\"https:\/\/gijn.org\/resource\/gijn-reporters-guide-investigating-war-crimes\/\">Guide pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre de GIJN<\/a>, leurs conseils pour faire un travail d&rsquo;investigation que ce soit dans les jours qui suivent ou des ann\u00e9es plus tard.\u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n<p><i>Note de la r\u00e9daction : cette partie est extraite du Guide de GIJN pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre. Elle contient des d\u00e9tails sur la guerre et autres atrocit\u00e9s qui peuvent heurter. <\/i><i>\u00c0<\/i><i> la fin de ce chapitre, vous trouverez aussi l\u2019<\/i><i>interview de <\/i><i>la journaliste <\/i><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/twitter.com\/omarruth9\"><i>Sheila Kawamara Mishambi<\/i><\/a><i>, qui a couvert le g\u00e9nocide au Rwanda, r\u00e9alis\u00e9e par Olivier Holmey.<\/i><\/p>\n<p>Je me souviens encore de la premi\u00e8re fois que j\u2019ai vu une personne accus\u00e9e de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 admettre sa culpabilit\u00e9 devant un tribunal. J\u2019\u00e9tais journaliste depuis quelques ann\u00e9es, et j\u2019avais couvert des proc\u00e8s au <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icty.org\/\">Tribunal p\u00e9nal international pour l\u2019ex-Yougoslavie<\/a>, qui se tenait sous l\u2019\u00e9gide des Nations unies, \u00e0 La Haye, et \u00e0 la<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/sudbih.gov.ba\/\"> Chambre charg\u00e9e de juger les crimes de guerre en Bosnie<\/a>. Mais, cette fois-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>L\u2019attitude de <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/sudbih.gov.ba\/Court\/Case\/127\">Vaso Todorovic<\/a> me rappelait beaucoup celle des autres accus\u00e9s que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9s : il \u00e9tait vo\u00fbt\u00e9 sur son si\u00e8ge, les yeux riv\u00e9s au sol, n\u2019\u00e9changeant que rarement des regards avec les personnes qui \u00e9taient dans la salle d\u2019audience, sursautant quand les greffiers ou les juges pronon\u00e7aient son nom. Mais, une fois que les chefs d\u2019accusation retenus contre lui ont \u00e9t\u00e9 lus, l\u2019accusation et la d\u00e9fense ont expliqu\u00e9 que l\u2019ancien policier \u2014 l\u2019une des premi\u00e8res personnes, en Bosnie, \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9es du meurtre de musulmans bosniaques \u00e0 Srebrenica en juillet 1995 \u2014 \u00e9tait dispos\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre sa culpabilit\u00e9.<\/p>\n<aside>Il existe diff\u00e9rents types d\u2019enqu\u00eates sur les g\u00e9nocides et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Certaines ont lieu dans les jours qui suivent une atrocit\u00e9, et elles permettent de faire toute la lumi\u00e8re sur les crimes peu apr\u00e8s qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 commis, tandis que d\u2019autres ne sont publi\u00e9es que des ann\u00e9es plus tard.\u00a0<\/aside>\n<p>La d\u00e9fense a avanc\u00e9 deux arguments pour que <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/sudbih.gov.ba\/Court\/Case\/127\">Todorovic<\/a><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/detektor.ba\/2008\/09\/17\/vaso-todorovic-changed-crime-qualification\/?lang=en\"> ne soit condamn\u00e9 qu\u2019\u00e0 la peine minimum de cinq ans<\/a>. Le premier \u00e9tait qu\u2019il avait donn\u00e9 son accord pour t\u00e9moigner dans chaque affaire de g\u00e9nocide en Bosnie-Herz\u00e9govine et pour confirmer <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/balkaninsight.com\/2008\/10\/22\/srebrenica-indictee-in-guilty-plea-deal\/\">que la consigne avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, de mani\u00e8re tr\u00e8s claire<\/a>, de ne laisser personne en vie \u00e0 Srebrenica, pr\u00e8s de deux semaines avant le d\u00e9but de l\u2019attaque proprement dite. C\u2019\u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 pour prouver le caract\u00e8re syst\u00e9matique du crime de g\u00e9nocide lors des proc\u00e9dures contre d\u2019autres suspects.<\/p>\n<p>Le second argument reposait sur le fait que Todorovic lui-m\u00eame ne semblait pas avoir eu d\u2019intentions g\u00e9nocidaires \u00e0 Srebrenica, mais qu\u2019il avait plut\u00f4t particip\u00e9 \u00e0 une attaque g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e ou syst\u00e9matique lors de laquelle plus de 1 200 hommes et adolescents avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Quand le procureur a amend\u00e9 le chef d\u2019accusation contre Todorovic \u2014 qui n\u2019\u00e9tait plus de complicit\u00e9 de g\u00e9nocide mais, d\u00e9sormais, de responsabilit\u00e9 de crimes contre l\u2019humanit\u00e9, un chef d\u2019inculpation moins grave \u2014 il a alors plaid\u00e9 coupable.<\/p>\n<p>Le bilan final du massacre de Srebrenica, qui a \u00e9t\u00e9 commis par des militaires et des policiers bosno-serbes, s\u2019est mont\u00e9 \u00e0 plus de <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icty.org\/x\/file\/Outreach\/view_from_hague\/jit_srebrenica_en.pdf\">7 000 hommes<\/a>, tandis qu\u2019environ 40 000 femmes, enfants et personnes \u00e2g\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s de chez eux. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/balkaninsight.com\/2023\/07\/10\/bosnia-issues-just-one-srebrenica-indictment-in-a-year\/\">Une cinquantaine de personnes<\/a> ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es coupables \u00e0 La Haye et dans les capitales des pays des Balkans occidentaux \u2014 Sarajevo, Belgrade et Zagreb \u2014 pour ces crimes, la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 l\u2019ayant \u00e9t\u00e9 pour les deux types de crimes les plus \u00ab\u00a0organis\u00e9s\u00a0\u00bb au regard du droit p\u00e9nal international\u00a0:\u00a0le crime de g\u00e9nocide et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<h4>Crimes de guerre<\/h4>\n<p>Le g\u00e9nocide a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 en crime juste apr\u00e8s la Seconde guerre mondiale par une convention de l\u2019ONU adopt\u00e9e \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 par <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.un.org\/en\/genocideprevention\/documents\/atrocity-crimes\/Doc.1_Convention%20on%20the%20Prevention%20and%20Punishment%20of%20the%20Crime%20of%20Genocide.pdf\">l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies en 1948<\/a>. Ce crime, le plus abominable qui soit, en temps de guerre comme en temps de paix, est aussi le plus difficile \u00e0 prouver. En effet, pour qu\u2019il y ait g\u00e9nocide, il faut d\u00e9montrer une \u00ab\u00a0intention de d\u00e9truire, ou tout, ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux \u00bb et que cette \u00e9limination ait eu lieu en tuant, en commettant des abus, en infligeant des conditions de vie insupportables, en emp\u00eachant les naissances ou en proc\u00e9dant \u00e0 des transferts forc\u00e9s d\u2019enfants.