{"id":1223138,"date":"2023-11-28T02:22:18","date_gmt":"2023-11-28T07:22:18","guid":{"rendered":"https:\/\/gijn.org\/?p=1223138"},"modified":"2025-07-07T08:37:24","modified_gmt":"2025-07-07T12:37:24","slug":"guide-pour-enqueter-sur-les-crimes-de-guerre-recherche-sources-ouvertes-open-source-osint","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/guide-pour-enqueter-sur-les-crimes-de-guerre-recherche-sources-ouvertes-open-source-osint\/","title":{"rendered":"Guide pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre : la recherche d&rsquo;informations en sources ouvertes"},"content":{"rendered":"<p><i>Note de la r\u00e9daction : Voici la premi\u00e8re partie du Guide du reporter pour enqu\u00eater sur les crimes de guerre, r\u00e9alis\u00e9 par GIJN. L\u2019un des auteurs, Sam Dubberley, et la directrice des programmes de GIJN, Anne Koch, ont \u00e9voqu\u00e9 certains aspects de ce chapitre lors de la table ronde intitul\u00e9e<\/i> <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.journalismfestival.com\/programme\/2023\/investigating-the-crimes-of-war\"><i>\u201cEnqu\u00eater sur les crimes de guerre\u00a0\u00bb<\/i><\/a><i>,<\/i><i> organis\u00e9e dans le cadre du Festival international de journalisme qui s\u2019est tenu \u00e0 P\u00e9rouse, en Italie, le 20 avril 2023. Ce guide a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 <a href=\"https:\/\/gijn.org\/resource\/reporters-guide-to-investigating-war-crimes-introduction\/\">dans son int\u00e9gralit\u00e9 en anglais<\/a> en septembre \u00e0 l\u2019occasion de la <\/i><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/gijc2023.org\/\"><i>Conf\u00e9rence mondiale sur le journalisme d\u2019investigation<\/i><\/a><i>.\u00a0<\/i><\/p>\n<p>Le 15 ao\u00fbt 2017, la <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/opiniojuris.org\/2017\/08\/17\/and-so-it-begins-social-media-evidence-in-an-icc-arrest-warrant\/\">Cour p\u00e9nale internationale (CPI) a lanc\u00e9 un mandat d\u2019arr\u00eat<\/a> contre Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, commandant de la brigade Al-Saiqa de l\u2019arm\u00e9e nationale libyenne, l\u2019accusant d\u2019avoir commis ou commandit\u00e9 33 meurtres entre 2016 et 2017. Sept vid\u00e9os de sept incidents, publi\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux, ont constitu\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments de preuve d\u00e9terminants pour la CPI, qui a inculp\u00e9 Al-Werfalli de meurtre qualifi\u00e9 de crime de guerre en vertu de <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.icrc.org\/en\/doc\/resources\/documents\/misc\/5nsf46.htm\">l\u2019article 8(2)(c)(i) du Statut de Rome<\/a>. Dans les faits, ce mandat d\u2019arr\u00eat a ainsi \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 sur la base de ressources en libre acc\u00e8s. Bien qu\u2019Al-Werfalli n\u2019ait jamais pu \u00eatre arr\u00eat\u00e9 ni jug\u00e9 &#8211; il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par balle en 2021 \u00e0 Benghazi par des hommes arm\u00e9s non identifi\u00e9s -, cette affaire est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019une des premi\u00e8res o\u00f9 des informations en sources ouvertes (open source) ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme preuve dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure judiciaire relative \u00e0 des infractions au droit international humanitaire, ou \u00e0 des crimes relevant du droit international, \u00e0 savoir, des crimes de guerre, des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 et des g\u00e9nocides.<\/p>\n<blockquote><p>Les informations en sources ouvertes peuvent permettre d\u2019\u00e9tablir des faits en rapport avec toutes sortes de situations dans le contexte des conflits arm\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>Evidemment, les journalistes faisaient d\u00e9j\u00e0 des recherches en sources ouvertes, bien des ann\u00e9es avant que ce mandat d\u2019arr\u00eat ne soit \u00e9mis. Les organes de presse ont par exemple couvert les attentats de Londres en 2005, en partie gr\u00e2ce \u00e0 une <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/firstdraftnews.org\/articles\/77-comparing-the-use-of-eyewitness-media-10-years-on\/\">vid\u00e9o film\u00e9e par des t\u00e9moins dans les transports publics londoniens<\/a>. Cette tendance s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e au <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.academia.edu\/76812746\/The_eyewitness_texture_of_conflict_contributions_of_amateur_videos_in_news_coverage_of_the_Arab_Spring\">d\u00e9but des ann\u00e9es 2010, lors des mouvements de protestation du Printemps arabe en Tunisie et en Egypte<\/a>. Par ailleurs, les conflits en Libye et en Syrie ont \u00e9t\u00e9 film\u00e9s puis publi\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux gr\u00e2ce \u00e0 des t\u00e9l\u00e9phones portables bon march\u00e9 et \u00e0 des connexions internet rapides. Dans le m\u00eame temps, les premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s commerciales ont aussi lanc\u00e9 des satellites capables de prendre des photos de la Terre avec une r\u00e9solution inf\u00e9rieure \u00e0 un m\u00e8tre. Au fur et \u00e0 mesure que le co\u00fbt d\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces photos a diminu\u00e9, les r\u00e9dactions les ont utilis\u00e9es de plus en plus fr\u00e9quemment pour analyser des endroits \u00e9loign\u00e9s. Les organes de presse se sont mis \u00e0 collecter des contenus publi\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux et \u00e0 les utiliser dans leurs reportages. Quand il est apparu que l\u2019authenticit\u00e9 de ces contenus devait aussi \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e, les \u00e9quipes de journalistes sp\u00e9cialis\u00e9s dans la v\u00e9rification des informations ont commenc\u00e9 \u00e0 jouer un r\u00f4le crucial.<\/p>\n<div id=\"attachment_1194077\" style=\"width: 346px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Digital-Witness-cover-image.