<\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.un.org\/en\/genocideprevention\/crimes-against-humanity.shtml\">Les crimes contre l\u2019humanit\u00e9<\/a> peuvent \u00eatre commis en temps de paix, mais ils sont plus fr\u00e9quemment observ\u00e9s en temps de guerre. Pour qu\u2019il y ait crime contre l\u2019humanit\u00e9, les crimes majeurs comme les massacres, la torture, les abus et les violences sexuelles, entre autres, doivent avoir \u00e9t\u00e9 commis dans le cadre d\u2019une attaque g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e ou syst\u00e9matique contre des civils. Il faut aussi que les auteurs de ces crimes soient conscients qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une attaque de plus grande envergure, et que leurs actes y contribuent d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre.<\/p>\n<aside>Les proc\u00e8s pour g\u00e9nocide et pour crimes contre l\u2019humanit\u00e9 s\u2019inscrivent dans la dur\u00e9e. Aujourd\u2019hui encore, plusieurs d\u00e9cennies apr\u00e8s Srebrenica, certaines affaires li\u00e9es au g\u00e9nocide sont toujours en cours.\u00a0<\/aside>\n<p>C\u2019est dans le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icc-cpi.int\/sites\/default\/files\/RS-Eng.pdf\">Statut de Rome <\/a>de 1998 que le crime de g\u00e9nocide et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9 sont le plus clairement d\u00e9finis en termes juridiques. Il s\u2019agit du trait\u00e9 fondateur de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI), et l\u2019on retrouve aussi ces deux notions dans les <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/en\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ior530042011en.pdf\">codes p\u00e9naux de nombreux pays<\/a>. Beaucoup d\u2019\u00c9tats ont, depuis, l\u00e9gif\u00e9r\u00e9 en mati\u00e8re de crime de g\u00e9nocide, m\u00eame si tous n\u2019utilisent pas la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.un.org\/en\/genocideprevention\/documents\/Genocide%20Convention-FactSheet-ENG.pdf\">d\u00e9finition de l\u2019ONU<\/a>. Les crimes contre l\u2019humanit\u00e9 sont eux aussi passibles de peines, en vertu de nombreuses l\u00e9gislations nationales, en particulier dans les \u00c9tats qui ont ratifi\u00e9 le Statut de Rome de la CPI.<\/p>\n<p>Comme les d\u00e9finitions l\u2019indiquent clairement, le crime de g\u00e9nocide et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9 pr\u00e9sentent un caract\u00e8re syst\u00e9matique et, par cons\u00e9quent, il ne suffit pas de prouver que certains actes ont \u00e9t\u00e9 commis. Ces deux types de crimes doivent faire partie d\u2019un tout, souvent \u00e0 grande \u00e9chelle, et cela implique aussi de prouver que leurs auteurs avaient l\u2019intention de commettre ces actes, ou savaient qu\u2019ils allaient \u00eatre commis. Dans le cas d\u2019un g\u00e9nocide, par exemple, il faut d\u00e9montrer que les auteurs avaient connaissance de l\u2019existence d\u2019un plan ou d\u2019une politique explicite ou implicite. M\u00eame si plusieurs personnes t\u00e9moignent de la brutalit\u00e9 de certains actes, cela ne peut pas constituer une preuve suffisante de g\u00e9nocide ou de crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Les journalistes et les enqu\u00eateurs doivent aussi recueillir des \u00e9l\u00e9ments de preuve aupr\u00e8s des rescap\u00e9s et des victimes. Une telle d\u00e9marche est cruciale pour deux raisons.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, comme, le plus souvent, ce sont les forces arm\u00e9es qui commettent un g\u00e9nocide ou des crimes contre l\u2019humanit\u00e9, ces unit\u00e9s et leurs responsables ne laissent que rarement derri\u00e8re eux des documents r\u00e9v\u00e9lateurs de leurs intentions. En fait, la preuve que des crimes ont \u00e9t\u00e9 commis est souvent fournie par les t\u00e9moignages de plusieurs personnes qui peuvent d\u00e9montrer qu\u2019il existait un plan ou une politique implicite ou explicite. Ensuite, les t\u00e9moignages de nombreux rescap\u00e9s peuvent mettre en \u00e9vidence certaines r\u00e9currences en terme de modes op\u00e9ratoires ou de chronologies, qui peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9latrices de crimes commis de fa\u00e7on syst\u00e9matique contre un groupe de personnes particulier.<\/p>\n<p>Les journalistes et autres enqu\u00eateurs devraient toujours :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\">Prendre le temps de s\u2019entretenir avec les rescap\u00e9s et avec les personnes qui se trouvaient \u00e0 proximit\u00e9 du lieu du crime, ou qui ont \u00e9t\u00e9 les premi\u00e8res \u00e0 arriver sur place.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\">Recueillir des t\u00e9moignages pour v\u00e9rifier si les diff\u00e9rents r\u00e9cits sont concordants. Ce principe est particuli\u00e8rement important si vous enqu\u00eatez sur des crimes qui ont \u00e9t\u00e9 commis il y a longtemps, mais il est aussi pertinent pour les reportages effectu\u00e9s en temps r\u00e9el.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\">Essayer de trouver des organisations de soutien aux victimes et aux rescap\u00e9s pour pouvoir rencontrer le plus de t\u00e9moins possible.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\">Faire attention aux termes employ\u00e9s. Quand les journalistes r\u00e9alisent des reportages sur des actes qui peuvent constituer des crimes de guerre, mais qui n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s comme tels, ils doivent parler de crimes de guerre \u00ab pr\u00e9sum\u00e9s \u00bb ou \u00ab \u00e9ventuels \u00bb. (Pour en savoir plus, reportez-vous au <a href=\"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-enqueter-crimes-de-guerre-legal-loi-droit-international-distinction-proportionnalite-journalisme\/\">chapitre \u00ab\u00a0Ce qui est l\u00e9gal dans le cadre d&rsquo;une guerre\u00a0\u00bb<\/a>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Interviewer des personnes traumatis\u00e9es est un exercice difficile, qui ne doit en aucun cas \u00eatre sous-estim\u00e9. Les journalistes doivent \u00eatre conscients qu\u2019\u00e9voquer un \u00e9v\u00e9nement traumatisant peut avoir des cons\u00e9quences psychologiques pour la personne interrog\u00e9e. Mais \u00e9couter de tels r\u00e9cits peut aussi affecter les journalistes eux-m\u00eames. Le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/dartcenter.org\/topic\/interviewing\">Dart Center for Journalism and Trauma<\/a> (Centre Dart pour le journalisme et le trauma) et <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.zerotolerance.org.uk\/interviewing-victim-survivors\/\">Zero Tolerance<\/a> (Tol\u00e9rance z\u00e9ro) proposent des ressources utiles pour aider les journalistes \u00e0 se pr\u00e9parer, mais il y a aussi un certain nombre de pratiques importantes que les journalistes peuvent adopter: interviewez la victime dans un endroit o\u00f9 elle se sentira en s\u00e9curit\u00e9\u00a0; expliquez-lui les raisons de l\u2019interview ; soyez attentif aux \u00e9motions exprim\u00e9es par la personne que vous interrogez et, au besoin, interrompez l\u2019interview ; ne lui posez aucune question qui pourrait lui donner l\u2019impression de subir un interrogatoire ; et veillez \u00e0 ce que la personne ait le sentiment de ma\u00eetriser la situation.<\/p>\n<p>Il existe un grand nombre d\u2019organisations non gouvernementales (ONG), nationales et internationales, et d\u2019organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui travaillent avec les rescap\u00e9s, les victimes et les t\u00e9moins. Lisez leurs rapports, demandez-leur de vous faire part de leurs constatations, et recueillez des informations. Les ONG suivantes et autres associations de ce genre peuvent constituer des ressources utiles : <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/trialinternational.org\/\">TRIAL International<\/a>, la<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/twitter.com\/CIJAOnline\"> Commission for International Justice and Accountability<\/a> (Commission pour la justice internationale et l\u2019obligation de rendre des comptes) et la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/cfj.org\/the-docket-projects\/ukraine-investigating-war-crimes-during-conflict\/\">Clooney Foundation for Justice<\/a> (Fondation Clooney pour la justice).<\/p>\n<div id=\"attachment_1656341\" style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Chapter_7_Haviv_VII-Photo_05-771x514-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1656341\" class=\"wp-image-1656341 size-full\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Chapter_7_Haviv_VII-Photo_05-771x514-1.jpg\" alt=\"\" width=\"771\" height=\"514\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Chapter_7_Haviv_VII-Photo_05-771x514-1.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Chapter_7_Haviv_VII-Photo_05-771x514-1-336x224.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Chapter_7_Haviv_VII-Photo_05-771x514-1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1656341\" class=\"wp-caption-text\">Rang\u00e9es de cr\u00e2nes au Centre comm\u00e9moratif du g\u00e9nocide de Murambi, au Rwanda, en 2009. Le centre, \u00e9tabli dans un ancien lyc\u00e9e technique, a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre du massacre de plus de 45 000 personnes qui y avaient trouv\u00e9 refuge au cours des combats interethniques entre Hutu et Tutsi en 1994.<\/p><\/div>\n<p>Les journalistes doivent se familiariser avec les organisations internationales qui r\u00e9pertorient les abus commis contre les droits humains en temps de guerre, comme <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/en\/\">Amnesty International<\/a>, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hrw.org\/\">Human Rights Watch<\/a> et les agences de l\u2019ONU comme le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.un.org\/en\/genocideprevention\/special-adviser-prevention-genocide.shtml\">Bureau de la pr\u00e9vention du g\u00e9nocide<\/a>, qui publie des rapports sur la pr\u00e9vention du g\u00e9nocide et des actes abominables \u00e0 caract\u00e8re syst\u00e9matique, ainsi que le bureau du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/en\/ohchr_homepage\">Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l\u2019Homme<\/a>. Il est \u00e9galement important d\u2019\u00eatre en contact avec les institutions internationales qui jouent un r\u00f4le crucial en recueillant des \u00e9l\u00e9ments de preuve, comme la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icmp.int\/\">Commission internationale pour les personnes disparues<\/a>. Ces organisations disposent sur le terrain d\u2019enqu\u00eateurs dont les t\u00e9moignages peuvent contribuer \u00e0 \u00e9laborer des reportages. En outre, leurs rapports sont utiles, dans la mesure o\u00f9 ils peuvent vous aider \u00e0 d\u00e9montrer, le cas \u00e9ch\u00e9ant, le caract\u00e8re syst\u00e9matique des crimes commis.<\/p>\n<p>L\u2019un des meilleurs conseils que l\u2019on puisse vous donner, pour faire des reportages sur les g\u00e9nocides et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9, c\u2019est de bien conna\u00eetre le droit international humanitaire, le droit relatif \u00e0 la guerre et le droit p\u00e9nal international, qui est le droit relatif \u00e0 la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale individuelle pour les crimes internationaux les plus graves.<\/p>\n<aside>Interviewer des personnes traumatis\u00e9es est un exercice difficile, qui ne doit en aucun cas \u00eatre sous-estim\u00e9. Les journalistes doivent \u00eatre conscients qu\u2019\u00e9voquer un \u00e9v\u00e9nement traumatisant peut avoir des cons\u00e9quences psychologiques pour la personne interrog\u00e9e.