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1194077\" class=\"size-medium wp-image-1194077\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Digital-Witness-cover-image-336x508.png\" alt=\"\" width=\"336\" height=\"508\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Digital-Witness-cover-image-336x508.png 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Digital-Witness-cover-image.png 362w\" sizes=\"auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1194077\" class=\"wp-caption-text\">Image: Courtesy of Oxford University Press<\/p><\/div>\n<p>Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es du conflit en Syrie, il est devenu \u00e9vident que les contenus en libre Press acc\u00e8s pouvaient non seulement \u00eatre utilis\u00e9s dans le cadre d\u2019un reportage, mais qu\u2019ils pouvaient aussi jouer un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans les enqu\u00eates diligent\u00e9es sur les infractions au droit humanitaire international et sur d\u2019\u00e9ventuels crimes de guerre. Cela n\u2019avait rien de nouveau. Comme Alexa Koenig, Daragh Murray et Sam Dubberley l\u2019ont indiqu\u00e9 dans leur ouvrage publi\u00e9 en 2019, \u201c<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/global.oup.com\/academic\/product\/digital-witness-9780198836070?cc=de&amp;lang=en&amp;\">Digital Witness<\/a>\u201d [\u201cT\u00e9moin num\u00e9rique\u201d], des vid\u00e9os ont ainsi \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es dans la salle d\u2019audience de la Cour p\u00e9nale internationale pour l\u2019ex-Yougoslavie. Les dix ann\u00e9es suivantes ont vu une codification de ces techniques d\u2019investigation gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de normes et de pratiques de formation, comme le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/en\/publications\/policy-and-methodological-publications\/berkeley-protocol-digital-open-source\">Berkeley Protocol on Digital Open Source Investigations<\/a> [Protocole de Berkeley sur les enqu\u00eates men\u00e9es \u00e0 partir de documents num\u00e9riques en libre acc\u00e8s] (derni\u00e8re mise \u00e0 jour en 2022) par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l\u2019homme (HCDH). Ce texte est aujourd\u2019hui disponible en anglais et en russe. Les recherches en sources ouvertes font maintenant partie int\u00e9grante du travail des r\u00e9dactions, des organisations de d\u00e9fense des droits humains, des missions exploratoires internationales et des organes juridiques internationaux qui enqu\u00eatent sur les infractions au droit humanitaire international et les crimes relevant du droit international.<\/p>\n<h4><b>Pour ou contre les recherches en sources ouvertes<\/b><\/h4>\n<p><b>Avantages<\/b><\/p>\n<p>Quand il s\u2019agit d\u2019enqu\u00eater sur les infractions au droit humanitaire international ou sur les crimes relevant du droit international, les informations en sources ouvertes peuvent se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e8s efficaces pour \u00e9tablir des faits, quand elles sont utilis\u00e9es conjointement avec d\u2019autres param\u00e8tres, comme par exemple le nombre d\u2019interviews ou de visites sur un site donn\u00e9. Les informations en sources ouvertes peuvent ainsi permettre d\u2019\u00e9tablir des faits en rapport avec toutes sortes de situations dans le contexte de conflits arm\u00e9s. Cela va des enqu\u00eates sur des attaques contre des civils et des structures civiles, en passant par l\u2019identification des armes utilis\u00e9es et les enqu\u00eates sur les auteurs d\u2019actes d\u00e9lictuels, ou enfin les enqu\u00eates pour savoir si les attaques contre les civils sont g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es ou syst\u00e9matiques, une des principales caract\u00e9ristiques des crimes internationaux contre l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour tous ces aspects, les informations en sources ouvertes constituent une ressource cruciale pour \u00e9tablir de nombreux faits. En ce qui concerne les attaques contre des civils ou des structures civiles, par exemple, les informations en sources ouvertes (photos, vid\u00e9os et images satellite), peuvent permettre de d\u00e9terminer \u00e0 quel endroit et \u00e0 quelle heure un \u00e9v\u00e9nement s\u2019est produit, le nombre de personnes pr\u00e9sentes \u00e0 un endroit donn\u00e9, si des acteurs civils, militaires ou autres \u00e9taient impliqu\u00e9s, ainsi que d\u2019\u00e9ventuelles cibles militaires l\u00e9gitimes ou encore l\u2019ampleur des cons\u00e9quences qui peuvent \u00eatre observ\u00e9es suite \u00e0 des op\u00e9rations militaires sur le terrain. Dans le cas d\u2019\u00e9ventuelles infractions au droit humanitaire international ou d\u2019ex\u00e9cutions extrajudiciaires et de torture, on sait depuis longtemps que les auteurs eux-m\u00eames ou leurs complices filment leurs actes et publient les vid\u00e9os sur les r\u00e9seaux sociaux. Ces vid\u00e9os sont aussi en libre acc\u00e8s et peuvent constituer d\u2019importants \u00e9l\u00e9ments de preuve, non seulement pour prouver qu\u2019un individu a commis un acte qui enfreint le droit humanitaire international, mais aussi pour prouver l\u2019intention criminelle des auteurs de d\u00e9lits ou de leurs sup\u00e9rieurs, preuves qui sont indispensables pour prouver qu\u2019un crime rel\u00e8ve du droit international.<\/p>\n<blockquote><p><i>Les informations en sources ouvertes peuvent permettre de r\u00e9pondre \u00e0 la question suivante: \u201cCet incident doit-il faire l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate plus approfondie pour savoir si le droit humanitaire international a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9 ?\u201d<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p>Les activit\u00e9s militaires, en particulier en zone urbaine, sont souvent film\u00e9es \u00e0 l\u2019aide des t\u00e9l\u00e9phones portables, ou peuvent aussi \u00eatre visibles sur des images satellite, ce qui fournit des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s pour comprendre ce qui s\u2019est pass\u00e9. A ce stade, les informations en sources ouvertes peuvent permettre de r\u00e9pondre \u00e0 la question suivante : \u201cCet incident doit-il faire l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate plus approfondie pour d\u00e9terminer si le droit humanitaire international a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9, ou bien peut-il s\u2019agir d\u2019une attaque militaire l\u00e9gitime ?