<\/aside>\n<p>Il est tr\u00e8s important de bien prendre en compte ces aspects si l\u2019on veut \u00eatre pr\u00e9cis quand on \u00e9voque des crimes \u00e0 caract\u00e8re syst\u00e9matique qui peuvent, potentiellement, \u00eatre class\u00e9s comme relevant d\u2019un g\u00e9nocide ou de crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Mais aussi parce que les proc\u00e8s eux-m\u00eames sont l\u2019occasion de recueillir des \u00e9l\u00e9ments de preuve, d\u2019\u00e9tablir des liens entre les sites o\u00f9 des crimes ont \u00e9t\u00e9 commis et leurs auteurs et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de comprendre dans quels contextes certains \u00e9v\u00e9nements conduisent \u00e0 des crimes.<\/p>\n<p>Des poursuites peuvent \u00eatre engag\u00e9es contre des personnes pour g\u00e9nocide et pour crimes contre l\u2019humanit\u00e9 devant la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icc-cpi.int\/\">Cour p\u00e9nale internationale<\/a>, mais cette instance juridique ne peut exercer sa comp\u00e9tence que dans certains cas, et dans les seuls pays signataires du Statut de Rome. Bien qu\u2019un grand nombre de pays (notamment la Chine, Isra\u00ebl et les \u00c9tats-Unis) ne l\u2019aient pas sign\u00e9, la CPI est active et elle dispose d\u2019un important <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icc-cpi.int\/resource-library\">service de ressources<\/a> qui permet aux journalistes de s\u2019informer sur la justice internationale. La Cour internationale de justice est quant \u00e0 elle une juridiction distincte, qui ne traite que les affaires concernant la responsabilit\u00e9 des \u00c9tats. Elle peut juger les \u00c9tats (et non les personnes) responsables de violations du droit international, notamment pour g\u00e9nocide, mais pas pour des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 ou pour des crimes de guerre, ces crimes n\u2019engageant que la responsabilit\u00e9 individuelle de leurs auteurs.<\/p>\n<p>Les proc\u00e8s pour crimes internationaux \u2014 pour g\u00e9nocide et pour crimes contre l\u2019humanit\u00e9, mais aussi pour crimes de guerre, par exemple contre des civils et des prisonniers de guerre \u2014 sont souvent instruits par des tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s qui sont soit internationaux, soit hybrides (\u00e0 la fois nationaux et internationaux). C\u2019est le cas, entre autres, du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.irmct.org\/en\">M\u00e9canisme international appel\u00e9 \u00e0 exercer les fonctions r\u00e9siduelles des tribunaux p\u00e9naux<\/a>, des <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.scp-ks.org\/en\">Kosovo Specialist Chambers<\/a> (Chambres sp\u00e9ciales pour le Kosovo) et du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.stl-tsl.org\/en\">Tribunal sp\u00e9cial des Nations unies pour le Liban<\/a>. L\u2019Union europ\u00e9enne <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/ec.europa.eu\/commission\/presscorner\/detail\/en\/ip_22_7311\">a d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 qu\u2019un syst\u00e8me similaire <\/a>va \u00eatre mis en place pour juger les crimes de guerre pr\u00e9sum\u00e9s, comme le g\u00e9nocide et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9, commis en Ukraine en lien avec l\u2019invasion russe.<\/p>\n<p>Enfin, les proc\u00e9dures pour crimes internationaux en temps de guerre (notamment pour g\u00e9nocide et pour crimes contre l\u2019humanit\u00e9) sont le plus souvent initi\u00e9es au niveau local. Toutefois, en raison du principe de comp\u00e9tence universelle en mati\u00e8re de crimes internationaux, cela ne signifie pas que ces proc\u00e9dures se d\u00e9roulent uniquement dans les pays o\u00f9 les atrocit\u00e9s ont eu lieu. Par exemple, des dizaines de proc\u00e8s pour crimes contre l\u2019humanit\u00e9 sont actuellement instruits dans toute l\u2019Europe, pour des crimes commis en Syrie, en particulier en <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2022\/01\/19\/syria-german-trial-wartime-atrocities-opens\">Allemagne<\/a> et aux <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/75podcasts.org\/series\/1\/\">Pays-Bas<\/a>, o\u00f9 les accus\u00e9s ou les victimes r\u00e9sident maintenant.<\/p>\n<p>Les g\u00e9nocides et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9 \u00e9tant des crimes \u00e0 caract\u00e8re syst\u00e9matique et n\u00e9cessitant des connaissances juridiques particuli\u00e8res, les proc\u00e9dures qui se d\u00e9roulent devant les tribunaux repr\u00e9sentent une occasion unique pour avoir acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments de preuve, recueillir des t\u00e9moignages et comprendre la difficult\u00e9 d\u2019identifier un mode op\u00e9ratoire r\u00e9current d\u00e9montrant le caract\u00e8re syst\u00e9matique des crimes commis. Recueillir des \u00e9l\u00e9ments de preuve lors des proc\u00e8s de criminels de guerre, par exemple de responsables subalternes, peut y contribuer et, par cons\u00e9quent, prouver que les \u00e9chelons sup\u00e9rieurs peuvent \u00eatre tenus pour responsables de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 ou de g\u00e9nocide.<\/p>\n<p>Pour pouvoir recueillir le plus d\u2019informations possible pendant ces proc\u00e9dures, les journalistes doivent affiner leurs m\u00e9thodes et parfaire leurs connaissances des lois r\u00e9gissant ces proc\u00e9dures et ces tribunaux. Le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/iwpr.net\/global-voices\/print-publications\/reporting-justice-handbook-covering-war-crimes-courts\/english\">manuel du reportage<\/a> de l\u2019<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/iwpr.net\/\">Institute for War and Peace Reporting <\/a>(Institut pour les reportages sur la guerre et la paix) repr\u00e9sente une ressource pr\u00e9cieuse pour r\u00e9aliser des chroniques judiciaires performantes. Ce manuel propose des indications tr\u00e8s utiles sur la fa\u00e7on dont les tribunaux fonctionnent, ainsi qu\u2019un guide pratique pour couvrir les proc\u00e8s. Suivre les proc\u00e8s est la sp\u00e9cialit\u00e9 de certaines organisations. C\u2019est le cas, par exemple, du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.hlc-rdc.org\/?lang=de\">Humanitarian Law Center<\/a> (Centre de droit humanitaire) en Serbie, du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/balkaninsight.com\/balkan-transitional-justice-home\/\">Balkan Investigative Reporting Network<\/a> (R\u00e9seau de journalisme d\u2019investigation des Balkans) au Kosovo et en Bosnie-Herz\u00e9govine, ainsi que des <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.justiceinitiative.org\/\">organisations internationales sp\u00e9cialis\u00e9es<\/a> et des <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.asymmetricalhaircuts.com\/\">journalistes sp\u00e9cialistes des crimes internationaux<\/a>. Enfin, il existe des juristes sp\u00e9cialis\u00e9s en droit international humanitaire et en droit p\u00e9nal international, et certains, comme le juriste am\u00e9ricain Peter Robinson, publient <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/peterrobinson.com\/digests\/\">des r\u00e9sum\u00e9s des d\u00e9cisions de justice rendues r\u00e9cemment par des tribunaux internationaux<\/a>, qui peuvent se r\u00e9v\u00e9ler extr\u00eamement utiles.<\/p>\n<p>Dans les proc\u00e9dures concernant les crimes internationaux, les r\u00e9quisitoires et les verdicts sont publics, et c\u2019est aussi le cas de la plupart des audiences. Cela signifie que la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments de preuve seront aussi rendus publics, comme des ordres militaires ou des notes des services de renseignements, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement difficiles \u00e0 obtenir.<\/p>\n<p>Cependant, les journalistes doivent redoubler de vigilance quand ils r\u00e9alisent des reportages sur ces proc\u00e8s, et bien comprendre que certaines d\u00e9cisions de justice impliquent la confidentialit\u00e9, pour ne pas d\u00e9voiler d\u2019informations sur l\u2019identit\u00e9 des t\u00e9moins sous protection. Le Tribunal p\u00e9nal international pour l\u2019ex-Yougoslavie et d\u2019autres tribunaux nationaux et internationaux qui instruisent des affaires de g\u00e9nocide, de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 et de crimes de guerre, peuvent accuser certains journalistes d\u2019outrage \u00e0 magistrat pour avoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de telles informations.<\/p>\n<aside>Recueillir des \u00e9l\u00e9ments de preuve lors de proc\u00e8s de criminels de guerre, par exemple de responsables subalternes, peut contribuer \u00e0 prouver le caract\u00e8re syst\u00e9matique des crimes commis, et, par cons\u00e9quent, que les \u00e9chelons sup\u00e9rieurs peuvent \u00eatre tenus pour responsables de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 ou de g\u00e9nocide.<\/aside>\n<p>Enfin, quand on enqu\u00eate sur les g\u00e9nocides et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9, il est important de garder \u00e0 l\u2019esprit que le caract\u00e8re syst\u00e9matique de ces crimes est primordial et qu\u2019il convient de d\u00e9montrer des modes op\u00e9ratoires r\u00e9currents et sp\u00e9cifiques. Le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.refworld.org\/pdfid\/4ec105562.pdf\">manuel de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Essex intitul\u00e9 Reporting Killings as Human Rights Violations<\/a> (Qualifier des massacres, en journalisme, de violations des droits humains) nous dit ceci\u00a0: \u00ab\u00a0On peut rep\u00e9rer des modes op\u00e9ratoires r\u00e9currents au sein d\u2019une institution donn\u00e9e (par exemple, une unit\u00e9 particuli\u00e8re des forces de s\u00e9curit\u00e9, ou encore le personnel d\u2019un poste de police), le type de personnes prises pour cible (des enfants, certains groupes ethniques, etc.), les circonstances dans lesquelles les massacres ont lieu (des hommes masqu\u00e9s enl\u00e8vent la victime \u00e0 son domicile en pleine nuit, l\u2019emm\u00e8nent dans un fourgon banalis\u00e9, et son corps est retrouv\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u00e0 plusieurs jours plus tard) ou encore la m\u00e9thode utilis\u00e9e pour donner la mort. Vous devez essayer de rep\u00e9rer de telles r\u00e9currences et mettre au point un syst\u00e8me pour conserver des notes efficaces et claires afin de les illustrer. Vous pourriez cr\u00e9er une base de donn\u00e9es et\/ou un r\u00e9seau avec d\u2019autres ONG qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 des cas similaires. La mise en commun de ces informations donnera probablement davantage de poids \u00e0 vos arguments. \u00bb<\/p>\n<p>Les g\u00e9nocides et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9 sont, par nature, des crimes qui exigent de la main d\u2019oeuvre. Plus les forces impliqu\u00e9es sont nombreuses, plus il est facile d\u2019identifier des sources ext\u00e9rieures au r\u00e9gime militaire, qui peuvent se r\u00e9v\u00e9ler des t\u00e9moins utiles\u00a0: les chauffeurs de camion, les m\u00e9decins, les cuisiniers, le personnel d\u2019entretien, etc. Cela signifie aussi que beaucoup d\u2019institutions peuvent disposer des documents n\u00e9cessaires pour apporter la preuve de certains abus, comme les agences nationales ou r\u00e9gionales, les minist\u00e8res, les forces de police, les tribunaux, etc. Les lois sur la libert\u00e9 de l\u2019information peuvent aussi \u00eatre invoqu\u00e9es syst\u00e9matiquement et sans rel\u00e2che pour obtenir autant de preuves tangibles que possible.<\/p>\n<div id=\"attachment_1656365\" style=\"width: 781px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Volunteers-remove-the-bodies-of-eight-Ukrainians-that-were-said-to-be-executed-by-Russians-and-found-in-the-back-of-a-building-in-Bucha-after-the-Russians-left-the-area-771x502-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1656365\" class=\"wp-image-1656365 size-full\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Volunteers-remove-the-bodies-of-eight-Ukrainians-that-were-said-to-be-executed-by-Russians-and-found-in-the-back-of-a-building-in-Bucha-after-the-Russians-left-the-area-771x502-1.jpg\" alt=\"\" width=\"771\" height=\"502\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Volunteers-remove-the-bodies-of-eight-Ukrainians-that-were-said-to-be-executed-by-Russians-and-found-in-the-back-of-a-building-in-Bucha-after-the-Russians-left-the-area-771x502-1.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Volunteers-remove-the-bodies-of-eight-Ukrainians-that-were-said-to-be-executed-by-Russians-and-found-in-the-back-of-a-building-in-Bucha-after-the-Russians-left-the-area-771x502-1-336x219.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Volunteers-remove-the-bodies-of-eight-Ukrainians-that-were-said-to-be-executed-by-Russians-and-found-in-the-back-of-a-building-in-Bucha-after-the-Russians-left-the-area-771x502-1-768x500.