\u201d Si, par exemple, des informations en sources ouvetes peuvent conforter l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une attaque contre une cible militaire clairement identifiable, ces constatations peuvent \u00eatre en d\u00e9faveur de l\u2019ouverture d\u2019une enqu\u00eate plus approfondie. Toutefois, il convient de consulter des experts en droit humanitaire international avant d\u2019arriver \u00e0 une telle conclusion. Si, au contraire, il subsiste un doute, une enqu\u00eate plus approfondie est justifi\u00e9e, et les informations en sources ouvertes pourront aussi permettre de d\u00e9terminer si le droit humanitaire a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9.<\/p>\n<p>Les journalistes peuvent utiliser les informations en sources ouvertes pour faire des recherches sur certains d\u00e9tails cruciaux :<\/p>\n<ul>\n<li><b>Les militaires. <\/b>Des militaires en tenue sont-ils visibles sur des vid\u00e9os ou sur des photos ? Des uniformes, embl\u00e8mes et autres \u00e9quipements sont-ils identifiables ?<\/li>\n<li><b>Des cibles militaires possibles.<\/b> Quand le lieu de l\u2019op\u00e9ration militaire a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9, les informations en sources ouvertes peuvent s\u2019av\u00e9rer utiles pour vous aider \u00e0 identifier les \u00e9ventuelles cibles militaires qui s\u2019y trouvaient. Avec quelques comp\u00e9tences, il est aussi possible d\u2019identifier ces cibles en utilisant des outils de cartographie et les images satellite \u00e0 haute r\u00e9solution : les camps militaires, les installations, le type de v\u00e9hicules militaires, comme les camions, les chars et autres v\u00e9hicules blind\u00e9s, ou encore les avions militaires.<\/li>\n<li><b>Les civils.<\/b> O\u00f9 l\u2019attaque a-t-elle eu lieu \u2014 dans un quartier r\u00e9sidentiel, \u00e0 un point d\u2019\u00e9vacuation, contre un immeuble, un h\u00f4pital ? Des civils, comme des enfants ou des personnes \u00e2g\u00e9es, sont-ils concern\u00e9s ? Que font-ils ? Dans ces informations en sources ouvertes, pouvez-vous d\u00e9nombrer les civils survivants et ceux qui sont morts ?<\/li>\n<li><b>Identification des armes.<\/b> Il arrive souvent que les victimes d\u2019attaques qui ont film\u00e9 la sc\u00e8ne publient sur internet des images de restes d\u2019armes ou d\u2019autres \u00e9quipements militaires. Il peut s\u2019agir d\u2019\u00e9clats de missiles ou de roquettes, de douilles, de munitions \u00e0 fragmentation, d\u2019emballages de munitions, etc. Cela peut \u00eatre d\u00e9terminant pour savoir si, plus g\u00e9n\u00e9ralement, une attaque a \u00e9t\u00e9 proportionn\u00e9e ou aveugle.<\/li>\n<li><b>Blessures et m\u00e9decine l\u00e9gale. <\/b>On le sait, il est tr\u00e8s d\u00e9licat de d\u00e9terminer la cause d\u2019un d\u00e9c\u00e8s \u00e0 partir de documents num\u00e9riques. Cela exige le concours d\u2019experts en m\u00e9decine l\u00e9gale. Bien que ces derniers soient limit\u00e9s dans leur travail par la nature de tels documents, leurs analyses peuvent toutefois contribuer, par exemple, \u00e0 identifier des signes de torture ou \u00e0 \u00e9tablir des hypoth\u00e8ses sur la cause du d\u00e9c\u00e8s ou \u00e0 en exclure d\u2019autres. Cependant, toute analyse, dans ce domaine, doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9e avec prudence, pour corroborer d\u2019autres donn\u00e9es obtenues par les journalistes.<\/li>\n<li><b>Nature de la zone cibl\u00e9e par l\u2019attaque.<\/b> Les informations en sources ouvertes peuvent permettre de d\u00e9terminer si les commandants militaires savaient auparavant si la zone cible \u00e9tait de nature civile ou militaire. Par exemple, d\u2019anciennes images satellite ont permis \u00e0 des journalistes de r\u00e9v\u00e9ler que le mot <i>\u201c<\/i>\u0414\u0435\u0442\u0438\u201d (\u201cEnfants\u201d) avait \u00e9t\u00e9 peint sur le sol \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Th\u00e9\u00e2tre de Marioupol, en Ukraine, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.themoscowtimes.com\/2022\/03\/18\/search-for-ukraine-theatre-bombing-survivors-as-war-crime-claims-mount-a76983\">dans les jours qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019attaque a\u00e9rienne qui a d\u00e9truit le b\u00e2timent o\u00f9 des centaines de civils avaient trouv\u00e9 refuge, en mars 2022<\/a>. Cette attaque a \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9e par certaines organisations internationales de d\u00e9fense des droits humains comme un <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/en\/latest\/news\/2022\/06\/ukraine-deadly-mariupol-theatre-strike-a-clear-war-crime-by-russian-forces-new-investigation\/\">probable crime de guerre<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"attachment_1194120\" style=\"width: 780px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Moscow-Times-Ukraine-Theater-Bombing-by-Russia.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1194120\" class=\"size-full wp-image-1194120\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Moscow-Times-Ukraine-Theater-Bombing-by-Russia.jpg\" alt=\"\" width=\"770\" height=\"754\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Moscow-Times-Ukraine-Theater-Bombing-by-Russia.jpg 770w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Moscow-Times-Ukraine-Theater-Bombing-by-Russia-336x329.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Moscow-Times-Ukraine-Theater-Bombing-by-Russia-768x752.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Moscow-Times-Ukraine-Theater-Bombing-by-Russia-60x60.jpg 60w\" sizes=\"auto, (max-width: 770px) 100vw, 770px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1194120\" class=\"wp-caption-text\">Le bombardement, par la Russie, d\u2019un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Marioupol, en Ukraine (reconnaissable \u00e0 son toit rouge, deux jours avant l\u2019attaque), et qui abritait des enfants, a conduit \u00e0 des accusations de crimes de guerre par des organisations comme Amnesty International. Image: Capture d&rsquo;\u00e9cran, The Moscow Times.