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1656365\" class=\"wp-caption-text\">Des volontaires enl\u00e8vent les corps de huit Ukrainiens qui auraient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s par les Russes. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019un b\u00e2timent dans la ville de Boutcha quand les Russes ont quitt\u00e9 la zone, en 2022. Deux des victimes avaient les mains attach\u00e9es derri\u00e8re le dos. Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Ron Haviv, VII<\/p><\/div>\n<p>Les proc\u00e8s pour g\u00e9nocide et crimes contre l\u2019humanit\u00e9 s\u2019inscrivent dans la dur\u00e9e. Il faut en effet du temps pour que ces affaires fassent leur chemin au sein des tribunaux, et les proc\u00e8s peuvent s\u2019\u00e9taler sur des ann\u00e9es. Par exemple, un <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/balkaninsight.com\/2020\/10\/21\/bosnia-urged-to-reduce-length-of-war-crimes-trials\/\">proc\u00e8s instruit par les instances juridiques nationales en Bosnie dure en moyenne plusieurs ann\u00e9es<\/a>. Aujourd\u2019hui encore, plusieurs d\u00e9cennies apr\u00e8s Srebrenica, certaines affaires li\u00e9es au g\u00e9nocide sont toujours en cours.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu Todorovic et je l\u2019ai entendu t\u00e9moigner \u00e0 de nombreuses reprises. En fin de compte, il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 une courte peine \u2014 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/ihl-databases.icrc.org\/en\/national-practice\/vaso-todorovic-case-court-bosnia-and-herzegovina-first-instance-22-october-2008\">six ans seulement<\/a> \u2014 mais il est devenu, par la suite, un t\u00e9moin \u00e0 charge d\u00e9cisif dans une dizaine d\u2019affaires, son t\u00e9moignage pr\u00e9cieux servant de base \u00e0 de nombreuses condamnations.<\/p>\n<h4>Etudes de cas<\/h4>\n<p>Il existe diff\u00e9rents types d\u2019enqu\u00eates sur les g\u00e9nocides et les crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Certaines ont lieu dans les jours qui suivent, et elles permettent ainsi de faire toute la lumi\u00e8re sur des crimes peu apr\u00e8s qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 commis. D\u2019autres, en revanche, sont publi\u00e9es des ann\u00e9es plus tard, et elles r\u00e9v\u00e8lent alors les noms des personnes suspect\u00e9es, mais qui ne font pas l\u2019objet de poursuites. Pour certaines enqu\u00eates, des techniques de recherche en libre acc\u00e8s sont utilis\u00e9es, tandis que d\u2019autres reposent sur des interviews classiques et sur la collecte de documents pertinents.<\/p>\n<h4>Le g\u00e9nocide de Srebrenica<\/h4>\n<p>En analysant les dizaines de verdicts prononc\u00e9s dans le cadre du g\u00e9nocide de Srebrenica, ainsi que des documents, des archives militaires ou autres t\u00e9moignages, le Balkan Investigative Reporting Network in Bosnia and Herzegovina (R\u00e9seau de journalistes d\u2019investigation des Balkans en Bosnie-Herz\u00e9govine, BIRN BiH, pour lequel je travaille) <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/detektor.ba\/2020\/07\/08\/bosnian-serb-military-police-chiefs-never-charged-with-srebrenica-killings\/?lang=en\">a identifi\u00e9 trois anciens commandants de la police militaire bosno-serbe<\/a>, mentionn\u00e9s par des t\u00e9moins et dont les noms apparaissaient dans certains documents. Ils auraient \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans la capture, \u00e0 Srebrenica, de musulmans bosniaques qu\u2019ils auraient ensuite emmen\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 des sites d\u2019ex\u00e9cution de masse, mais ils n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s. L\u2019enqu\u00eate montre quel r\u00f4le les unit\u00e9s de la police militaire ont jou\u00e9 dans ce massacre, et comment les commandants en question ont donn\u00e9 l\u2019ordre \u00e0 leurs subordonn\u00e9s de placer en d\u00e9tention des civils musulmans et de les transf\u00e9rer vers des sites d\u2019ex\u00e9cution. En plus de l\u2019article, BIRN BiH a publi\u00e9 les preuves issues des dossiers judiciaires. En 2022, cette enqu\u00eate <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/fjawards.com\/events\/winners-2021-announcement\">a obtenu le deuxi\u00e8me prix Fetisov<\/a> du journalisme dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0Contribution exceptionnelle \u00e0 la paix\u00a0\u00bb. Deux ans plus tard \u2013 et c\u2019est le plus important &#8211; l\u2019un des commandants militaires, que l\u2019on suspectait d\u2019\u00eatre impliqu\u00e9, a \u00e9t\u00e9 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/balkaninsight.com\/2022\/11\/24\/bosnian-serb-military-police-chief-charged-with-srebrenica-genocide\/\">inculp\u00e9 de g\u00e9nocide<\/a>.<\/p>\n<h4>Frappes de missiles de croisi\u00e8re russes sur l\u2019Ukraine<\/h4>\n<p>L\u2019organisation <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.bellingcat.com\/\">Bellingcat<\/a> est connue pour utiliser des techniques de recherche en libre acc\u00e8s afin de publier des enqu\u00eates approfondies sur les zones de conflit. En 2022, Bellingcat a publi\u00e9 des enqu\u00eates qui contredisent certains r\u00e9cits russes concernant l\u2019Ukraine et r\u00e9v\u00e8lent les noms des personnes consid\u00e9r\u00e9es comme responsables d\u2019atrocit\u00e9s de masse. L\u2019une de ses enqu\u00eates les plus importantes porte sur les <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.bellingcat.com\/news\/uk-and-europe\/2022\/10\/24\/the-remote-control-killers-behind-russias-cruise-missile-strikes-on-ukraine\/\">frappes de missiles de croisi\u00e8re russes sur l\u2019Ukraine<\/a>. Selon ces enqu\u00eates, le groupe qui aurait effectu\u00e9 ces frappes fait partie du \u00ab Principal centre de traitement des donn\u00e9es de l\u2019\u00c9tat-Major\u00a0\u00bb des forces arm\u00e9es russes, qui a ses bureaux au si\u00e8ge du minist\u00e8re de la d\u00e9fense \u00e0 Moscou et au si\u00e8ge de l\u2019amiraut\u00e9 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg. Bellingcat a utilis\u00e9 les m\u00e9tadonn\u00e9es des t\u00e9l\u00e9phones portables pour d\u00e9montrer que les contacts entre ces personnes et leurs sup\u00e9rieurs s\u2019\u00e9taient multipli\u00e9s peu de temps avant le grand nombre de frappes de missiles de croisi\u00e8re de pr\u00e9cision russes qui ont fait des centaines de morts et priv\u00e9 des millions d\u2019Ukrainiens d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et de chauffage. Ce type d\u2019enqu\u00eate peut contribuer \u00e0 d\u00e9montrer le caract\u00e8re syst\u00e9matique des crimes commis, et peut mettre en \u00e9vidence des r\u00e9currences susceptibles de correspondre \u00e0 des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 ou \u00e0 un g\u00e9nocide.