<\/p><\/div>\n<h4><b>Inconv\u00e9nients<\/b><\/h4>\n<p>Les journalistes doivent prendre des pr\u00e9cautions quand ils utilisent des ressources en libre acc\u00e8s lors d\u2019enqu\u00eates sur des violations du droit humanitaire international ou sur des crimes relevant du droit international. M\u00eame si les recherches en libre acc\u00e8s sont maintenant consid\u00e9r\u00e9es comme convaincantes \u00e0 part enti\u00e8re dans le cadre de reportages, les journalistes doivent \u00e9viter de ne d\u00e9pendre que de celles-ci. Ils doivent plut\u00f4t les consid\u00e9rer comme une partie seulement du processus d\u2019investigation. Pour que les ressources en libre acc\u00e8s puissent jouer leur r\u00f4le, les journalistes doivent collaborer avec toute une s\u00e9rie d\u2019acteurs, tels que les enqu\u00eateurs sur le terrain, les experts en armement, les m\u00e9decins l\u00e9gistes et les juristes, pour n\u2019en citer que quelques-uns.<\/p>\n<p>Les journalistes doivent aussi identifier les limites de ces enqu\u00eates. Par exemple, les recherches \u00e0 partir des ressources en libre acc\u00e8s pr\u00e9sentent peu d\u2019int\u00e9r\u00eat s\u2019il s\u2019agit de savoir de quelles informations les militaires disposaient au moment o\u00f9 ils ont d\u00e9cid\u00e9 de lancer leur attaque. De m\u00eame, elles n\u2019ont pratiquement aucune utilit\u00e9 si l\u2019on veut comprendre quel avantage militaire \u00e9tait recherch\u00e9 en visant telle ou telle cible, ce qui est un \u00e9l\u00e9ment indispensable pour prouver certains types de crimes relevant du droit international.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les reporters doivent prendre en consid\u00e9ration les \u00e9ventuels arguments de poids, de nature juridique ou d\u00e9ontologique, qui rendent impossible la publication de certaines ressources qui sont en libre acc\u00e8s. L\u2019utilisation publique de certains documents peut \u00eatre purement et simplement interdite en vertu du droit humanitaire international, comme l\u2019utilisation d\u2019images et de vid\u00e9os qui permettent d\u2019identifier facilement des prisonniers de guerre. Il peut aussi exister des probl\u00e8mes li\u00e9s au droit qui garantit que nul ne peut \u00eatre soumis \u00e0 des traitements inhumains ou d\u00e9gradants, ou au droit au respect de la vie priv\u00e9e des personnes qui ont \u00e9t\u00e9 film\u00e9es. Parall\u00e8lement, des questions de d\u00e9ontologie peuvent se poser, par exemple le risque encouru par les personnes film\u00e9es dont les visages sont t\u00e9l\u00e9charg\u00e9s ou reproduits dans la ressource en libre acc\u00e8s si le contenu est diffus\u00e9 largement par un organe de presse. Les journalistes doivent aussi garder \u00e0 l\u2019esprit que, m\u00eame dans le cadre d\u2019un conflit arm\u00e9, les questions de droits d\u2019auteur sont d\u2019actualit\u00e9 si un contenu doit \u00eatre utilis\u00e9 dans un reportage.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces limites g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 l\u2019utilisation de ressources en libre acc\u00e8s, il existe aussi des limites techniques.<\/p>\n<p><b>Qualit\u00e9 de l\u2019image.<\/b> Les photos et les vid\u00e9os publi\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux sont compress\u00e9es et n\u2019ont plus la m\u00eame qualit\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019origine. Ce qui veut dire, \u00e0 titre d\u2019exemple, qu\u2019il peut \u00eatre difficile, voire impossible, de v\u00e9rifier les logos ou les inscriptions sur les uniformes d\u2019une unit\u00e9 militaire, ou que l\u2019on peut confondre des armes avec des outils agricoles.<\/p>\n<p><b>Mauvaise analyse.<\/b> L\u2019analyse g\u00e9ospatiale \u00e0 partir de ressources en libre acc\u00e8s est un domaine qui n\u00e9cessite une formation pr\u00e9alable pour pouvoir la r\u00e9aliser correctement. C\u2019est aussi un domaine dans lequel le manque de ma\u00eetrise peut conduire \u00e0 de mauvaises interpr\u00e9tations. Par cons\u00e9quent, il est important que les journalistes soient conscients des limites d\u2019une image satellite, et qu\u2019ils puissent analyser correctement ce qu\u2019ils voient. Par exemple, il est important que les journalistes comprennent que m\u00eame si l\u2019on voit depuis l\u2019espace une zone dont le sol appara\u00eet remani\u00e9, cela ne signifie pas forc\u00e9ment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une fosse commune. Le sol peut avoir \u00e9t\u00e9 remani\u00e9 pour de nombreuses raisons, et la pr\u00e9sence de crat\u00e8res peut \u00eatre expliqu\u00e9e par diff\u00e9rents \u00e9v\u00e9nements qui auraient pu avoir lieu avant toute attaque pr\u00e9sum\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_1205992\" style=\"width: 1026px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Texty-Satellite-Imagery-of-Freight-Loading-in-Sevastopol.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1205992\" class=\"wp-image-1205992 size-full\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Texty-Satellite-Imagery-of-Freight-Loading-in-Sevastopol.jpg\" alt=\"\" width=\"1016\" height=\"818\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Texty-Satellite-Imagery-of-Freight-Loading-in-Sevastopol.jpg 1016w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Texty-Satellite-Imagery-of-Freight-Loading-in-Sevastopol-336x271.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Texty-Satellite-Imagery-of-Freight-Loading-in-Sevastopol-771x621.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Texty-Satellite-Imagery-of-Freight-Loading-in-Sevastopol-768x618.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1016px) 100vw, 1016px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1205992\" class=\"wp-caption-text\">En utilisant des images satellite de Planet Inc., un membre de GIJN, Texty, a identifi\u00e9 un grand nombre de wagons (en rouge), de camions (en bleu) et de cargos (en vert) qui pourraient \u00eatre en train d\u2019exporter en contrebande du bl\u00e9 vol\u00e9 en Ukraine par la Russie. Image : capture d\u2019\u00e9cran, Texty via Planet Inc.<\/p><\/div>\n<p><b>Conseils et outils<\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019approche, plus importante que la bo\u00eete \u00e0 outils\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Nous pr\u00e9sentons ci-dessous des conseils et des outils pour utiliser les r\u00e9seaux sociaux en libre acc\u00e8s dans le cadre d\u2019enqu\u00eates. Mais l\u2019une des principales difficult\u00e9s r\u00e9side dans le fait que les m\u00e9thodes et les outils employ\u00e9s pour effectuer ces recherches et proc\u00e9der aux v\u00e9rifications peuvent \u00e9voluer tr\u00e8s rapidement. Cela est d\u00fb principalement \u00e0 la gratuit\u00e9 d\u2019un grand nombre d\u2019outils, qui sont mis \u00e0 disposition par les r\u00e9seaux sociaux eux-m\u00eames. En cons\u00e9quence, il est plus pertinent de suivre la d\u00e9marche de quelqu\u2019un qui m\u00e8ne une enqu\u00eate \u00e0 partir d\u2019une ressource en libre acc\u00e8s, plut\u00f4t que de d\u00e9pendre des outils. Ce qui signifie qu\u2019il faut faire preuve de cr\u00e9ativit\u00e9 pour trouver des solutions et qu\u2019il faut apprendre en permanence, r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 de nouvelles mani\u00e8res d\u2019effectuer des recherches et de collecter les informations. Si elle ne travaille pas dans cet \u00e9tat d\u2019esprit,\u00a0 la personne qui effectue de telles recherches sera rapidement d\u00e9pass\u00e9e.<\/p>\n<p><b>Rechercher un contenu<\/b><\/p>\n<p>Les utilisateurs des r\u00e9seaux sociaux ont une pr\u00e9f\u00e9rence pour une\u00a0 plateforme plut\u00f4t qu\u2019une autre en fonction de la r\u00e9gion du monde o\u00f9 ils se trouvent. Par cons\u00e9quent, il est crucial de comprendre quels types de ressources en libre acc\u00e8s sont susceptibles d\u2019\u00eatre publi\u00e9es, et comment fonctionnent les moteurs de recherche du r\u00e9seau social qui a la pr\u00e9f\u00e9rence dans un endroit donn\u00e9. Par exemple, dans le cadre du conflit en Ukraine, c\u2019est <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/ijnet.org\/en\/story\/tips-using-telegram-document-russias-war-ukraine-3\">Telegram<\/a> qui est le r\u00e9seau social le plus utile, et de loin, pour trouver des vid\u00e9os, photos et autres textes publi\u00e9s par des t\u00e9moins, des militaires et les autorit\u00e9s. On peut obtenir des renseignements pertinents sur cette guerre, ainsi que sur des incidents particuliers, en utilisant une combinaison de mots cl\u00e9s en anglais, en ukrainien et en russe. Des villes de toutes tailles, partout en Ukraine, ont cr\u00e9\u00e9 des cha\u00eenes Telegram qui font office d\u2019agr\u00e9gateurs l\u00e0 o\u00f9 les habitants publient un contenu. (Note : Certaines de ces cha\u00eenes locales ont aussi \u00e9t\u00e9 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/detector.media\/monitorynh-internetu\/article\/199010\/2022-05-05-now-we-will-live-to-the-fullest-how-and-why-russia-has-created-a-telegram-channels-network-for-the-occupied-territories-of-ukraine\/\">signal\u00e9es comme \u00e9tant des robots ou de potentiels sites de d\u00e9sinformation russes<\/a>.) En identifiant ces cha\u00eenes, les journalistes ont pu trouver et v\u00e9rifier un grand nombre de vid\u00e9os et de photos sur lesquelles on voyait des victimes civiles mortes ou bless\u00e9es, des infrastructures civiles d\u00e9truites, et des restes de munitions.<\/p>\n<p><b>Trouver un contenu<\/b><\/p>\n<blockquote><p>Les vid\u00e9os et les photos qui repr\u00e9sentent des crimes de guerre sont souvent, par d\u00e9finition, violentes, troublantes ou \u00e9prouvantes. Par cons\u00e9quent, il n\u2019est pas \u00e9tonnant que, souvent, elles disparaissent rapidement.<\/p><\/blockquote>\n<p>Etant donn\u00e9 la quantit\u00e9 de photos et de vid\u00e9os de conflits du monde entier qui sont publi\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux, il est fondamental d\u2019utiliser une m\u00e9thode rigoureuse de collecte et d\u2019analyse de l\u2019information. Sinon, les journalistes auront souvent une impression de chaos, le sentiment d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9s. Il existe des syst\u00e8mes de gestion de contenus con\u00e7us sp\u00e9cialement pour les recherches \u00e0 partir de ressources en libre acc\u00e8s, comme <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.truly.media\/\">Truly Media<\/a>, de Deutsche Welle, ou <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/huridocs.org\/technology\/uwazi\/\">Uwazi<\/a>, d\u2019HuriDocs, mais on peut aussi obtenir de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats en utilisant un tableur bien con\u00e7u sur Excel ou Google. La personne qui effectue des recherches pourra plus facilement trier les donn\u00e9es et effectuer une analyse par cat\u00e9gorie, ce qui lui permettra de tirer des conclusions sur les armes utilis\u00e9es, les tendances \u00e9ventuelles concernant les violations commises, etc.<\/p>\n<p><b>Archivage des documents<\/b><\/p>\n<p>Les vid\u00e9os et les photos qui repr\u00e9sentent des crimes de guerre sont souvent, par d\u00e9finition, violentes, troublantes ou \u00e9prouvantes. Par cons\u00e9quent, il n\u2019est pas \u00e9tonnant que, souvent, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2020\/09\/10\/social-media-platforms-remove-war-crimes-evidence\">elles disparaissent des r\u00e9seaux sociaux<\/a> sur lesquels elles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es initialement, et ce pour toutes sortes de raisons. (Les conditions d\u2019utilisation de la plupart des r\u00e9seaux sociaux interdisent de publier des contenus violents ou choquants, ce qui signifie que les messages de ce type sont souvent effac\u00e9s par le r\u00e9seau lui-m\u00eame.) Il est donc crucial d\u2019effectuer rapidement une copie du contenu qui vous int\u00e9resse. Des outils comme <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/archive.org\/\">Internet Archive<\/a> ou <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/archive.ph\/\">archive.today<\/a> sont utiles pour faire des copies de photos ou de textes publi\u00e9s sur les r\u00e9seaux, ce qui pr\u00e9sente \u00e9galement l\u2019avantage que ces documents seront aussi sauvegard\u00e9s pour d\u2019autres journalistes. Toutefois, pour ce qui est des vid\u00e9os, les journalistes doivent se d\u00e9brouiller par leurs propres moyens pour faire des copies. Ceux qui sont \u00e0 l\u2019aise avec les lignes de commande peuvent utiliser un outil en libre acc\u00e8s appel\u00e9 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/youtube-dl.org\/\">YouTube-DL<\/a> pour copier des vid\u00e9os. Si un organe de presse utilise beaucoup de vid\u00e9os en libre acc\u00e8s, il peut \u00eatre rentable d\u2019investir dans la mise en place d\u2019une interface utilisateur pour YouTube-DL, qui permette d\u2019effectuer des copies sur ses propres serveurs pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. (Note : YouTube-DL a failli <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/github.blog\/2020-11-16-standing-up-for-developers-youtube-dl-is-back\/\">\u00eatre ferm\u00e9 par le pass\u00e9, en raison d\u2019atteintes pr\u00e9sum\u00e9es aux droits d\u2019auteur<\/a> et, r\u00e9cemment, un <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/torrentfreak.com\/youtube-dl-hosting-ban-paves-the-way-to-privatized-censorship-230411\/\">tribunal en Allemagne a jug\u00e9 que l\u2019h\u00e9bergeur du site pouvait \u00eatre tenu pour responsable des violations de droits li\u00e9s au contenu<\/a>.)