<\/p>\n<h4>Camps de d\u00e9tention de Ou\u00efgours en Chine<\/h4>\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 2022, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l\u2019Homme a publi\u00e9 un <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/sites\/default\/files\/documents\/countries\/2022-08-31\/22-08-31-final-assesment.pdf\">rapport d\u00e9taill\u00e9<\/a> qui d\u00e9crit \u00ab l\u2019ampleur de la d\u00e9tention arbitraire et discriminatoire de membres des communaut\u00e9s ou\u00efgour et musulmane \u00bb dans la r\u00e9gion de Xinjiang, en Chine, qui \u00ab pourrait constituer un crime international, en particulier un crime contre l\u2019humanit\u00e9 \u00bb. Ces conclusions font suite aux enqu\u00eates de journalistes qui ont dur\u00e9 des ann\u00e9es et ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019horreur des sites de d\u00e9tention du gouvernement chinois, utilis\u00e9s soi-disant pour lutter contre \u00ab\u00a0de violents mouvements extr\u00e9mistes et s\u00e9paratistes\u00a0\u00bb. En 2020, Megha Rajagopalan, Alison Killing et Christo Buschek ont figur\u00e9 parmi les finalistes du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.pulitzer.org\/finalists\/megha-rajagopalan-alison-killing-and-christo-buschek-buzzfeed-news\">prix Pulitzer <\/a>pour leur s\u00e9rie de reportages pour BuzzFeed News, dans lesquels ils r\u00e9v\u00e9laient un syst\u00e8me tentaculaire de plus de 260 sites de d\u00e9tention construits depuis 2017. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.buzzfeednews.com\/article\/meghara\/china-new-internment-camps-xinjiang-uighurs-muslims\">L\u2019enqu\u00eate<\/a> a utilis\u00e9 des techniques de renseignement en libre acc\u00e8s (OSINT). Alison Killing a mis \u00e0 profit ses comp\u00e9tences en tant qu\u2019architecte et analyste de donn\u00e9es g\u00e9ospatiales, associ\u00e9es aux t\u00e9moignages de rescap\u00e9s recueillis par ses coll\u00e8gues, pour mettre en \u00e9vidence le caract\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et syst\u00e9matique du ciblage des musulmans et de leur incarc\u00e9ration par les autorit\u00e9s chinoises.<\/p>\n<h4>Focus : Les le\u00e7ons de la couverture du g\u00e9nocide au Rwanda<\/h4>\n<p><i>Interview r\u00e9alis\u00e9e par Olivier Holmey<\/i><\/p>\n<p>Quand <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/twitter.com\/sheilakawamara\">Sheila Kawamara Mishambi<\/a> <a href=\"https:\/\/gijn.org\/stories\/african-muckracking-exposing-genocide\/\">a couvert le g\u00e9nocide au Rwanda, <\/a>pour le quotidien ougandais New Vision, il s\u2019agissait de sa premi\u00e8re mission comme reporter de guerre. C\u2019\u00e9tait aussi la derni\u00e8re. Elle raconte \u00e0 GIJN qu\u2019elle a quitt\u00e9 le journalisme peu apr\u00e8s\u00a0: elle avait le sentiment qu\u2019il lui fallait faire une coupure apr\u00e8s avoir vu tant d\u2019horreurs. \u00ab\u00a0On n\u2019oublie jamais ces images\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Elle ajoute que beaucoup de journalistes devront peut-\u00eatre suivre une th\u00e9rapie apr\u00e8s un tel traumatisme.<\/p>\n<div id=\"attachment_1217820\" style=\"width: 346px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Sheila-Kawamara-Mishambi.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1217820\" class=\"wp-image-1217820 size-medium\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Sheila-Kawamara-Mishambi-336x386.png\" alt=\"\" width=\"336\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Sheila-Kawamara-Mishambi-336x386.png 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Sheila-Kawamara-Mishambi.png 345w\" sizes=\"auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1217820\" class=\"wp-caption-text\">Sheila Kawamara Mishambi a couvert le g\u00e9nocide au Rwanda en tant que correspondante \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Image : Capture d\u2019\u00e9cran, Twitter<\/p><\/div>\n<p>En se rem\u00e9morant ce qu\u2019elle a v\u00e9cu quand elle a couvert les \u00e9v\u00e9nements de 1994, Sheila Kawamara Mishambi estime que les correspondants \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, dont elle faisait partie, \u00e9taient trop d\u00e9pendants du Front patriotique rwandais. Le FPR, qui luttait contre les forces gouvernementales g\u00e9nocidaires et qui \u00e9tait dirig\u00e9 par l\u2019actuel pr\u00e9sident rwandais, Paul Kagame, disposait d\u2019un service de relations publiques bien rod\u00e9, dit-elle. Ce service a conduit des journalistes \u00e9trangers s\u00e9lectionn\u00e9s sur les sites de charniers, puis a guid\u00e9 ces m\u00eames reporters pour qu\u2019ils interviewent des personnes tri\u00e9es sur le volet qui avaient soi-disant \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins des massacres, toujours en pr\u00e9sence d\u2019un repr\u00e9sentant du FPR. \u00ab\u00a0En tant que journalistes, nous \u00e9tions tous contr\u00f4l\u00e9s,\u00a0\u00bb affirme-t-elle. \u00ab\u00a0Le FPR \u00e9tait aux commandes\u00a0; c\u2019\u00e9tait un probl\u00e8me majeur. Quand les journalistes insistaient pour poser des questions plus pouss\u00e9es, ils [les repr\u00e9sentants du FPR] nous disaient : \u201cVous devez partir\u201d.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle garde de ces visites le sentiment aigu qu\u2019on a voulu lui faire avaler un r\u00e9cit pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. Elle ajoute qu\u2019en cons\u00e9quence, elle s\u2019est efforc\u00e9e de pr\u00e9ciser dans ses reportages qu\u2019elle n\u2019avait acc\u00e8s qu\u2019\u00e0 la version du FPR, et que des zones d\u2019ombre subsistaient. \u00ab\u00a0En temps de guerre, quand vous ne pouvez pas avoir la version de l\u2019autre partie, il est probable que votre r\u00e9cit soit fauss\u00e9,\u00a0\u00bb dit-elle.