<\/p>\n<p><b>V\u00e9rifications des ressources en libre acc\u00e8s<\/b><\/p>\n<p>Les journalistes qui ne v\u00e9rifient pas les contenus en libre acc\u00e8s courent un tr\u00e8s grand risque. Cette pratique est \u00e0 proscrire. Le risque est encore plus important quand de graves accusations sont port\u00e9es, comme des violations du droit humanitaire international ou des crimes de guerre. On a d\u00e9j\u00e0 beaucoup \u00e9crit sur les processus de <a href=\"https:\/\/gijn.org\/fr\/ressource\/francais-verifier-images-smartphone-2\/\">recherche d\u2019image invers\u00e9e<\/a>, <a href=\"https:\/\/gijn.org\/resource\/10-lessons-from-bellingcats-logan-williams-on-digital-forensic-techniques\/\">de v\u00e9rification de m\u00e9tadonn\u00e9es<\/a>, <a href=\"https:\/\/gijn.org\/stories\/10-tips-for-using-geolocation-and-open-source-data-to-fuel-investigations\/\">de g\u00e9olocalisation<\/a> et de <a href=\"https:\/\/gijn.org\/fr\/histoires\/francais-geolocaliser-photos-ombres-soleil\/\">chronolocalisation<\/a>, des techniques toutes fondamentales dans le processus de v\u00e9rification et qui sont pertinentes ici. Mais une enqu\u00eate sur les activit\u00e9s de bellig\u00e9rants n\u00e9cessite de faire des v\u00e9rifications suppl\u00e9mentaires. Par exemple, s\u2019ils sont g\u00e9olocalis\u00e9s, les outils g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les utilisateurs qui cartographient les installations militaires comme <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.openstreetmap.org\/\">Open Street Map<\/a> ou <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/wikimapia.org\/\">Wikimapia<\/a> peuvent d\u00e9terminer si une attaque qui a caus\u00e9 des morts parmi les civils a eu lieu \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une cible militaire l\u00e9gitime. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.camopedia.org\/\">Camopedia<\/a> se pr\u00e9sente comme une base de donn\u00e9es de \u201cmotifs de treillis militaire et paramilitaire utilis\u00e9s dans le monde entier depuis le d\u00e9but du 20e si\u00e8cle\u201d et elle est essentielle pour v\u00e9rifier si les uniformes militaires que l\u2019on voit dans une ressource en libre acc\u00e8s correspondent bien aux forces arm\u00e9es du pays qu\u2019ils sont cens\u00e9s repr\u00e9senter.<\/p>\n<p><b>\u00c9tudes de cas<\/b><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/video\/world\/middleeast\/100000006818506\/russia-bombs-syria-civlians.html?smid=nytcore-ios-share&amp;referringSource=articleShare\"><b>\u2018Bonbons envoy\u00e9s\u2019 : des enregistrements dans les cabines de pilotage montrent que des pilotes russes ont bombard\u00e9 des civils syriens<\/b><\/a><b> \u2014 The New York Times<\/b><\/p>\n<p>Pour cette enqu\u00eate de 2019 du <i>New York Times<\/i>, des ressources en libre acc\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es, notamment des analyses de vid\u00e9os, des images prises par des drones et des enregistrements de messages radio dans des cabines de pilotage pour montrer, selon toute vraisemblance, que des pilotes de combat de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019air russe \u00e9taient responsables de frappes a\u00e9riennes qui ont caus\u00e9 des morts parmi les civils dans un camp de familles syriennes d\u00e9plac\u00e9es la m\u00eame ann\u00e9e, et ce en toute ill\u00e9galit\u00e9. L\u2019\u00e9quipe du <i>New York Times<\/i> a pass\u00e9 des mois \u00e0 d\u00e9chiffrer les enregistrements des pilotes qui auraient pris part \u00e0 l\u2019attaque.<\/p>\n<div id=\"attachment_1194163\" style=\"width: 1180px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1194163\" class=\"size-full wp-image-1194163\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation-1170x609.jpg\" alt=\"\" width=\"1170\" height=\"609\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation-1170x609.jpg 1170w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation-336x175.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation-771x402.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation-768x400.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation-1536x800.jpg 1536w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/NYT-Sent-Candy-investigation.jpg 1720w\" sizes=\"auto, (max-width: 1170px) 100vw, 1170px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1194163\" class=\"wp-caption-text\">Le <i>New York Times<\/i> a obtenu les enregistrements de communications de pilotes de combat russes pour enqu\u00eater sur des soup\u00e7ons de bombardement ill\u00e9gal de zones civiles en Syrie en 2019. Image: Screenshot, The New York Times<\/p><\/div>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hrw.org\/video-photos\/interactive\/2023\/02\/21\/death-at-the-station\/russian-cluster-munition-attack-in-kramatorsk\"><b>Mort \u00e0 la gare : attaque russe aux munitions \u00e0 fragmentation \u00e0 Kramatorsk<\/b><\/a><b> \u2014 Human Rights Watch et SITU Research<\/b><\/p>\n<p>Human Rights Watch et l\u2019agence d\u2019enqu\u00eate visuelle SITU Research, qui a son si\u00e8ge \u00e0 New York, ont recr\u00e9\u00e9 m\u00e9ticuleusement une attaque avec des munitions \u00e0 fragmentation contre la gare ferroviaire de Kramatorsk, dans l\u2019est de l\u2019Ukraine, en avril 2022. Leur reportage a infirm\u00e9 les dires du Minist\u00e8re de la d\u00e9fense russe selon lequel ses forces arm\u00e9es n\u2019avaient pas utilis\u00e9 cette arme en Ukraine. Des ressources en libre acc\u00e8s et des analyses g\u00e9ospatiales ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es aux recherches men\u00e9es sur place pour apporter la preuve irr\u00e9futable que\u00a0la gare \u00e9tait connue pour \u00eatre un point d\u2019\u00e9vacuation de civils, que les forces russes avaient d\u00e9ploy\u00e9 cette arme, et que les munitions \u00e0 fragmentation avaient touch\u00e9 des civils.