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des massacres dont on lui a parl\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u2014 ceux qui ont \u00e9t\u00e9 commis contre les Tutsi et contre les Hutu qui s\u2019opposaient au d\u00e9funt pr\u00e9sident Juv\u00e9nal Habyarimana \u2014 des preuves sont apparues depuis au sujet des atrocit\u00e9s commises par le FPR au Rwanda et en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo voisine. \u00ab\u00a0Il a fallu des d\u00e9cennies pour d\u00e9couvrir ce qu\u2019il \u00e9tait impossible de savoir en 1994\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>Elle ajoute que puisque le FPR traitait les journalistes comme, dit-elle, des \u00ab\u00a0touristes qui suivaient le guide\u00a0\u00bb, elle n\u2019aurait jamais pu brosser un tableau aussi exhaustif et nuanc\u00e9 que celui qui s\u2019est peu \u00e0 peu impos\u00e9 depuis 1994. Elle estime qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une v\u00e9ritable le\u00e7on de scepticisme et d\u2019humilit\u00e9 pour les reporters qui couvrent les g\u00e9nocides : \u00ab\u00a0En tant que journalistes, nous devons faire preuve d\u2019ouverture et laisser de la place aux questions sans r\u00e9ponses. Que quelqu\u2019un d\u2019autre prenne le relais et continue de poser des questions. \u00bb<\/p>\n<p><em>Traduit de l\u2019anglais par B\u00e9atrice Murail.<\/em><\/p>\n<p><strong>Ressources compl\u00e9mentaires\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-enqueter-crimes-de-guerre-legal-loi-droit-international-distinction-proportionnalite-journalisme\/\">Ce qui est l\u00e9gal dans le cadre d\u2019une guerre<\/a><\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-pour-enqueter-sur-les-crimes-de-guerre-les-attaques-contre-des-civils\/\">Les attaques contre des civils<\/a><\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-enqueter-crimes-guerre-viols-violences-sexuelles-conflit\/\">Les violences sexuelles en p\u00e9riode de conflit<\/a><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><b><i><\/i><\/b><b><i><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Denis-Dzidic.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1215658 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Denis-Dzidic-140x140.jpg\" alt=\"\" width=\"140\" height=\"140\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Denis-Dzidic-140x140.jpg 140w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Denis-Dzidic.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 140px) 100vw, 140px\" \/><\/a><\/i><\/b><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/birn.eu.com\/people\/denis-dzidic\/\"><b><i>Denis D<\/i><\/b><b><i>\u017eidi\u0107<\/i><\/b><\/a><i> est le directeur ex\u00e9cutif et le r\u00e9dacteur en chef du R\u00e9seau de journalisme d\u2019investigation des Balkans (Balkan Investigative Reporting Network) en Bosnie-Herz\u00e9govine (BIRN BiH), un organe de presse qui a remport\u00e9 en 2020 la distinction sp\u00e9ciale du Prix de la presse europ\u00e9enne (European Press Prize) pour ses reportages sur la guerre en Bosnie. Journaliste depuis 2006, il travaille pour l\u2019Institut pour les reportages sur la guerre et la paix (Institute for War and Peace Reporting) \u00e0 Sarajevo et \u00e0 La Haye, o\u00f9 il enqu\u00eate sur des questions de justice transitionnelle et couvre les proc\u00e8s pour crimes de guerre li\u00e9s au conflit e 1992-1995 en Bosnie-Herz\u00e9govine.<\/i><\/p>\n<p><b><i><\/i><\/b><b><i><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-1238888\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-140x140.jpg\" alt=\"\" width=\"140\" height=\"140\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-140x140.jpg 140w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-336x336.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-771x771.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv-768x768.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Ron-Haviv.jpg 892w\" sizes=\"auto, (max-width: 140px) 100vw, 140px\" \/><\/a>Ron Haviv<\/i><\/b><i> est directeur et cofondateur de la <\/i><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/theviifoundation.org\/vii-photo\/\"><i>VII Foundation<\/i><\/a><i> et cofondateur de l\u2019agence de photos VII. Au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, il a couvert plus de 25 conflits et travaill\u00e9 dans plus de 100 pays. Son travail, qui a remport\u00e9 de nombreux prix, est expos\u00e9 dans des mus\u00e9es et des galeries du monde entier.\u00a0<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment enqu\u00eater sur un g\u00e9nocide et des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 ? Deux journalistes prim\u00e9s ayant couvert des guerres donnent, dans ce nouveau chapitre du Guide pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre, leurs conseils pour faire un travail d&rsquo;investigation que ce soit dans les jours qui suivent ou des ann\u00e9es plus tard.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":3031173,"featured_media":1656442,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"republication-tracker-tool-hide-widget":false,"footnotes":"","_tec_slr_enabled":"","_tec_slr_layout":""},"categories":[23095,23094,23092],"tags":[19910],"gijn_topic":[],"series":[],"gijn_language":[],"gijn_region":[],"class_list":["post-1656290","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chapitre","category-guide-fr","category-ressource","tag-war-crimes-fr"],"acf":[],"ticketed":false,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1656290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3031173"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1656290"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1656290\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2364685,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1656290\/revisions\/2364685"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1656442"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1656290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1656290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1656290"},{"taxonomy":"gijn_topic","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_topic?post=1656290"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=1656290"},{"taxonomy":"gijn_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_language?post=1656290"},{"taxonomy":"gijn_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_region?post=1656290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}