<\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/edition.cnn.com\/2021\/04\/01\/africa\/tigray-mahibere-dego-massacre-video-cmd-intl\/index.html\"><b>Deux balles suffisent<\/b><\/a><b> \u2014 CNN International, Amnesty International<\/b><\/p>\n<p>Ces deux organisations ont travaill\u00e9 ensemble pour v\u00e9rifier cinq vid\u00e9os cens\u00e9es montrer des soldats de l\u2019arm\u00e9e gouvernementale \u00e9thiopienne en train d\u2019ex\u00e9cuter plusieurs dizaines d\u2019hommes sur une falaise, \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une petite ville dans la province du Tigr\u00e9, d\u00e9but 2021. Elles ont d\u00e9montr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une collaboration lorsque l\u2019on enqu\u00eate \u00e0 partir de ressources en libre acc\u00e8s. L\u2019utilisation de maquettes 3D et d\u2019outils de g\u00e9olocalisation pour d\u00e9terminer le lieu du massacre, a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant pour exploiter au mieux les ressources en libre acc\u00e8s dans cette enqu\u00eate.<\/p>\n<h4>Focus sur : Couvrir l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie<\/h4>\n<p><em>Interview de <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.facebook.com\/people\/Valentyna-Samar\/pfbid0JL7KgZqY52KnR53T3LFAf1cenYe569BDE1EhFHaZFsEunPiuzgG3GdZGEAuGJPUYl\/\">Valentina Samar<\/a>, par Olivier Holmey<\/em><\/p>\n<p>Avant l&rsquo;annexion de la Crim\u00e9e par la Russie d\u00e9but 2014, l&rsquo;Centre de presse d&rsquo;information (IPC) et le <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/investigator.org.ua\/ua\/\">Centre pour le journalisme d&rsquo;investigation de Crim\u00e9e (CIJ)<\/a> ont tir\u00e9 parti d&rsquo;un vaste r\u00e9seau d&rsquo;antennes sur la p\u00e9ninsule &#8211; \u00e0 Yalta, S\u00e9bastopol, Yevpatoria, Feodosia, Dzhankoi et Simferopol &#8211; pour enqu\u00eater sur la corruption, malgr\u00e9 les pressions exerc\u00e9es par le pr\u00e9sident ukrainien de l&rsquo;\u00e9poque, Viktor Yanukovych.<\/p>\n<div id=\"attachment_1226759\" style=\"width: 346px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Untitled.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1226759\" class=\"wp-image-1226759 size-medium\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Untitled-336x336.png\" alt=\"Valentyna Samar, Crime\" width=\"336\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Untitled-336x336.png 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Untitled-140x140.png 140w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Untitled.png 445w\" sizes=\"auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1226759\" class=\"wp-caption-text\">Valentina Samar, r\u00e9dactrice en chef du Centre de Crim\u00e9e pour le journalisme d&rsquo;investigation. Image : Capture d\u2019\u00e9cran, Union nationale des journalistes d\u2019Ukraine.<\/p><\/div>\n<p>Le 1er mars de la m\u00eame ann\u00e9e, des hommes en treillis portant le drapeau russe <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=zG2b5fd6AWU\">ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de force dans le si\u00e8ge commun de l&rsquo;IPC et du CIJ<\/a>. \u00ab\u00a0Les activit\u00e9s des centres m\u00e9diatiques de toutes les villes, \u00e0 l&rsquo;exception de Simferopol, ont \u00e9t\u00e9 interrompues\u00a0\u00bb, se souvient Valentina Samar, r\u00e9dactrice en chef du CIJ. \u00ab\u00a0Les journalistes ont \u00e9t\u00e9 menac\u00e9s de repr\u00e9sailles physiques par des formations paramilitaires contr\u00f4l\u00e9es par les services sp\u00e9ciaux russes. \u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e, la majeure partie de l&rsquo;\u00e9quipe des m\u00e9dias s&rsquo;est r\u00e9install\u00e9e \u00e0 Kiev. Le CIJ a continu\u00e9 \u00e0 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/investigator.org.ua\/ua\/fr-crimea-ua\/\">couvrir la Crim\u00e9e en profondeur &#8211; \u00e0 distance<\/a>. De cette exp\u00e9rience, Samar dit qu&rsquo;elle a appris \u00e0 \u00e9valuer les risques et \u00e0 rechercher les possibilit\u00e9s de les minimiser au quotidien, voire plusieurs fois par jour. \u00ab\u00a0Les d\u00e9cisions prises hier peuvent \u00eatre erron\u00e9es aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb, explique-t-elle \u00e0 GIJN.<\/p>\n<p>Les outils open source se sont av\u00e9r\u00e9s essentiels pour les enqu\u00eates de son \u00e9quipe, dit-elle, tout comme le travail avec des sources russes et des sources vivant dans les territoires occup\u00e9s. Ces ann\u00e9es de couverture \u00e0 distance lui ont \u00e9galement appris \u00e0 se s\u00e9parer de ceux qui ne respectent pas les r\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9 et les normes professionnelles. \u00ab\u00a0Une &lsquo;chance de plus&rsquo; pour une personne irresponsable peut ruiner toute l&rsquo;\u00e9quipe\u00a0\u00bb, met-elle en garde.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;invasion \u00e0 grande \u00e9chelle de l&rsquo;Ukraine par la Russie en f\u00e9vrier 2022, presque tous les m\u00e9dias d&rsquo;investigation ukrainiens ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler comme le CIJ l&rsquo;avait fait pendant les huit ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes d&rsquo;occupation de la Crim\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De nombreuses m\u00e9thodes d&rsquo;enqu\u00eate se sont av\u00e9r\u00e9es utiles dans les nouvelles conditions du conflit arm\u00e9\u00a0\u00bb, explique Valentina Samar. \u00ab\u00a0Par exemple, nos comp\u00e9tences en mati\u00e8re d&rsquo;enqu\u00eates maritimes ouvertes sur les violations de l&rsquo;interdiction des sanctions par les navires dans les ports de Crim\u00e9e se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es tr\u00e8s utiles pour enqu\u00eater sur le \u00ab\u00a0<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/investigator.org.ua\/ua\/investigations\/244830\/\">grain express<\/a>\u00a0\u00bb &#8211; l&rsquo;exportation de c\u00e9r\u00e9ales ukrainiennes pill\u00e9es par la Russie.<\/p>\n<p>Le CIJ veille \u00e0 ce que les r\u00e9dacteurs en chef \u00e0 Kiev aient acc\u00e8s aux comptes de r\u00e9seaux sociaux des reporters sur le terrain, afin de pouvoir supprimer leur contenu \u00e0 distance en cas de danger. Les reporters d\u00e9posent m\u00eame leurs rapports dans le dossier \u00ab\u00a0brouillons\u00a0\u00bb des comptes de messagerie partag\u00e9s, de sorte que les r\u00e9dacteurs puissent y acc\u00e9der et les supprimer sans jamais les envoyer par courrier \u00e9lectronique.<\/p>\n<p>Pour ceux qui souhaitent couvrir la guerre de la Russie contre l&rsquo;Ukraine, Valentina Samar recommande d&rsquo;abord d&rsquo;apprendre le droit et la terminologie de base des crimes de guerre. \u00ab\u00a0Il est impossible d&rsquo;\u00e9crire professionnellement sur la guerre sans avoir une connaissance de base des lois et des coutumes de la guerre\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-633699 alignleft image--small\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image-771x763.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 157px) 100vw, 157px\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image-771x763.jpg 771w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image-336x333.jpg 336w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image-140x140.jpg 140w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image-768x760.jpg 768w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image-60x60.jpg 60w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Sam-Dubberely-profile-image.jpg 788w\" alt=\"Sam Dubberely journalist war crimes\" width=\"157\" height=\"156\" \/><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hrw.org\/about\/people\/sam-dubberley\"><b><i>Sam Dubberley<\/i><\/b><\/a><i> est le directeur du Digital Investigations Lab at Human Rights Watch. Avant de rejoindre Human Rights Watch, Sam dirigeait le Evidence Lab d&rsquo;Amnesty International o\u00f9 il a men\u00e9 un grand nombre de recherches en sources ouvertes pour Amnesty notamment des enqu\u00eates collaboratives avec des m\u00e9dias tels que CNN ou la NHK. Sam est pass\u00e9 par le Human Rights Centre de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Essex et par le Tow Center for Digital Journalism de l&rsquo;Universit\u00e9 de Colombia. Il est le co-\u00e9diteur du livre \u2018Digital Witness: Using Open Source Information for Human Rights Investigation, Documentation, and Accountability\u2019 publi\u00e9 par Oxford University Press en 2020.<\/i><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-633700 alignleft image--small\" src=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Basak-Cali-profile-image.png\" sizes=\"auto, (max-width: 154px) 100vw, 154px\" srcset=\"https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Basak-Cali-profile-image.png 452w, https:\/\/gijn.org\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Basak-Cali-profile-image-336x288.png 336w\" alt=\"Ba\u015fak \u00c7al\u0131 academic war crimes journalist\" width=\"154\" height=\"132\" \/><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hertie-school.org\/en\/research\/faculty-and-researchers\/profile\/person\/cali\"><b><i>Ba\u015fak\u00a0<em>\u00c7al\u0131<\/em><\/i><\/b><\/a> est professeure de droit international \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole<em> Hertie et co-directrice du <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.hertie-school.org\/en\/fundamental-rights\">Centre for Fundamental Rights<\/a>. Elle est une experte reconnue en droit et institutions internationales et en politique et droits humains. Autrice de plusieurs ouvrages sur ces questions, elle pr\u00e9side le European Implementation Network et elle est pass\u00e9e par le Human Rights Centre de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Essex. Elle est experte du Conseil de l&rsquo;Europe sur la Convention europ\u00e9enne des droits de l&rsquo;homme depuis 2002. Elle poss\u00e8de une vaste exp\u00e9rience dans la formation de membres du pouvoir judiciaire et d&rsquo;avocats \u00e0 travers l&rsquo;Europe dans le domaine des droits humains.\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des experts d\u00e9voilent leurs conseils et leurs outils pour faire des recherches en sources ouvertes lors de conflits arm\u00e9s et \u00e9ventuellement prouver l&rsquo;existence de crimes de guerre.<\/p>\n","protected":false},"author":3031173,"featured_media":1217843,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"republication-tracker-tool-hide-widget":false,"footnotes":"","_tec_slr_enabled":"","_tec_slr_layout":""},"categories":[23095,23094,23092],"tags":[22886,19895,19896,21255,19646,19897,19898,19899,19900,19901,19902,19903,19904,19905,19906,19907,19908,19909,19910],"gijn_topic":[],"series":[],"gijn_language":[19911],"gijn_region":[],"class_list":["post-1223138","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chapitre","category-guide-fr","category-ressource","tag-crimes-de-guerre","tag-digital-forensics-fr","tag-disinformation-fr","tag-droits-humains-fr","tag-enquete-en-sources-ouvertes-fr","tag-geolocation-fr","tag-human-rights-fr","tag-humanitarian-investigations-fr","tag-international-humanitarian-law-fr","tag-investigative-journalism-fr","tag-investigative-war-reporting-fr","tag-metadata-fr","tag-military-fr","tag-open-source-reporting-fr","tag-satellite-imagery-fr","tag-telegram-fr","tag-user-generated-content-fr","tag-visual-investigation-fr","tag-war-crimes-fr","gijn_language-en-fr"],"acf":[],"ticketed":false,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1223138","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3031173"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1223138"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1223138\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2364693,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1223138\/revisions\/2364693"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1217843"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1223138"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1223138"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1223138"},{"taxonomy":"gijn_topic","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_topic?post=1223138"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=1223138"},{"taxonomy":"gijn_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_language?post=1223138"},{"taxonomy":"gijn_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/gijn.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gijn_region?post=1223138"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}